Je vote pour des chemins de désir 🦹♀️🦹♀️🦹♀️
Donc ils s’étaient donné le mot : dimanche 27 septembre on teste les tracts ! J’ai vaguement slalomé entre eux, je n’étais pas inspirée vous dis-je, pas d’humeur pour un débat politique ce matin. Je ne voulais qu’une chose : qu’il pleuve enfin !
Puis, je commence à discuter avec le jeune homme qui m’avait proposé une dégustation.
- Vous connaissez le Bordeaux ?
- Oui, un peu, et j’ai même des copines dans le vin
Et là, un homme interrompt notre conversation (sans doute parce qu’il avait acheté du vin, ou qu’il connaissait le grand-père du vendeur, ou parce que c’était un homme…) et il nous lance :
- Ce n’est pas possible que des jeunes soutiennent LFI alors que c’est un parti antisémite et anti-démocratique.
Ce monsieur (celui qui connaissait le grand-père du jeune homme qui tentait de faire déguster son vin) a bien le droit de penser ce qu’il pense. Pas de problème avec ça. Mais pourquoi faire passer ses idées, sa vérité en force ? Pourquoi de suite la colère ?
Dans ses cas-là, je n’ai aucune répartie.
La petite voix dans ma tête prend toute la place : ça ne sert à rien de répondre…
Sauf qu’il va bien falloir qu’on se parle, qu’on soit du même avis ou pas. Lorsque j’ai dit à un tracteur LFI :
- Vous avez du courage de venir sur ce marché » (c’est Paris 16ème quand même)
- Il m’a répondu « il faut parler à tout le monde… »
Il va bien falloir que nous trouvions d’autres chemins pour nous parler, d’autres chemins que nous inventerions. Ceux sur lesquels on nous pousse me semblent dangereux.
J’espère ceux d’Emmanuel Marre, réalisateur du film « Notre Salut » :
« Dans un parc, ce qu’on appelle les « chemins de désir » apparaîssent toujours sur la pelouse, piétinés hors des sentiers prévus. Dans mon film, j’ai voulu montrer, en allant dans le détail des situations, que ça peut se jouer à chaque moment, qu’à chaque étape du processus, on peut sortir de la fatalité. »
Au fait, je n’ai pas trouvé le Bordeaux top, je commence à être très influencée par les vins nature de mes copines…
3 FEMMAGES
1/ Gloria Steinem
Longtemps, elle m’impatientait. Pourquoi perdait-elle tout ce temps ? Pourquoi était-elle avec cet homme ? à ce rendez-vous ? Pourquoi oubliait-elle de dire la chose la plus importante ? Pourquoi n’était-elle pas plus sage, plus productive, plus heureuse ? Mais, ces derniers temps, j’ai commencé à ressentir de la tendresse, une accumulation de larmes à l’arrière de ma gorge, quand je la voyais. Je me dis : "Elle fait de son mieux. Elle a survécu – et elle se donne tellement de mal." Parfois, je voudrais pouvoir revenir en arrière et la prendre dans mes bras. Depuis que j’ai ressenti ce désir, j’ai aussi remarqué que ses différentes images commençaient à se réunir. La petite fille qui écoute la radio dans une pièce vide se tient tout près de la femme qui essaie de réunir des fonds ou qui supplie qu’on lui achète des pages de publicité. La très jeune femme en sari aux yeux fardés de khôl rencontre dans un miroir le regard de la femme en jeans et lunettes de soleil, quinze ans plus tard. Le moi anxieux engoncé dans un trench devant le Plaza écoute un moi plus âgé qui prend la parole lors d’une manifestation. Une grande fille de douze ans aux joues rondes marche à mes côtés dans une rue ensoleillée ; elle regarde les vitrines, savoure mon cornet de glace et se sent remarquablement heureuse.
Nous sommes tant de nous-mêmes différents. Ce n’est pas seulement l’enfant d’il y a longtemps en nous qui a besoin de tendresse et d’acceptation, mais aussi la personne que nous étions l’année dernière, celle que nous voulions être hier, celle que nous avons essayé de devenir le temps d’un boulot ou d’un hiver, dans une histoire d’amour ou dans une maison où maintenant encore, nous pouvons fermer les yeux et respirer l’odeur des pièces.
Ce qui lie entre eux ces moi infiniment changeants, aux réactions et aux retours infinis, c’est : il y a toujours une voix intérieure authentique.
Faites-lui confiance. »
Gloria Steinem, « Revolution from Within. A Book of Self-Esteem » (1992)
Gloria Steinem, journaliste et figure majeure du féminisme américain, est morte à 92 ans. Journaliste, essayiste et militante, elle a incarné depuis les années 1960 un combat pour l’émancipation des femmes, en faisant du féminisme un mouvement à la fois politique, social et ancré dans les expériences du quotidien. Cofondatrice du magazine Ms., elle a contribué à transformer le débat public aux États-Unis et à encourager les femmes à prendre leur place dans la vie politique.
De ses années de journalisme à son engagement militant, Gloria Steinem a parcouru les États-Unis et recueilli les récits de femmes pour comprendre leurs expériences et faire émerger une parole collective. Précurseure sur les liens entre féminisme, lutte contre les discriminations raciales et justice sociale, elle a défendu un féminisme attentif aux "réalités vécues", au-delà des seules frontières occidentales.
Avec "Une révolution intérieure", publié en 1992 et récemment réédité, elle a exploré l’estime de soi comme une question profondément politique, liée à l’émancipation et à la capacité d’agir : "L’estime de soi n’est pas tout, mais rien n’existe sans elle", écrivait-elle.
(ré)écouter cette émission consacrée à Gloria Steinem et à son œuvre.
2/ Marina Vlady
Pour le droit à l'IVG et le féminisme, en signant le fameux Manifeste des 343 salopes, dans le Nouvel Obs d'avril 71.
Adhérente du PCF, membre de l'association France-URSS.
Mariée avec Vladimir Vissotski poète soviétique pour lequel elle écrira ce livre bouleversant, juste après sa mort : Vladimir ou le vol arrêté. Elle en avait fait un spectacle, au début des années 2000.
L'aventure auprès de Léon Schwartzenberg, défendant bec et ongles, avec et après lui, le droit de mettre fin à sa vie lorsque celle-ci est devenue insupportable.
Victoire ou la douleur des femmes, un film de télé de Nadine Trintignant sur le douloureux thème de l'avortement. Auprès de Marie Trintignant, tout aussi impliquée qu'elle... Et aussi dans le même esprit, ces Trois femmes en colère, d'après Benoîte Groult.
Marina Vlady (entre autres choses)
3/ Catherine Ringer : « Ne pas bâcler sa vie, c’est un bon conseil »
Cette femme
Sa voix, bien sûr.
Ses textes évidemment.
Son look.
Et sa façon de bouger.
Comme une libération.
On perçoit tellement sa personnalité par ses gestes, sa danse.
C’était une danseuse, une professionnelle, une grande travailleuse.
Aucune femme n’avait jamais dansé comme elle, sa façon de bouger, d’être unique.
Catherine Ringer n’était pas dans la provocation.
Elle arrivait à imposer ce qu’elle était, qui pouvait provoquer.
Elle vivait avec entièreté et panache qui elle était. Son talent flamboyait.
Elle m’a prise au corps en me transmettant sa liberté.
« J’ai beaucoup pensé à toi à la mort de la rebelle Catherine Ringer,
vous vous ressemblez tant ! »
Oui, Catherine, tu vas me manquer terriblement.
Évidemment cela va être plus difficile sans toi, mais je vais m’accrocher, et tenter de continuer d’être moi, sans demander de permission.
"On n’est pas là pour plaire à tout le monde,
on est là pour faire ce qu’on a à faire avec sincérité."
même quand ils jugent."
Dans le flow de tout ce qui a été montré, voici une rareté
Et maintenant fêtons les vivantes !
INSPIRATIONS
L'IA nous rend-elle bêtes ?
ChatGPT a débarqué dans nos vies le 30 novembre 2022. Et depuis, rien n'est plus pareil. Peut-être que dans quelques siècles, les livres d'histoire compareront cette date à l'invention de l'imprimerie en 1450. Car les IA génératives qui créent textes, images et vidéos, sont en train de bouleverser nos sociétés, nos manières de s'informer, de travailler, mais aussi de réfléchir.
Ralentir, une question de survie ?
Partout dans le monde, une même tendance se dessine : retraites déconnectées, voyages lents, espaces « offline ». La Gen Z découvre même le « nonna-maxxing » : cuisiner, jardiner, marcher, recevoir ses proches, vivre comme une grand-mère italienne.
Nathalie des Bronzés, Mme Musquin dans Le Père Noël est une ordure, Marijo dans Gazon maudit : Josiane Balasko a créé des personnages entrés dans la mémoire collective. Mais son parcours raconte aussi une autre histoire, celle d’une artiste qui n’a cessé de bousculer les normes.
