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CORINNE MERLE

Articles avec #comment virginie d. a sauve ma vie.... tag

Et sentir votre absence 💘💘💘

1 Décembre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois, #Corinne Merle

La lettre du dernier jour du mois #23

NOVEMBRE

 

C’est en enlevant le masque que j’ai senti l’automne.

J’ai reconnu cette odeur, une odeur chargée de bonheur : celle des feuilles, des champignons, de la mousse, de la forêt.

Elle m’a réjoui et j’ai glané des feuilles de toutes les couleurs, une plume…

J’ai gardé cela de l’enfance, toujours ramasser des choses que je trouve : des cailloux, de la terre ou du sable, de la mousse, un bâton, parfois des fleurs. Dans les parcs de ville c’est moins fécond, mais c’est rare que je rentre de mes balades les mains vides.

 

Sentir, c’est bien ce qui me manque.

L’odeur d’une tarte aux pommes que j’ai préparée pour vous, ou le délicieux fumet de ce plat qui est votre spécialité et qui m’accueille à votre porte.

Qu’est-ce ça me manque de sentir mes bras autour de vous, et les vôtres aussi, et puis nos embrassades sans crainte et sans reproche !

Me manquent aussi nos livres qu’on échange (sans rire je n’ai bientôt plus rien à lire !)

Me manquent nos verres qui trinquent, nos rires qui sonnent, nos larmes peut-être, mais comme on est ensemble ce n’est pas grave.

Me manque de sentir vos yeux posés sur moi, curieux, sensibles.

Me manque cruellement de vous emmener au pays de Virginie D.

 

Le décor est posé dans le salon. Comme je vous l’avais annoncé le mois dernier, je travaille avec mes camarades Jenny, à une version du spectacle en direct. Parfois j’ai l’impression que je vis avec un fantôme…tout ce blanc !

Parfois j’ai la sensation qu’il me regarde, qu’il m’observe en me disant « Alors qu’est-ce que tu fais ? Tu as peur de venir me voir ? Je m’ennuie moi ! Es-tu certaine que ce sont des problèmes techniques qui t’empêche de me rejoindre ? »

Alors qu’il me parle, je tente de lui répondre et de temps en temps, par petites touches je me glisse en lui. Il me regarde comme un tableau inachevé, me parle comme un amour négligé. C’est que tous, le fantôme, le tableau, l’amour me posent les bonnes questions. Je tente de leur répondre sans détour, et m’interroge.

Et ce matin, alors que je le sens vibrer dans la pénombre du matin, je sais que Virginie D. n’est pas est morte, et que je vais aller explorer.

 

 

◊  ◊  ◊

 

PLAISIRS et INSPIRATIONS

 

Les filles obéissantes vont au ciel, les autres vont où elles veulent.

Nul doute qu’Agnès Jaoui va où elle veut et quand elle prend la parole aux Troisièmes Assises du collectif 50/50 qui lutte en faveur de la parité et de la diversité, et contre le harcèlement et les violences sexuelles dans le cinéma et l’audiovisuel. C’est une magnifique femme qui parle. https://youtu.be/uwcJxMfBQEI

 

 

Une autre inspirante aussi : Barbara Stiegler.

Elle m’aide à voir clair dans mon problème du mois dernier jusqu’où est-il possible de m’adapter, et est-ce souhaitable ?

« Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. » Jiddu Krishnamurti

 

 

FÉMINISME

Le titre de l’article m’a alléché :

Pour les jeunes hommes, envisager leur mère d'abord comme une femme reste difficile

Je pensais y trouver des inspirations pour mon stand-up que j’écris avec mon fils (en fait je glisse cela juste pour voir s’il lit mes lettres, oui, je sais, pendant ce confinement je m’amuse de peu…)

Cependant les témoignages sont intéressants et porteurs d’espoir : «Ma mère ne se plaint pas de devoir faire les courses, les repas et le ménage pendant que mon père fait littéralement la sieste, mais je ne peux pas supporter un déséquilibre dans les tâches ménagères aussi important dans mon couple.»

