Observer aussi les orchidées 💁♀️
La lettre du dernier jour du mois # 86
Février 2026
J'étais en train de lire. Si vous vous reportez à la liste de ce mois, peut-être devinerez-vous quel était le livre...
Donc, j'étais en train de lire quand je me suis sentie décrochée. Pas à cause du sommeil qui commence à tout embrouiller, quand ma conscience s'échappe, qu'elle ne suit plus bien l'histoire, presque qu’elle en invente une autre. J'adore cette sensation... Alors, j'éteins et glisse dans mon sommeil, et qui sais, peut-être est-ce que je poursuis en rêve.
Non j'ai décroché de ma lecture en entendant une voix dans ma tête qui me posait une question simple : "pourquoi est-ce que tu n'aimes pas ? "
Je lui ai demandé de se taire. Mais deux pages plus loin elle revenait à l'assaut, énervée cette fois : "mais c'est pénible, pourquoi est-ce que tu n'arrêtes pas ce livre alors ?"
Je lui ai répondu qu'une personne chère à mon coeur avait été éblouie et qu'à défaut de l'être, éblouie, je voulais comprendre ce qui lui plaisait tant... J'ai cherché, presque tout du long ! Et à mon tour je m'énervais car je ne voyais pas. Je serais une piètre critique littéraire... quelques pages avant la fin j'ai abandonné.
Autre moment de ce mois...
Je rentre dans la salle de yoga pour pratiquer, alors qu'une de mes bonnes copines et anciennes comme moi m'a expliqué ses problèmes de santé. Mais pas des petits bobos de rien du tout, le genre qui m'aurait poussée à aller passer une IRM en urgence. Je me suis placée pas loin, derrière elle. Je me dis qu'au moindre problème je sors de la salle et appelle le 15. S'il était besoin, car je connais la salle sur le bout de mon tapis, je me dis que la porte qui donne sur la cour facilitera les choses. Et puis nous commençons la respiration, et je décide en gardant un oeil sur elle, de profiter à fond de chacune des postures, sans m'économiser. Et j'ai tenu ainsi jusqu'au bout, car merci aux Déesses de l'univers, tout s'est passé au mieux pour elle : elle était sur son nuage en sortant. Merveilleux yoga ! Depuis, je me mets dans la même disponibilité : je vais là où c'est possible tout de suite, sans crainte.
Je ne sais plus où j'ai lu cela, c'est peut-être une personne qui me l'a dit : observe, car de l'attention naît l'intention. Voilà, ça pose.
Je me suis bien observée en train de me parler alors que je lisais. Déjà ça m'a fait sourire, en me disant que d'avoir ces conversations-là donnait à ma lecture un intérêt supplémentaire. J'ai bien reconnu mes deux voix la Sage et la Rebelle... je suis assez satisfaite que ce soit la rebelle qui ait finalement eu le dernier mot. Elle est tellement vivante, vive et libre.
Je me suis aussi observée en sortant du yoga, en ayant fait les postures sans tenter de me ménager : je me sentais très joyeuse et forte. Alors j'ai bien l'intention de poursuivre ainsi, sans me ménager, rebelle quoi !
Sinon je crois que je ne suis pas douée avec les orchidées. J'en ai reçu une, magnifique il y 15 jours... ses belles feuilles brillantes sont devenues jaunes, et elle s'est complètement déplumée de ses fleurs d'un merveilleux orange. Ma main, plutôt verte d'habitude me lâche. Donc j'observe que les orchidées ne sont pas bien chez moi....
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Encore une que je ne connaissais pas... Et pourtant, Paula Modersohn-Becker, peintre et pionnière de la modernité
Un portrait habité de la peintre allemande Paula Modersohn-Becker (1876-1907), artiste avant-gardiste à la carrière fulgurante, morte à seulement 31 ans des suites de son premier accouchement.
INSPIRATIONS
C'est une des questions qui me passionnent en ce moment, je me demande bien pourquoi... Comment la représentation des femmes âgées dans l'art est-elle passée d’un corps discrédité, moqué par des artistes hommes ; à un corps non pas forcément loué, mais consciemment et socialement revendiqué ?