« Pour l’extrême droite de Trump à Le Pen, la purification lexicale va de pair avec la purification ethnique »
« Que reste-t-il, une fois ces mots effacés du lexique officiel ?
« Enlever les mots, c’est enlever la capacité de penser la réalité, de s’exprimer. C’est une attaque directe contre la liberté d’expression. Ce qui reste, c’est le monde des hommes blancs, hétérosexuels, cisgenres, seuls légitimes à exister dans l’espace public, à être représentés. La volonté de purification lexicale va de pair avec la volonté de purification ethnique. La diversité des réalités humaines est en train d’être supprimée des sciences. Les seuls projets de recherche qui remportent les fonds fédéraux depuis 2025 portent sur l’intelligence artificielle, la période d’avant l’abolition de l’esclavage (dont l’enseignement est interdit dans certains États) ou les pères fondateurs. »
Quelle vision du monde porte cette langue ?
Elle essaie d’imposer une vision du monde abstraite et fictionnelle. Trump a par exemple dit que la guerre en Iran était finie, que l’inflation avait disparu. Cette langue ne fait plus référence au réel comme étalon de valeur. Elle fonctionne sur le mode de la croyance. Imposer par la langue de croire à quelque chose qui n’existe pas est le propre des régimes totalitaires, qui exigent une forme de fanatisme et d’obéissance aveugle.
Dans cette idéologie, être blanc, femme, ou juif, est une essence. Les individus sont cantonnés dans des cases hermétiques et définitives. Par exemple, le gouvernement fédéral a fait de la lutte contre l’antisémitisme l’étendard de son offensive sur les universités, alors que c’est lui-même qui demande aux universités de dresser des listes de juifs. Suggérer que parce qu’on est juif, on va penser d’une certaine manière, voilà qui est antisémite. Des compagnies privées font payer des certificats à des enfants pour prouver leur sexe biologique et pouvoir jouer au basket ou au foot. Le niveau de contrôle des vies à travers l’imposition d’un cadrage par la langue est extrême. Ce monde figé, essentialisant, doit être fossilisé dans la langue. Telle est l’idéologie identitaire, ou identitariste, d’extrême droite : le mot est à la fois une cible et un destin. Elle est au pouvoir aux Etats-Unis mais c’est la même logique dans les discours identitaristes du Rassemblement National en France.
La France pourrait-elle mieux résister à cette offensive de l’extrême droite sur le langage ?
D’abord, l’extrême droite a été caricaturée parce qu’elle s’incarnait dans une figure caricaturale : Jean-Marie Le Pen. Cette notion a été réduite au nazisme, alors qu’elle recouvre tout un corpus idéologique qui a une vision claire des hiérarchies sociales. On n’a pas vu ce que l’extrême droite était devenue dans un contexte où elle bénéficie de l’échec relatif des politiques d’égalité, et où la menace islamiste est réelle.
Le FN devenu RN a édulcoré le style de son discours sous Marine Le Pen. Mais ce toilettage cosmétique cache une emprise tout aussi forte sur le débat public, et la même idéologie essentialisante et discriminante.
(…)
Ce livre est une tentative de faire archive. Que vous a apporté son écriture ?
Il m’a aidée à avoir moins peur, même si j’ai toujours le numéro du consulat français dans ma poche. En disant « je » dans ce livre, je me suis autorisée à exister en tant que personne, plutôt qu’en prenant une voix abstraite d’universitaire, située nulle part. J’ai compris l’importance du droit au langage, et je me suis désintoxiquée du poison qui commençait à me faire abandonner certains mots. Cette emprise politique, je l’ai vécue intimement. Moi-même, spécialiste de l’extrême droite, je commençais à me limiter dans ma capacité à être, penser, et dire. Nous sommes actuellement dans ce moment de bascule dans un nouveau régime du langage et de restriction du champ des possibles.
LECTURE
Merci à Arielle, Isabelle et Élise pour les 3 premiers livres.
Vita Brevis Jostein Gaarder (Seuil) +
Saint Augustin et Flora / Confessions et contre-arguments / gros sabots féministes
Le coût de la virilité Lucie PEYTAVIN (le livre de poche) +++++
Un pognon de dingue/ 95,2 milliards d’euros
Triste tigre Neige Sinno (Folio) Re-lecture +++++++++
Toujours aussi impressionnant : se mettre à la place de l’agresseur…
Le silence des cloîtres Alicia Giménez Bartlett (Rivages/Noir) Re-lecture ++++
Espagne / Vol d’une momie / Policière tiraillée : famille recomposée et métier.
Le guide féministe des vins nature sans patriarcat ajouté Élodie Louchez & Isabelle Perraud (Éditions Nouriturfu) ++++ Portrait de femmes … du vin/ Belles et rudes histoires / Envie de dégustations
A tous les lecteurs du métro et d’ailleurs, par Lola Lafon
« Cela commence à faire beaucoup de points positifs. Et les preuves des bienfaits de cette activité ne sont pas basées uniquement sur des observations. En effet, des études d’imageries cérébrales montrent que la lecture est associée à « des changements structurels mesurables dans le cerveau ». Des résultats qui « suggèrent que les lecteurs expérimentés présentent une connectivité neuronale plus efficace et mieux organisée au sein des réseaux essentiels au langage, au traitement phonologique et à la communication interhémisphérique ». »
FÉMINISME
Un think tank allemand a passé au crible 160 sites connus pour héberger des images truquées par IA à caractère sexuel et a constaté la très forte proportion d’élues visées, dont 17 députées françaises.
À l’occasion de la sortie au cinéma de deux films inspirés de son œuvre, "Mémoire de fille", réalisé par Judith Godrèche, et le documentaire "Écrire la vie", réalisé par Claire Simon, Annie Ernaux est l’invitée exceptionnelle des Matins de Marguerite Catton. De la réception de son œuvre par la jeune génération à l’évolution de la condition féminine, la prix Nobel de littérature 2022 partage son regard sur l’époque.
France Culture est partenaire de ces deux films.
Nos écrans nous donnent accès à un monde immense depuis des espaces de plus en plus confinés. Mais cette connexion permanente peut aussi capter notre attention, nous éloigner de notre corps et rendre plus difficile l’expérience directe du monde.
ET SINON, LE BOULOT ?
Pas encore de pistes ne se dégagent de mon travail de fourmi…
Je balance entre le « à quoi ça sert tout ça ? » et la certitude que je suis une artiste de la maturité et que tout cela va bien finir par payer (un peu) un jour.
Vous voyez, je garde le moral.
Portez-vous bien. J’ai besoin de vous en forme !
Bon mois d’octobre, pour ma part je l’espère automnal et pluvieux.
Générique
@Véro_Punkésie
# Gloria Steinem
# Marina Vlady
@Catherine Ringer
@ Anne Alombert
@ Josiane Balasko
@ Anne Alombert
@ Cécile Alduy
#Jostein Gaarder
@Lucie PEYTAVIN
@Neige Sinno
@Alicia Giménez Bartlett
@Élodie Louchez
@Isabelle Perraud
@ Lola Lafon
@ Judith Godrèche
@ Claire Simon
@ Annie Ernaux
Vive le repos du silence 🥰
C’est bien d’avoir le chien en vacances, cela me permet de garder un rythme de marche. Même si le bois de Boulogne est très plat.
Même si je n’ai pas les vues époustouflantes du Queyras, ni le mystère des sous-bois des Vosges. C’est étonnant comme je me sentais lourde là-bas, comme attirée par le granite. Alors qu’autour de Ceillac, je m’approchais des cimes du Tibet.
Différentes aussi les pratiques de yoga, l’une remplie d’air, d’eau et d’humour et l’autre, l’autre, je l’ai déjà oubliée.
Évidemment deux groupes aussi différents que les pratiques, pas la peine que je vous précise celui où nous avons ri.
Cependant je suis arrivée à bien me reposer, pour cela j’ai fait silence.
Aucune envie de parler de moi, juste profiter de la nature.
Aucun besoin de partager ce que je ressens, sauf de dire « que c’est beau ! ».
Et vraiment aucune envie de parler de ce que je fais dans la vie ; je suis arrivée à bien esquiver.
Sauf en face de deux sorcières, qui ne se sont pas satisfaites de ma réponse : « dans la vie, je fais de mon mieux… ». Elles sont venues me renifler d’un peu plus près, et m’ont cuisinée avec délicatesse. Et je me suis livrée (un peu).
Et cela m’a rappelé ce tableau de Leonora Carrington :
Nourrir une table
Parce que lorsque l’on cuisine comme ces deux femmes, en prenant tellement soin des convives, on est évidemment des sorcières. La cuisine comme médecine douce. J’adore !
Sinon, je suis en profonde solastalgie… mais je suis contente d’avoir pu vous parler d’autre chose.
***********
RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Femmage à Yvette Roudy [1929-2026].
Une grande Dame ! Une grande politique féministe.
Militante, signataire du manifeste des 343, elle cofonde le Mouvement démocratique féminin (MDF) avec Colette Audry et Marie-Thérèse Eyquem dans les années 60.
Nommée ministre des Droits de la femme en 1981, Yvette Roudy fait partie de celles qui ont profondément transformé la place des femmes en France.
En 1982, l’IVG est remboursée par la Sécurité sociale et la France célèbre officiellement pour la première fois le 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes.
Le 13 juillet 1983 est promulguée la loi qui portera son nom : la loi Roudy sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Ou comment briser "Le plafond de verre".
Merci, Madame Yvette Roudy, pour vos combats, vos convictions et votre ténacité.
En 2008, Yvette Roudy accordait une série de cinq entretiens à l'émission À voix nue
INSPIRATIONS
CHOC ARTISTIQUE !
Camille Decourtye et Blaï, partenaires à la scène comme dans la vie, ont conquis le public international avec les performances inclassables de leur compagnie, Baro d'evel. https://barodevel.com/camille-decourtye/
Quand le Festival d'Avignon leur confie une nouvelle création, ils ressentent le besoin de réinterroger le sens même de leur engagement artistique. Commence alors un voyage intérieur d'une exigence inédite, saisi par le regard d'un réalisateur immergé à leurs côtés durant plusieurs années.
Pourquoi tant d’écrivains brillants ont-ils écrit des œuvres de théâtre ratées ? Pour la poétesse Laura Vazquez, le théâtre réclame de s’éloigner de la langue pour proposer une écriture imagée, un saut dans le réel, “de la place pour imaginer”
Toujours passionnante Laura Vazquez
QUELLE UNE !
Yayoi Kusama, une artiste de pois.
Et aussi ce documentaire que je vous avais déjà signalé
LECTURE
Parfois je rêve d’un appartement étrange, toujours dans le même quartier de Paris, c’est le mien sans être le mien. Il y a des pièces que je découvre rempli d’objets, comme dans une brocante. Alors quand j’ai lu cet article « Ma maison rêvée » de Jakuta Alikavazovic des petites lumières se sont éclairées dans mon appartement rêvé.
L’œuvre au noir Marguerite Yourcenar (Folio) +++
16èm siècle / Alchimie / Liberté / Langue très érudite
L’enfant de l’étranger Alan Hollinghurt (Le Livre de poche)
Portrait d’une famille sur des générations / Les descriptions m’épuisent / J’arrête au ¾
Peau noire, masques blancs Frantz Fanon (Points)
Classique de la décolonisation / Essai / Philo et psychanalyse / Hermétique / Un peu daté ?
FÉMINISME
Inde, le rap au féminin
Premier collectif de rap exclusivement féminin à avoir vu le jour en Inde, Wild Wild Women détonne sur la scène musicale de Mumbai. Malgré la pression de leur entourage, les cinq rappeuses du groupe – dont la plus jeune est âgée de vingt ans – dénoncent à travers leurs chansons la violence de la société patriarcale. Portrait inspirant d’artistes déterminées et engagées.
ET SINON, LE BOULOT ?
J’ai repris le yoga pour moi et pour les autres. C’était chouette de croiser Kristina dans mon quartier. Kristina qui suivait les séances de yoga collectif que je guidais avant le Covid. Elle m’est tombée dans les bras « maintenant que je t’ai trouvée, je ne te lâche plus ». Et nous avons repris les séances !
Générique
#Leonora Carrington
#Yvette Roudy
@Camille Decourtye
@Blaï
@Laura Vazquez
#Yayoi Kusama
@Jakuta Alikavazovic
#Marguerite Yourcenar
Du haut de la montagne📮📮📮
Je suis au paradis dans les montagnes des Alpes du sud, je découvre le Queyras (à prononcer sans le « S » sinon on repère la parisienne !)
Merci pour les balades dans les alpages, pour l’arrivée sur le plateau de haute altitude qui m’a évoqué des images du Tibet (à moins que ce ne soit l’influence du badge d’Alexandra David-Nel épinglé sur mon sac à dos). Merci pour la nuée de petits papillons bleus qui m’ont entourés au bord du ruisseau, merci pour cette eau si pure qui me transmet une joie que je reconnais comme ancienne : je ne suis plus au 21ème siècle…sûrement une farce des ondines.
Merci pour le yoga que je pratique entourée de montagnes et de chouettes personnes.
Merci pour les rires.
En résumé : merci pour le cadeau, ma sœur.
Mais aussi, les montagnes qui ressemblaient à des volcans sur notre route.
Pas de flamme, la végétation se consumait.
À bonne distance nous l’avons longé.
Nous l’avons su plus tard : rien à faire, le terrain est impraticable, sans habitation.
Juste espérer que le vent ne tourne pas.
Ici, dans ce refuge et le frais tout relatif pour l’attitude, je pense à ces personnes qui luttent contre les flammes, et à celles qui perdent leur vie, leur maison.
Je pense aussi aux personnes qui souffrent des canicules successives sans avoir d’autre choix que de subir.
Grande tristesse.
Colère aussi.
Je vous laisse, je vais aller déplier mon tapis face à ces belles montagnes.
Chanter les 3 « om »
Me plonger dans la pratique et visiter ma montagne à moi.
Je pense à vous et vous espère en sécurité.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À … CLÉOPÂTRE !
ANNE DUFOURMANTELLE
Elle est décédée un 21 juillet, morte en sauvant deux enfants de la noyade à Ramatuelle en 2017.
Ces livres sont des portes ouvertes sur la psychanalyse de manière très simple : à rebours de notre époque de recettes, de méthodes et de protocoles, les « how to » comme elle les appelait, ces outils de servitude volontaire qu’elle conchiait avec l’élégance qui la caractérisait. Pourquoi est-elle aussi aimée des années après son décès ?
Est-ce sa beauté ? L’aura tragique que lui confère sa fin comme une mise en acte de sa pensée ?
Lisez-la.
Pour la puissance de vie.
INSPIRATIONS
Je ne la connaissais pas, pas besoin de vous l’avouer. Elle m’a séduite dans le métro : de grandes et belles affiches. J’avais tout le temps de m’approcher de son univers dans les couloirs de Franklin Roosevelt. J’étais attirée, happée, par les couleurs, ses personnages étranges, certains comme en lévitation.
Par une écrasante journée de canicule, j’ai retrouvé l’amie à laquelle je pensais pour partager cette expo et nous sommes tombées sous le charme de Leonora Carrington
Et si vous avez envie de pousser plus loin voici ses sublimes tarots
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Et pour reprendre un bol de joie, vous me prendrez bien un « Pollen » de 2005 … Higelin pour la vie : www.youtube.com/watch?v=CEcR-6_tCe4
LECTURE
Vive les polards d’été !
7m2 Jussi Adler Olsen (Le livre de poche) ++
Fin de saga policière / Machination / Danemark / beaucoup de personnages
Or noir Dominique Manotti (folio)
Marseille années 70-80/ Trafic de pétrole / Policier et victime gay / Beaucoup de chiffres
Justice divine Hjorth & Rosenfeldt (Babel Noir) ++++
Personnage psychologue policier dépressif et manipulateur / Vengeance /
ET SINON, LE BOULOT ?
J’ai passé un casting … ils recherchaient une sénior avec une forte personnalité et un fort potentiel comédie, merci beaucoup d’avoir pensé à moi.
Le descriptif m’a fait sourire : solaire, extravagante MAIS jamais agaçante.
Un look coloré, un peu excentrique, MAIS pas trop fort non plus. Genre « Jennifer Coolidge ».
Comme elle ne m’avait pas été présentée (c’est ce que dit mon père quand on lui parle d’une personne qu’il ne connait pas) je me suis renseignée sur cette dame, car il me fallait m’inspirer de ses mimiques. Alors j’ai regardé des extraits de ces apparitions et j’ai trouvé que son visage ne bougeait pas beaucoup. J’étais dubitative. J’ai tenté quelques expressions devant mon ordi et envoyé tout ça.
Je ne suis peut-être pas assez colorée, ni extravagante ou trop naturelle. Bref, je n’ai pas été prise.
Et maintenant grève des confiseuses ….
Générique
#Anne Dufourmantelle
#Leonora Carrington
# Jennifer Coolidge
@ Higelin
# Jussi Adler Olsen
# Dominique Manotti
# Hjorth & Rosenfeldt
# Jennifer Coolidge
Amère revanche 🦹♀️🦹♀️🦹♀️
La lettre du dernier jour du mois # 90 Juin 2026
C'était plus qu'une intuition, un raisonnement basique : sans la nature vivante, l'espèce humaine serait menacée. Sans sa protection, nous n'aurions pas d'avenir.
Alliée à une sensibilité précoce pour la justice, donc pour une égalité femmes/hommes, en ajoutant les rencontres avec les violences masculines... je me suis bricolée mon écoféminisme. Avec mon esprit synthétique, je disais : les deux sujets principaux sont l'écologie et le féminisme. C'est simple, si on ne résout pas la crise écologique, on meurt, si les hommes continuent de tuer, de violer, pareil. Bon c'était peut-être un peu radical, cela manquait un peu de développement.