Portraits mélancoliques, sorcières inquiétantes, grands-mères tendres ou vieilles folles excentriques : les vieilles femmes hantent nos tableaux, nos récits, nos fictions. Mais comment leurs corps ont-ils été représentés au fil des siècles, alors que l’idéal de beauté repose entièrement sur la jeunesse ? Comment ont-elles été décrites : belles ou monstrueuses, sages ou ridicules, invisibles ou menaçantes ? « Vieillir, c’est périr, vieillir, c’est pourrir ! » Les vieilles femmes ont mauvaise presse depuis des siècles, alors que les vieux hommes peuvent être des sages. « Depuis le temps où l’on peint des corps humains et des visages humains, depuis la fin du Moyen Âge et la Renaissance… on présente le corps féminin, ce visage humain, comme un repoussoir : celui de la sorcière, celui de la femme lubrique, celui de la femme qui paiera un jeune amant pour assouvir des plaisirs qui ne sont plus de son âge. » Nadeije Laneyrie-Dagen
Je me souviens encore d'une de ses expositions que j'avais vue à la maison du Japon...et la surprise de rentrer dans son univers de couleurs et de points :
"Je vois le monde entier couvert de points... tout, même moi-même, fait partie d'un modèle plus grand " Yayoi Kusama
Pour elle, les points ne sont pas seulement de la décoration - ils sont un symbole de l'univers et de l'infini. En couvrant tout en points - surfaces, objets, et même son propre corps - elle cherche à dissoudre le soi et à fusionner avec le cosmos, transformant l'art en une forme de méditation et d'expression pour ses expériences personnelles profondes. Chaque point représente une petite partie du vaste monde, lui permettant de se connecter à quelque chose au-delà d'elle-même et de transformer la douleur et les expériences personnelles en art universel.
Aujourd'hui, nous célébrons les 97 ans de la naissance de Yayoi Kusama, et plus de 76 ans de créativité artistique continue qui a transformé le monde de l'art contemporain. Née à Nagano, au Japon, en 1929, elle commence à dessiner quand elle était enfant. Elle a vécu des hallucinations visuelles de points et de motifs, qui sont plus tard devenues le fondement de sa vision artistique unique. Dans les années 1950, elle déménage à New York, entrant dans une scène artistique dominée par les hommes et créant des œuvres emblématiques telles que Infinity Rooms et Obliteration Rooms, alliant répétition infinie, interaction avec le public et expériences immersives, faisant d'elle l'une des artistes contemporaines les plus influentes au monde.
J'ai adoré cette émission : Jacques Higelin en scène. Je suis fan, j'ai été émue de l'entendre en interview, en concert, comme si j'y étais encore. Et s'il était besoin, mesurer l'étendue de son talent, de ses influences. Quel artiste !
LECTURE
Aimer Sarah Chiche (Juliard)
2 enfants en Suisse / Beau-père maltraitant / Mère fragile / Séparation de 30 ans / Se retrouvent
Nuit d'Ambre Sylvie Germain (Folio) J'ai cherché en lisant pourquoi je n'accrochais pas...
Famille Peniel / Génération / Viol / Meurtre / Baroque / Sombre
Après les chiens Michèle Pedinielli (Mikkos Noir) +++++
Nice / Réfugiés / Enquête Boccanera / Humour
Àsta Jòn Kalman Stefánson (Grasset) ++++++++++
Islande et autres pays / Être à la hauteur / Filiation / Rendez-vous de la vie parfois ratés
Le coût de la vie Deborah Levy (Éditions du sous-sol) +++++
Autrice / Séparation / Faire bouillir la marmite / Vélo électrique (lourd) / Cabanon / Mort de la mère
Un grand merci à vous pour les prêts et conseils...
FÉMINISME
Pourquoi les représentations de violences sexuelles contre les femmes sont-elles si banales dans les musées, et comment les regarder comme telles ? Du Bernin à Degas en passant par Titien ou le Tintoret, une exploration de chefs-d'œuvre qui offre une stimulante réflexion sur notre regard de spectateur.
Suzanne et les vieillards, L'enlèvement des Sabines, le viol de Lucrèce, le rapt d'Europe ou de Proserpine... Elles sont partout dans les musées, et pourtant, nous peinons à les voir comme telles : au motif d'illustrer des épisodes historiques, mythologiques ou bibliques, l'art occidental donne à voir depuis des siècles des représentations esthétisées, voire érotisées, des violences, notamment sexuelles, faites aux femmes. Leurs corps nus sont offerts au regard du spectateur, dans des scènes si virtuoses que leur supplice se trouve relégué au second plan, quand il n'est pas maquillé en ravissement romantique. Mais quel est l'effet réel de ces tableaux et sculptures sur l'imaginaire ?
ET SINON, LE BOULOT ?
J'accompagne ma camarade Jessica Hénou dans sa belle aventure créative : Comment je suis devenue blanche.
Si le coeur vous en dit venez assister à sa première sortie publique, une version courte (30 min) du spectacle.
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C'est dimanche 1er mars à 18h, Impasse Chandon 75015 Paris au Studio Chandon, Paris
Le lieu : C'est un studio de danse, donc on laisse ses chaussures à l'entrée.
Le "Chapeau" : Une participation libre est prévue à l'entrée pour l'accueil du Studio et le thé qui nous sera offert.
Générique
#PaulaModersohn-Becker
# NadeijeLaneyrie-Dagen
#SarahChiche
#SylvieGermain
#MichèlePedinielli
# JònKalmanStefánson
#DeborahLevy
@JessicaHénou
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