Écoféminisme
C'est bien plus tard que j'ai mis ce mot sur mes convictions.
J'ai lu "Rêver l'obscur" de Starhawk (femmes, magie et politique : quel programme...) puis "L'Amazone verte" d'Élise Thiébaut. C'est Françoise d’Eaubonne, qui, dès 1974, invitait à « une révolution écoféministe » pour dénoncer la double exploitation des femmes et de la nature. C'est elle qui est à l'origine du mot.
Depuis, les déclinaisons se sont multipliées : spirituelles, matérialistes, décoloniales. Mais une conviction demeure : les systèmes de domination, patriarcat, capitalisme, extractivisme, racisme… puisent à la même source. (Déjà Olympe de Gouges 1748-1793 se battait pour l'égalité des femmes et l'abolition de l'esclavage)
Aujourd'hui, alors que nous avons déjà vécu deux canicules ce dernier jour du mois, je ne peux m'empêcher de penser aux réactions que j'ai essuyées. Mais s'il n'y avait que moi... Réapparaissent comme par magie les alertes qui datent de 45 ans. Et je me souviens d'Haroun Tazieff, si si, je vous assure.https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/45-ans-alerte-rechauffement-climat
Et je ne vis pas sous les toits, je ne travaille pas dehors et ne suis pas obligée de prendre les transports en ce moment. Si j'écume, c'est de rage.
Je ne suis pas heureuse d'avoir eu raison, ce n'est pas une revanche de mon raisonnement lapidaire.
Je suis en rage et en panique parce que rien ne bouge.
Ah si, le budget pour le développement de l'IA.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Évidemment, on va nous ressortir « Étienne », ce tube insolent qui a fini par masquer tout le reste. Pourtant, Guesch Patti était bien plus qu'une chanson : une allure, un mystère, une sophistication rare dans la variété française.
Patricia Porrasse, dite Guesch, dite Patti, danseuse, chorégraphe, comédienne et chanteuse, est morte à 80 ans dans la nuit du 21 juin 2026. Elle n'était pas un tube. Elle n'était pas un clip. Elle était une artiste totale, une femme entière, et il est plus que temps qu'on lui rende cette justice.
Cette Marquise, hop, m'hypnotise (Guesch Patti "La Marquise" - Blonde 1995)
INSPIRATIONS
Arundhati Roy
L’écrivaine rebelle de l'Inde
Trente ans après la parution du premier roman qui l’a rendue célèbre dans le monde entier, l’écrivaine indienne revient au récit autobiographique en se confrontant à l’histoire de sa mère, une éminente féministe à la fibre maternelle défaillante.
Brigitte Fontaine et... Jacques Higelin
“Réveillez les vivants !”
LECTURE
Fille de cendre Ilaria Tuti (pocket) +++
Femme commissaire alzheimer / 27 ans avant / tueur en série / liens entre eux
Hamnet Maggie O'Farrell (10/18) ++++
Frère-soeur jumeaux / Épouse de Shakespeare/ Femme nature / Connection
Combats et métamorphoses d'une femme Édouard Louis (Points) ++++
"Je venais de comprendre, un fils face à sa mère, même s'il est fils, reste un homme face à une femme" / Sa mère / Son rejet pour s'en sortir / Leur retrouvailles
FÉMINISME
Trois semaines d’intenses mobilisations citoyennes des associations féministes et enfantistes. Le Premier ministre annonce l’examen prochain de la loi intégrale contre les violences sexuelles. Mais ...
La mobilisation ne faiblit pas : vous pouvez signer ici la pétition pour atteindre les 500 000 signatures : loi-integrale.fr et marcher le 4 juillet à Bastille, 15h pour la Grande Marche Citoyenne.
"Les masculinismes d’aujourd’hui ne sont pas qu’une simple "tendance" sur les réseaux sociaux. Ils constituent un mouvement social et politique qui vise à anéantir les droits des femmes et, in fine, à démanteler notre socle démocratique.
Pour combattre le poison des masculinismes et protéger les enfants, la délégation formule une vingtaine de recommandations autour de quatre grands axes : faire de la lutte contre les masculinismes un enjeu majeur de politique publique, réguler et assainir l’espace numérique, repérer et prévenir les trajectoires de radicalisation, réveiller les consciences en mobilisant l’ensemble de la société."
Trois femmes en trente ans à la tête de la huitième plus grande ville de France
Claire Thoury est la première femme à prendre la tête du Conseil économique, social et environnemental.
ET SINON, LE BOULOT ?
Wouah ! Qu'est-ce que c'était bon.
Le solo que j'ai donné 4 fois aux Pianos à Montreuil à l'occasion du salon organisé par Paye ton Pinard "On lève son verre et on se casse" a été très bien accueilli. Vraiment. Merci beaucoup pour votre présence, votre écoute active (même dans la chaleur) et pour vos mots :
Merci. Tu fais du bien et c'est beau un corps de femme de 61 ans.
Charles
BRAVA. De l'audace, du discours, de l'humour et de la militance. Merci.
Serge
Félicitations pour ce sororitexte ! Les rappels sont plus qu'utiles et vitaux. "Ni la terre, ni le corps des femmes ne sont des territoires de conquêtes"
Odeal
Courageuse, Résistante et pleine de féminité autant qu'emplie de féminisme. Ça peut ne pas plaire à tout le monde. Mais il y a des maux qu'il faut dire et dénoncer.
Marie-Lou
Une femme, seule, sur scène, déjà, juste ça, c'est gagné. Bravo ! Merci pour le rappel et les citations de Virginie W.
Chère Corinne, merci pour l'énergie, merci de nous faire cogiter, tu es nos filles, nos amies, tu es nous toutes. Bises sororales.
Valérie G.
Merci encore pour ce show inspirant.
Laurine
Merci pour cette balade du rire aux larmes, à l'admiration au respect et à l'inspiration. Vous êtes un exemple.
Camille
Et maintenant, que vais-je faire de tout ça ?
Ce solo peut se jouer partout, il suffit d'un espace pour le public (avec de quoi s'asseoir) et d'un espace pour le jeu avec une table et une chaise. Je m'occupe du reste.
Ce solo est pour tous les publics.
Maintenant j'ai besoin de vous !
- Si vous connaissez des personnes qui accueillent du théâtre à domicile (ou si vous souhaitez commencer...)
- Si vous êtes en relation avec des associations, des comités d'entreprises, des écoles...
- Si vous avez d'autres idées...
Évidemment je ne suis pas contre jouer sur une scène !
Voici la page du solo
Et aussi merci
Pour vos photos : Chantal Théolas, Maxime Massa et Émile Mougeot
Pour la captation : Barbara Merle
Au plaisir de vous lire
Corinne
Générique
@Starhawk
@ÉliseThiébaut
#Françoised’Eaubonne
#OlympedeGouges
#HarounTazieff
@GueschPatti
@VanessaParadis
#ArundhatiRoy
@BrigitteFontaine
@JacquesHigelin
#IlariaTuti
#MaggieO'Farrell
@ÉdouardLouis
@AndréaBescond
@ Claire Thoury
@ChantalThéolas
@MaximeMassa
@ÉmileMougeot
@BarbaraMerle
Je comprends enfin ce que j'ai voulu dire.... 💃💃💃
Je vous rassure : l'océan était bien au rendez-vous. Je m'y suis trempée une première fois, et baignée la deuxième. Comme c'était bon. Comme je me sentais vivante.
Avec une de mes amies nous étions seules dans l'eau, seules au monde. La troisième nous regardait au sec avec les serviettes toutes prêtes pour notre sortie de bain. Il faut dire que pour une Corse, c'était frisquet.
Comme vous le voyez sur la photo, j'ai lu aussi : amies, lectures, océan, crustacés : le bonheur !
Puis une semaine chez mes parents, un autre rythme, d'autres bonheurs.
En rentrant il me restait 10 jours pour mon solo... j'ai redécouvert mon texte et j'ai eu une belle surprise qui m'a troublée : je comprenais enfin ce que je voulais dire.
Sans les extraits de King Kong théorie, j'entendais enfin mes mots.
Sans le paravent de Virginie Despentes, qui m'a permis de comprendre, d'assumer (c'est aussi un paratonnerre cet essai pour moi) mes mots devenaient limpides, une rivière qui m'embarque.
Sans risque.
Et je peux jouer.
Libre.
***********
RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
En 1976, une jeune chercheuse indépendante, Shere Hite, publiait un rapport révolutionnaire sur la sexualité des femmes. Portrait d’une flamboyante pionnière injustement oubliée. Je me souviens que ce rapport était caché au fond de l'armoire et que ma mère en parlait avec des étoiles dans les yeux...
https://www.arte.tv/fr/videos/120069-000-A/la-sexualite-devoilee-le-rapport-hite/
RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE ! (bis)
Huguette Bouchardeau : avec une carrière politique ancrée à gauche et marquée par le féminisme, il y avait dans la vie de la candidate à l’élection présidentielle de 1981 quelque chose de profondément estimable. Un texte de François Sureau.
INSPIRATIONS
Marguerite Duras revient sur ses voix qui lui parlent et l'aident à trouver l'inspiration quand elle écrit. Elle marche sur la plage au bord de la mer. En voix off, elle parle de l'écriture, du vécu qui hante...
Et puis lui, bien sûr, source d'énergie et d'inspiration. Lui qui disait pour se remonter le moral "La vie est dure, manquerait plus qu'elle soit molle". Un best of Jacques Higelin, avec l'INA. Il me manque tout de même une "Marche du siècle" mémorable....
LECTURE
Il reste toujours quelque chose en soi, en vous, que la société n'a pas atteint, d'inviolable, d'impénétrable et de décisif. Marguerite Duras (bis)
Toutes les vies Rebecca Warrior (Stock roman) +++++
Auto-fiction / Cancer / Couple / Vivre avec la maladie, la mort / DJ
Soeurs Bernard Minnier (Pocket) +++
Policier : Affaire non résolue /Meurtre de 2 soeurs / Auteur passionné / Serpent
Désorientale Négar Djavadi (Lilianne Levi piccolo) ++++
Iran / France / Belgique / Choc des cultures / Rock / Déracinée / oncle n° 1-2-3-4 ... !
FÉMINISME
En 1936, Léon Blum nomme, pour la première fois, trois femmes à des postes de secrétaires d’État : Suzanne Lacore à la protection de l’enfance, Cécile Brunschvicg auprès du ministre de l’Éducation et Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique.
Une décision symbolique destinée à enclencher une véritable révolution des esprits, à une époque où les femmes n’ont toujours pas le droit de vote.
Documentaire « 1936, le Front populaire : entre joie et colères »
« Le mot masculinisme se pose, à tort, en miroir du féminisme. Ce dernier naît au XIXe siècle et est, encore aujourd’hui, inséparable du principe démocratique, au sens où il est structuré par les principes d’égalité et de liberté. Le masculinisme, lui, n’a rien à voir avec ça : en choisissant d’en revenir à un pur rapport d’opposition entre le masculin et le féminin, à une guerre des sexes binaire, il ne représente pas seulement une attaque contre les femmes, mais une négation du principe démocratique lui-même. On ne peut pas mettre le masculinisme et le féminisme en parallèle puisqu’ils n’existent pas sur le même plan idéologique et politique. Rendre ce rapprochement légitime et faire se croiser ces mots revient à les immobiliser l’un et l’autre, et même à dépolitiser le féminisme. Le mot masculinisme est profondément impropre, parce qu’il s’inscrit dans un vis-à-vis asymétrique, qui n’a pas lieu d’être.
Il serait plus juste de parler de virilisme (…) L’idée est de retrouver le muscle, et à travers lui de célébrer un certain idéal de puissance virile, par lequel ces hommes choisissent de s’opposer aux femmes, par le physique plutôt que par l’esprit. Le virilisme façonne ses propres règles, en parallèle, ou en opposition de celles de la démocratie. »
Geneviève Fraisse, philosophe et directrice de recherches au CNRS, interviewée par Anne-Toscane Viudes, « Le Monde », 04/05/26.
Et voici la fameuse, ou fumeuse question "Peut-on séparer l'œuvre de l'auteur ?" visitée par Les idées larges d'ARTE
L’écrivaine écoféministe et antispéciste, Simonetta Greggio, a compilé les arguments entendus autour d’elle pour se mettre dans la tête d’un homme hier adulé, aujourd’hui rattrapé par son passé et par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles :
"Je ne comprends pas de quoi on m’accuse. Tout ça est grotesque. Le plus dur, ce n’est pas de tomber – c’est que moi, je croyais sincèrement être aimé. Pas seulement admiré – aimé. Je suis sidéré par cette manière qu’ont certaines femmes de revenir vingt ans plus tard expliquer qu’elles étaient terrorisées alors qu’elles riaient, voyageaient avec moi, revenaient dîner le lendemain, m’envoyaient des lettres d’amour. A quel moment suis-je censé avoir compris que derrière leurs sourires se cachait une tragédie intérieure ? Je ne lis pas les pensées. Je ne suis pas prêtre. Encore moins psychiatre. Je suis un chanteur, un homme de spectacle. C’est ça mon métier.
Et puis il faut regarder les choses honnêtement : depuis toujours, les jeunes femmes intelligentes aiment les hommes puissants. Pas seulement pour l’argent – ça, c’est l’excuse morale – mais parce qu’elles veulent la lumière. Le monde fonctionne de cette manière depuis des siècles. Picasso, Dali, et même Jung – cette virilité-là a occupé l’espace public, autrefois. Ils n’ont pas été obligés de demander pardon, eux.
Aujourd’hui, on voudrait rejuger le passé avec le puritanisme d’aujourd’hui. Dans ce cas, qu’on brûle aussi les livres, les films, les tableaux, les chansons. Qu’on ferme les rédactions, les tournages, les maisons d’édition. Parce que la vérité c’est que tout le monde couchait avec tout le monde, le désir circulait, la vie coulait dans nos veines. Aujourd’hui vous êtes morts, tous morts, et vous m’accusez d’être encore vivant, c’est ça qui vous fait chier. Que je ne baisse pas la tête, que je sois toujours debout, que je continue de chanter – de désirer et d’être désiré –, ça, ça vous emmerde vraiment.
Ce qui me fascine depuis que je suis l’objet de la curée, c’est l’hypocrisie collective. Mais jusque-là, tout le monde trouvait ça normal. Les dîners qui finissent à 4 heures du matin. Les actrices sur les genoux des producteurs. Les écrivains ivres qui disparaissent avec des étudiantes. Les photographes qui demandent aux mannequins d’enlever leur chemise. Tout le monde savait. Les femmes aussi. Surtout les femmes. Certaines en jouaient même très bien. Mais maintenant que l’époque a tourné, chacun se lave les mains. Des vrais procureurs staliniens.
Je refuse cette nouvelle religion où l’homme puissant doit s’agenouiller publiquement pour satisfaire une foule ivre de purification morale.
Oui, j’ai séduit énormément de femmes.
Oui, j’ai insisté.
Oui, il m’est arrivé de considérer qu’un non était une hésitation, un jeu, une peur. On ne bâtit pas une vie entière de domination sur des cadavres silencieux comme ils le racontent maintenant. La réalité était plus trouble, plus humaine, plus vivante. Ce que ces procès veulent détruire, ce n’est pas le crime. C’est l’ambiguïté du désir.
Et puis soyons sérieux : si j’avais réellement été ce monstre absolu qu’ils décrivent, pourquoi serais-je resté si longtemps célébré, invité partout, photographié avec des ministres, des journalistes, des militantes parfois ? Les sociétés savent parfaitement identifier les vrais monstres. Ce qu’elles supportent mal, en revanche, ce sont les hommes qui leur rappellent leur propre complaisance.
Je vois bien ce qu’on attend désormais de moi : la confession. Le visage grave. La voix blanche. Le communiqué écrit par des avocats et des consultants en réputation. «J’ai entamé un travail sur moi-même.» J’ai vécu comme beaucoup d’hommes de pouvoir ont vécu. Peut-être avec davantage d’appétit. Davantage de talent aussi. Voilà tout.
Je les regarde maintenant, tous ces gens qui m’expliquent ce que je suis. Ceux qui riaient à mes tables. Ceux qui me suppliaient de venir à leurs festivals, à leurs émissions, à leurs jurys. Ils me regardaient comme un roi. Et maintenant ils prétendent découvrir qui j’étais ? Mais enfin, ils m’ont fabriqué. Tous. Ensemble.
Le monstre, ce n’est pas moi, je vous le dis.
Le monstre, c’est votre silence passé.
Le monstre, c’est vous."
ET SINON, LE BOULOT ?
Quand vous lirez cette lettre, j'aurai déjà joué 2 fois COMMENT JE ME SUIS SAUVÉE LA VIE... et vous avez encore le temps de nous rejoindre dimanche 31 entre 11h et 19h pour déguster des vins et mon solo.
Je vous rappelle l'adresse :
Les Pianos
26, rue Robespierre / 93100 Montreuil
M° Robespierre Ligne 9. La salle est au 2ème étage et je jouerai à 12h&17h.
Sinon, ce sera une prochaine fois, dans un autre lieu improbable, j'espère...
À bientôt.
Portez-vous bien.
Corinne
Je reste émerveillée
La lettre du dernier jour du mois # 88
Avril 2026
Je sors doucement de ma "fatigue de printemps", une pathologie de langue allemande...
C'est joli "fatigue de printemps".
C'est rassurant aussi de me dire que je ne suis pas seule à ressentir cette fatigue. Et puis ça me fait au moins un point commun avec l'Allemagne parce que hormis Arte et la choucroute, je ne vois pas...
Contente d'avoir terminé deux livres que je trainais depuis trop longtemps à mon goût.
Contente d'avoir imprimé le texte de mon prochain solo (je vous en cause dans la dernière rubrique).
Contente de transformer tout bientôt mon salon en salle de répétition pour travailler dans l'espace.
Et contente de partir quelques jours à l'océan avec deux amies. Respirer à fond. Voir jusqu'où mon corps supportera l'eau, j'espère jusqu'au ventre.
La splendeur des marronniers en fleurs rouges ou blanches me remplit de joie.
Comme le rouge-gorge qui grimpe le long de la branche et la lumière qui réveille les feuilles. Comme cette odeur fugace de miel et le cri vif des martinets.
Oui joie !
Bon, je vous laisse : il y a un chien qui s'impatiente et m'empêche d'écrire.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
"De cet amour ardent je reste émerveillée", Andrée Chedid
"Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés
Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée."
BRAVO À TOI CHER CAMARADE, pour ton long combat et ta détermination
Pourquoi l’évêque Jean-Michel Di Falco a été condamné à dédommager un homme l’accusant de violences sexuelles dans les années 1970.
Au terme d’une procédure sinueuse, qui s’est longtemps heurtée à la prescription, et cinquante-quatre ans après des faits dénoncés par le comédien Pierre-Jean Pagès, le prélat a été condamné par la cour d’appel de Paris à indemniser son ex-élève au titre du préjudice corporel.
FÉMINISME
Le corps qui n'oublie pas...la douleur de tout ce sordide.
Pour la première fois, Inès Chatin prend la parole publiquement. Victime de pédocriminalité dans son enfance, elle a accepté de témoigner. Son récit, glaçant, est au cœur d'un livre signé par le journaliste de Libération Willy Le Devin, "Les Hommes de la rue du Bac", publié chez JC Lattès.
Pas tous les hommes, mais tous des hommes quand-même....
"L’affaire rappelle sordidement celle de Gisèle Pélicot. Une enquête du réseau américain CNN a révélé que des hommes de partout dans le monde partagent entre eux des trucs pour droguer puis violer leur conjointe. Certains se filment même durant l’agression et vendent ces images."
"La misogynie est un crime" : L’Ecosse réforme sa loi pour mieux protéger les femmes.
Harcèlement, insultes...Toute atteinte à une femme pourrait bientôt être considérée comme un crime de haine en Ecosse. Le gouvernement a prévu courant septembre de réformer sa loi sur les crimes de haine en y ajoutant des infractions spécifiques pour punir des actes de misogynie.
LECTURE
Un homme amoureux Karl Ove Knausgaard (Denoël et d'ailleurs) +++++
Jeune couple/Auteur norvégien vit en Suède/777 pages/ Écriture de "quotidien"/Se battre pour écrire avec des enfants et une épouse.../Littérature
Les racines du ciel Romain Gary (folio) ++++
Éléphants/Afrique/Camp de concentration/Hannetons/ "Il faut bien quelqu'un qui vienne de Berlin"
La faille Blandine Rinkel (Stock) 2ème lecture +++
Traumatisme de la famille/Références littéraires et ciné/Autre façon de vivre/Non fiction "J'écris avant tout en tant que lectrice"
ET SINON, LE BOULOT ?
Je ne veux plus me cacher derrière les mots des autres, même celles que j'aime profondément. J'ai donc construit un solo comme un corps-à-corps avec l'écriture : COMMENT JE ME SUIS SAUVÉE LA VIE.
J'ai choisi d'être seule sur scène, pour affirmer une autonomie radicale. Ne dépendre de personne pour porter mon texte, et pour rechercher une puissance créatrice légère et mobile.
Conçu pour les "lieux non-dédiés", ce spectacle va à la rencontre du public hors des cadres institutionnels. C'est un théâtre de proximité, organique, qui transforme chaque salon ou chaque cour, chaque lieu en un espace de résistance joyeuse.
entrée : 10€
Ici la page du site
Générique
# Andrée Chedid
@InèsChatin
# Pas tous les hommes mais tous des hommes quand-même
# Karl Ove Knausgaard
# Romain Gary
@BlandineRinkel
@payetonpinard
Une plongée de printemps 📮📮📮
La lettre du dernier jour du mois # 87
Mars 2026
D'abord la faute aux élections municipales. J'ai lu la presse, enfin plus que d'habitude, et il y avait quoi faire. Je me suis laissée prendre par l'actualité, et j'étais consentante. Sauf qu'il n'est pas facile de me retirer de cette spirale.
Alors j'ai ouvert Les racines du ciel de Romain Gary. J'ai été complètement dépaysée, par les éléphants d'Afrique et encore plus par le style de Gary. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un texte du siècle dernier : c'est dense jusque dans la mise en page. Et comme c'est mon livre de métro je m'accroche et tente de lire chapitre par chapitre afin de ne pas perdre le fil de cette folle quête.
Il y a deux jours une femme m'a interpellée pour me dire : "Vous lisez romain Gary ! C'est mon auteur préféré " Et de venir s'asseoir en face de moi pour continuer la conservation : "Vous avez lu La promesse de l'aube ? C'est merveilleux. Quel auteur ! "Je lui glisse que je lis normalement des autrices. "Moi je ne lis jamais de femmes, mais si vous avez un conseil". Je m'apprêtais à lui en donner et à l'inscrire à cette lettre quand elle s'est rendue compte qu'elle s'était trompée de sens. Dommage !
Et puis j'ai commencé un gros livre, celui que je garde sur ma table de chevet : 777 pages "Un homme amoureux" de Karl Ove Knausgaard. Oui, je sais encore un homme ! J'arrive bientôt à la moitié, et là aussi j'ai eu du mal à rentrer dans l'univers de l'auteur. Lui
C'est le sentiment qu'il va falloir recommencer.
Après le confort de l'hibernation (si, si je vous assure que l'on peut le voir ainsi) : s'ébrouer, sortir, se mettre en jeu. Ce qui ne m'empêche pas de m'extasier devant les premières fleurs, d'observer la pousse des feuilles et de me réchauffer aux premiers rayons du soleil.
Les Japonais le disent bien mieux : "A la fois de la vie et de la mort, la beauté et la violence. Tout comme l’arrivée du printemps promet un renouveau, l’éclosion des fleurs de cerisier apporte un sentiment de vitalité et de dynamisme. Dans le même temps, leur courte existence nous rappelle la fragilité et la brièveté de la vie"...
RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
INSPIRATIONS
Beau, beau ce portrait du chorégraphe danseur qui s'interroge sur l'âge : Malandain, quand l'amour prend corps
Thierry Malandain, 65 ans, est chorégraphe. Il dirige depuis 1998 le Centre National Chorégraphique du Ballet Biarritz. Le 5 septembre 2026, Malandain présentera son tout dernier ballet, évènement majeur tant pour le monde de la culture que pour l'homme, mettant un point final à plus de quarante ans de carrière. Vient le moment des questions...
Qu'elle est bonne cette mousse au chocolat avec ces deux-là...en attendant le printemps !
FÉMINISME
ET SINON, LE BOULOT ?
Pourquoi traverser Paris et retourner à l'école ?
D'abord pour sensibiliser à la notion de consentement et permettre de voir s’il y a consentement ou non dans une situation.
Grâce aux jeux de rôles on peut définir les différents canaux de langage qui permettent de s’assurer du consentement : verbal, corporel et facial.
Et tenter d'accompagner leur formalisation du consentement.
Tout ça en 55 mn !
L'après-midi, les élèves pouvaient visiter le forum : les groupes de filles et de garçons (on ne se mélange pas au collège...) de la 6ème à la 3ème venaient nous visiter... ou pas.
C'était riche avec les élèves et les professeurs, bravo pour l'organisation !
Nous avons pu échanger, au milieu de cette belle énergie, avec les associations : Femmes Solidaires, Laboratoire de l'Égalité, Nous Toutes...
Encore une fois, ces moments, ces rencontres sont importantes, inspirantes...il en faudrait plus, souvent, et pas qu'en mars.
Générique
#Romain Gary
#Karl Ove Knausgaard
@Houria Aouimeur
#Thierry Malandain
@Jeanne Cherhal
@Jacques Higelin
@Anne Augereau
#Collège Gustave Courbet
Observer aussi les orchidées 💁♀️
La lettre du dernier jour du mois # 86
Février 2026
J'étais en train de lire. Si vous vous reportez à la liste de ce mois, peut-être devinerez-vous quel était le livre...
Donc, j'étais en train de lire quand je me suis sentie décrochée. Pas à cause du sommeil qui commence à tout embrouiller, quand ma conscience s'échappe, qu'elle ne suit plus bien l'histoire, presque qu’elle en invente une autre. J'adore cette sensation... Alors, j'éteins et glisse dans mon sommeil, et qui sais, peut-être est-ce que je poursuis en rêve.
Non j'ai décroché de ma lecture en entendant une voix dans ma tête qui me posait une question simple : "pourquoi est-ce que tu n'aimes pas ? "
Je lui ai demandé de se taire. Mais deux pages plus loin elle revenait à l'assaut, énervée cette fois : "mais c'est pénible, pourquoi est-ce que tu n'arrêtes pas ce livre alors ?"
Je lui ai répondu qu'une personne chère à mon coeur avait été éblouie et qu'à défaut de l'être, éblouie, je voulais comprendre ce qui lui plaisait tant... J'ai cherché, presque tout du long ! Et à mon tour je m'énervais car je ne voyais pas. Je serais une piètre critique littéraire... quelques pages avant la fin j'ai abandonné.
Autre moment de ce mois...
Je rentre dans la salle de yoga pour pratiquer, alors qu'une de mes bonnes copines et anciennes comme moi m'a expliqué ses problèmes de santé. Mais pas des petits bobos de rien du tout, le genre qui m'aurait poussée à aller passer une IRM en urgence. Je me suis placée pas loin, derrière elle. Je me dis qu'au moindre problème je sors de la salle et appelle le 15. S'il était besoin, car je connais la salle sur le bout de mon tapis, je me dis que la porte qui donne sur la cour facilitera les choses. Et puis nous commençons la respiration, et je décide en gardant un oeil sur elle, de profiter à fond de chacune des postures, sans m'économiser. Et j'ai tenu ainsi jusqu'au bout, car merci aux Déesses de l'univers, tout s'est passé au mieux pour elle : elle était sur son nuage en sortant. Merveilleux yoga ! Depuis, je me mets dans la même disponibilité : je vais là où c'est possible tout de suite, sans crainte.
Je ne sais plus où j'ai lu cela, c'est peut-être une personne qui me l'a dit : observe, car de l'attention naît l'intention. Voilà, ça pose.
Je me suis bien observée en train de me parler alors que je lisais. Déjà ça m'a fait sourire, en me disant que d'avoir ces conversations-là donnait à ma lecture un intérêt supplémentaire. J'ai bien reconnu mes deux voix la Sage et la Rebelle... je suis assez satisfaite que ce soit la rebelle qui ait finalement eu le dernier mot. Elle est tellement vivante, vive et libre.
Je me suis aussi observée en sortant du yoga, en ayant fait les postures sans tenter de me ménager : je me sentais très joyeuse et forte. Alors j'ai bien l'intention de poursuivre ainsi, sans me ménager, rebelle quoi !
Sinon je crois que je ne suis pas douée avec les orchidées. J'en ai reçu une, magnifique il y 15 jours... ses belles feuilles brillantes sont devenues jaunes, et elle s'est complètement déplumée de ses fleurs d'un merveilleux orange. Ma main, plutôt verte d'habitude me lâche. Donc j'observe que les orchidées ne sont pas bien chez moi....
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Encore une que je ne connaissais pas... Et pourtant, Paula Modersohn-Becker, peintre et pionnière de la modernité
Un portrait habité de la peintre allemande Paula Modersohn-Becker (1876-1907), artiste avant-gardiste à la carrière fulgurante, morte à seulement 31 ans des suites de son premier accouchement.
INSPIRATIONS
C'est une des questions qui me passionnent en ce moment, je me demande bien pourquoi... Comment la représentation des femmes âgées dans l'art est-elle passée d’un corps discrédité, moqué par des artistes hommes ; à un corps non pas forcément loué, mais consciemment et socialement revendiqué ?
Portraits mélancoliques, sorcières inquiétantes, grands-mères tendres ou vieilles folles excentriques : les vieilles femmes hantent nos tableaux, nos récits, nos fictions. Mais comment leurs corps ont-ils été représentés au fil des siècles, alors que l’idéal de beauté repose entièrement sur la jeunesse ? Comment ont-elles été décrites : belles ou monstrueuses, sages ou ridicules, invisibles ou menaçantes ? « Vieillir, c’est périr, vieillir, c’est pourrir ! » Les vieilles femmes ont mauvaise presse depuis des siècles, alors que les vieux hommes peuvent être des sages. « Depuis le temps où l’on peint des corps humains et des visages humains, depuis la fin du Moyen Âge et la Renaissance… on présente le corps féminin, ce visage humain, comme un repoussoir : celui de la sorcière, celui de la femme lubrique, celui de la femme qui paiera un jeune amant pour assouvir des plaisirs qui ne sont plus de son âge. » Nadeije Laneyrie-Dagen
Je me souviens encore d'une de ses expositions que j'avais vue à la maison du Japon...et la surprise de rentrer dans son univers de couleurs et de points :
"Je vois le monde entier couvert de points... tout, même moi-même, fait partie d'un modèle plus grand " Yayoi Kusama
Pour elle, les points ne sont pas seulement de la décoration - ils sont un symbole de l'univers et de l'infini. En couvrant tout en points - surfaces, objets, et même son propre corps - elle cherche à dissoudre le soi et à fusionner avec le cosmos, transformant l'art en une forme de méditation et d'expression pour ses expériences personnelles profondes. Chaque point représente une petite partie du vaste monde, lui permettant de se connecter à quelque chose au-delà d'elle-même et de transformer la douleur et les expériences personnelles en art universel.
Aujourd'hui, nous célébrons les 97 ans de la naissance de Yayoi Kusama, et plus de 76 ans de créativité artistique continue qui a transformé le monde de l'art contemporain. Née à Nagano, au Japon, en 1929, elle commence à dessiner quand elle était enfant. Elle a vécu des hallucinations visuelles de points et de motifs, qui sont plus tard devenues le fondement de sa vision artistique unique. Dans les années 1950, elle déménage à New York, entrant dans une scène artistique dominée par les hommes et créant des œuvres emblématiques telles que Infinity Rooms et Obliteration Rooms, alliant répétition infinie, interaction avec le public et expériences immersives, faisant d'elle l'une des artistes contemporaines les plus influentes au monde.
J'ai adoré cette émission : Jacques Higelin en scène. Je suis fan, j'ai été émue de l'entendre en interview, en concert, comme si j'y étais encore. Et s'il était besoin, mesurer l'étendue de son talent, de ses influences. Quel artiste !
LECTURE
Aimer Sarah Chiche (Juliard)
2 enfants en Suisse / Beau-père maltraitant / Mère fragile / Séparation de 30 ans / Se retrouvent
Nuit d'Ambre Sylvie Germain (Folio) J'ai cherché en lisant pourquoi je n'accrochais pas...
Famille Peniel / Génération / Viol / Meurtre / Baroque / Sombre
Après les chiens Michèle Pedinielli (Mikkos Noir) +++++
Nice / Réfugiés / Enquête Boccanera / Humour
Àsta Jòn Kalman Stefánson (Grasset) ++++++++++
Islande et autres pays / Être à la hauteur / Filiation / Rendez-vous de la vie parfois ratés
Le coût de la vie Deborah Levy (Éditions du sous-sol) +++++
Autrice / Séparation / Faire bouillir la marmite / Vélo électrique (lourd) / Cabanon / Mort de la mère
Un grand merci à vous pour les prêts et conseils...
FÉMINISME
Pourquoi les représentations de violences sexuelles contre les femmes sont-elles si banales dans les musées, et comment les regarder comme telles ? Du Bernin à Degas en passant par Titien ou le Tintoret, une exploration de chefs-d'œuvre qui offre une stimulante réflexion sur notre regard de spectateur.
Suzanne et les vieillards, L'enlèvement des Sabines, le viol de Lucrèce, le rapt d'Europe ou de Proserpine... Elles sont partout dans les musées, et pourtant, nous peinons à les voir comme telles : au motif d'illustrer des épisodes historiques, mythologiques ou bibliques, l'art occidental donne à voir depuis des siècles des représentations esthétisées, voire érotisées, des violences, notamment sexuelles, faites aux femmes. Leurs corps nus sont offerts au regard du spectateur, dans des scènes si virtuoses que leur supplice se trouve relégué au second plan, quand il n'est pas maquillé en ravissement romantique. Mais quel est l'effet réel de ces tableaux et sculptures sur l'imaginaire ?
ET SINON, LE BOULOT ?
J'accompagne ma camarade Jessica Hénou dans sa belle aventure créative : Comment je suis devenue blanche.
Si le coeur vous en dit venez assister à sa première sortie publique, une version courte (30 min) du spectacle.
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C'est dimanche 1er mars à 18h, Impasse Chandon 75015 Paris au Studio Chandon, Paris
Le lieu : C'est un studio de danse, donc on laisse ses chaussures à l'entrée.
Le "Chapeau" : Une participation libre est prévue à l'entrée pour l'accueil du Studio et le thé qui nous sera offert.
Générique
#PaulaModersohn-Becker
# NadeijeLaneyrie-Dagen
#SarahChiche
#SylvieGermain
#MichèlePedinielli
# JònKalmanStefánson
#DeborahLevy
@JessicaHénou
Merci Rosa
C’est pour quand le renouveau ?
Au changement d’année ?
Au printemps ou à la date d’anniversaire ?
Et comment arriver à trouver du neuf dans cette spirale de violence, dans ces catastrophes qui s’enchainent et cette sidération qui nous saisit ?
Dans les petits gestes du quotidien ?
Ces actions dérisoires qui me font choisir la bonne poubelle, les légumes du « petit producteur » du marché, accepter les vêtements déjà portés même si cette couleur n’est pas ma préférée…
Bien sûr que je m’applique scrupuleusement à faire ces petits gestes de rien du tout parce que je suis dans le juste de cette conscience et que cela me relie aux autres personnes qui font de même.
Je fais aussi ma part de mon « développement personnel » : je prends soin de moi avec mon yoga, mon alimentation, mes livres, mon petit jardin secret, mon travail, et je me fais des petits plaisirs, et gnan gnan gnan, et gnan gnan gnan….
Mais ma petite personne a bien du mal.
Elle a besoin d’un souffle plus puissant, et surtout, nouveau.
Alors je guette.
J’espère.
J’espère un ensemble de toutes nos petites personnes de rien du tout.
Un ensemble tellement contagieux qu’il fera basculer dans son élan d’autres qui se sont éloigné.es, non pas du troupeau, mais au contraire de leur liberté et de cette certitude : nous n’avons plus d’autre possibilité que d’être ensemble pour ce dernier choix.
C’est celui de la vie.
De la protection des vivants.
A tout prix.
« Travailler, faire ce qu’on peut, et pour le reste, tout prendre avec légèreté et bonne humeur. On ne rend pas la vie meilleure en étant amer. » Rosa Luxemburg
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RENDONS AUX CLÉOPATRES CE QUI EST AUX… CLÉOPATRES !
72 femmes scientifiques bientôt inscrites sur la Tour Eiffel
Parmi elles il y a Angelique du Coudray, sage-femme du 18e siècle qui s’est démenée, parfois/souvent contre les chirurgiens hommes de son temps, pour faire baisser la mortalité maternelle et infantile en inventant un mannequin de tissus afin de faire des démonstrations aux femmes qu’elles formaient. Elle a également écrit un traité sur l’art des accouchements. Les historiens estiment qu’elle a formé 5000 sage-femmes et 500 chirurgiens pour leur enseigner la physiologie de l’accouchement mais aussi ses travers et les moyens d’y remédier.
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La BD La sage-femme du roi (Adeline Laffitte, Hervé Duphot) m’a bien inspirée, notamment en regardant son mannequin incroyable. Je le visualise quand je joue l’accouchement dans Œdipe Ta Mère !
Transcendant les frontières de la danse, Loïe Fuller a marqué la Belle Époque avec sa « Danse serpentine »
INSPIRATIONS
L’ascension de Lizzie Le Blond, documentaire réalisé par Sophie Chaffaut, retrace l’histoire de la pionnière Elizabeth Hawkins-Whitshed, figure emblématique de l'histoire de l’alpinisme, de la photographie et du cinéma. À l’aube du XXe siècle, l’alpiniste Lizzie Le Blond fut l’une des premières à avoir photographié la montagne et filmé les sports d’hiver dans les Alpes. Figure oubliée de l’Histoire, Lizzie a pourtant fondé le premier club alpin féminin et documenté ses exploits dans sept livres et des milliers de photographies. Son œuvre hors du commun, renaît à travers ce film et porte avec elle toutes les femmes dont la mémoire a été effacée. Réalisation : Sophie Chaffaut
Comment s’occupe-t-on de nos vieux parents ?
Si un jour nos parents ne sont plus en mesure de vivre chez eux, on les place dans une maison de retraite. Mais qui s'en occupe à notre place ? Des femmes payées pour les laver et les nourrir, mais pas seulement... car il y a aussi l'attention, la présence, le sourire. Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale, pose des questions dérangeantes : peut-on sous-traiter la tendresse dispensée à nos proches ? Pourquoi paye-t-on si mal celles qui s'en occupent ?
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Nos petits gestes de rien du tout…
Nos petites personnes de rien du tout…
Mais le vrai roi : Le petit ramoneur de rien du tout
LECTURE
Une librairie qui ferme me fend le cœur. Ces attaques-là me révoltent : j’ai le sentiment de vire dans un autre siècle….
"Face à la multiplication de ces agressions, les libraires se sont entourés d’avocats, et ont confectionné un « guide d’autodéfense contre l’extrême droite » à usage de leurs confrères. Il consiste en une série de conseils qui permet d’activer une réponse pénale. Les librairies vandalisées ou attaquées ont porté plainte. Cependant, la librairie Violette and Co, perquisitionnée le 7 janvier pour saisir un livre polémique sur la Palestine, dit avoir appris à cette occasion que leur plainte a été « perdue ». Pour réagir à cette offensive, le collectif propose aux travailleurs des métiers du livre de s’organiser collectivement et de construire une stratégie juridique commune."
Avant ma liste vous dire que les histoires (même bien écrites) qui ne racontent que les hommes, où ils sont les personnages principaux, où les femmes ne sont que dans leur rôle de mères, d’amoureuses, me tombent des mains. Je ne vous en parle pas. Bon, si l’autrice en est la créatrice, je m’accroche (parfois)… par sororité !
Pietra viva Léonor De Recondo (Points) +
Michelangelo / Carrare / visions / Rêves / Hommes / Tailleurs de pierre
L’art de la joie Golliarda Sapienza (Le Tripode) ++++++++++++++++++++++++++++++
2ème lecture / Modesta / Sa vie / Ses Œuvres / Sa liberté / Ses Combats / et puis l’amour, la joie, les enfants, la liberté, le communisme
Plutôt couler en liberté que flotter sans grâce Corinne Morel Darleux (Libertalia) ++++++++++++++
Réflexions sur l’effondrement / Bernard Moitessier (marin) / Les Racines du Ciel (Romain Gary)
FÉMINISME
FEMME VIE LIBERTÉ
Parce que je le sens, l’exprime et l’écris : nous avons en nous un monstre. Peut-être que le fait d’être comédienne (parfois) me permet de l’approcher, d’avoir cette conscience-là. Cependant toute personne ayant fait une recherche psy de tout poil devrait aussi le sentir.
Alors, oui parfois certain.es deviennent des monstres.
Même notre père, notre grand-père, notre cousin, le meilleur ami de la famille… notre fils, ont basculé, peuvent basculer.
Dans le blog de Mona Chollet La méridienne, j’ai croisé les mots de Julie Quéré :
« La part de monstruosité que nous portons chacun·e m’interroge encore. Ni meilleur·e ni pire qu’un·e autre, s’en rendre compte oblige à essayer de faire autrement, un peu mieux... Quelle volonté faut-il pour ne pas succomber au monstre de soi-même ? Quelle lucidité permet d’y faire face et de ne pas le laisser faire en nous, avant que d’entraîner l’autre dans ses gouffres ? (….)
Ici, dans mon histoire, c’est encore la victime qui se place dans la position de compréhension de l’agresseur. C’est elle qui fait le travail nécessaire à l’acceptation du mal et qui agit pour la reconstruction. N’y a-t-il pas là encore injustice et double peine ? Je m’interroge sur la capacité des prédateurs à assumer leurs fautes et à les reconnaître, sur la complicité, le laisser-faire. Sur la facilité du déni, où la noirceur de l’âme flirte avec le profit. Comprendre, défaire les mécanismes, les mettre au jour, pouvoir ainsi prévenir et protéger. Se protéger. La reconstruction ne peut avoir lieu qu’après la reconnaissance.
(…)
Depuis cette histoire, j’ai vécu – l’amour, le chagrin, les enfantements, la poésie, le doute, le cinéma, la perte des idéaux, la fuite, la maladie, le travail, le silence, les espoirs torturés, la renaissance, et fait beaucoup de pas qui s’effacent dans le sable. Aujourd’hui, j’ai encore quelques dents de lait... Rire, je le veux – réussir à être une joie ou un rayon de soleil pour quelques-un·es que j’aime, quelque chose d’éphémère et précieux, dire sans trop se regarder au risque de se taire, pour mettre du sens sur l’individuel qui sert le collectif, écrire, faire ce qui donne de la force, agir, qui poursuit la bataille sans fin vers la lumière. »
ET SINON, LE BOULOT ?
Épisode 1/4 : Le théâtre public, un plan social silencieux
Cette année je ne vous embrasse pas sous du gui, mais tout à côté d’ail … pour éloigner les vampires
Jacques Higelin - Parc Montsouris (rare) - Live 1989
« Je ne vis pas ma vie… je la rêve »
GÉNÉRIQUE :
#RosaLuxemburg
# Angelique du Coudray
@AdelineLaffitte
@HervéDuphot
# Loïe Fuller
# Lizzie Le Blond
@SophieChaffaut
@LéonorDeRecondo
# Golliarda Sapienza
@CorinneMorelDarleux
@MonaChollet
@JulieQuéré
@Jacques Higelin
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