 

Je n’ai pas eu envie de regarder le documentaire conspirationniste Hold-Up

Je passe déjà assez de temps derrière mon écran, et puis je ne pense pas qu’on soit obligé de tout regarder, ou tout lire pour avoir une opinion. Comme le dit Philippe Caverivière dans sa dernière chronique sur RTL

 « Je ne suis pas obligé de lire Mein kampf non plus !»

En revanche, j’ai lu des articles à son sujet dont celui-ci : Pourquoi le complotisme séduit autant les femmes

Intéressant, et affligeant, pour les femmes Comme Marie qui cherche désormais à se le procurer. Mais format cassette, «au cas où il y aurait de la censure».

Cela ne m’a pas trop remonté le moral …

 

Et puis si vous avez vu la série Dix pour cent : les personnages féminins ont le premier rôle. D’ailleurs les épisodes des actrices étaient bien plus intéressants, drôles, toniques. Je ne les cite pas toutes mais le coeur y est ! Comme si elles osaient et avaient le courage de gratter leurs démons des A : Âge, Amour, Argent...

 

 

 

 

 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

 

Un film documentaire bouleversant remarqué à la Berlinale 2020. Petite fille

 

 

ET SINON, LE BOULOT ?

Virginie D. se prend les pieds dans des problèmes techniques :

le direct n’est pas encore prêt. Nous y travaillons !

 

En revanche vous, ne soyez pas en retard si vous souhaitez faire vos dons 2020 :

laissez-vous guider ici.

Est-ce nécessaire de vous dire que sans vous rien n’est possible… surtout pas la technique !

 

PS :

Et sentir votre absence 💘💘💘
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Agile…oui mais jusqu’où ?

31 Octobre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Lettre du dernier jour du mois, #PRESSE, #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie....


Photo : Stéphanie Tétu

 

La lettre du dernier jour du mois #22

OCTOBRE



La question qui m’a vraiment occupée ce mois concerne l’agilité !

 
Et si l’agilité n’était que de l’hyper adaptabilité ? J’imagine que des spécialistes savent…
De fil en aiguille, je me suis demandée jusqu’où j’allais pouvoir m’adapter avec agilité à ces nouveaux scénarios, comme le précédent, le couvre-feu, ou le plus récent, le REconfinement ?
 
La contrainte, ou le cadre, peu importe les termes, m’aident dans la création. M’inspirent.
Me donnent une ligne. Mais jusqu’où ?
Je vous explique.

Pour le festival d’Avignon, mon spectacle doit durer une heure, il doit aussi « être léger » c’est-à-dire sans beaucoup de décor, sans de belles lumières trop sophistiquées, sans trop salir le sol…et quand on fait de la cuisine sur scène, ce n’est pas facile !
Donc on cherche des solutions pour rentrer dans le cadre, et comme nous sommes tout.es obligé.es de le faire, les spectacles finissent par se ressembler, mais c’est une autre question… ou pas !


Je vis une période de grands bouleversements, comme vous sans doute. Une « séquence » complexe…

  • le festival d’Avignon a été annulé, donc je n’ai pas eu à le préparer, à le jouer, à l’exploiter.
  • puis les saisons ont été chamboulées,
  • les théâtres ont rouverts au compte-goutte,
  • puis le couvre feu avec de nouvelles agilités,
  • puis …plus rien.
 
Alors, j’ai eu envie de vous proposer une expérience. C’est une invitation à nous retrouver et je vous en parle dans la dernière rubrique de cette lettre (quel sens du suspens … non ?)
 
 

Et parce que rien n’est important et par conséquent que tout l’est…

Il y a des questions délicates à poser, comme celle-ci :
Si les chats, ces petits animaux si mignons étaient responsables de la disparition de plein d’animaux, beaucoup moins mignons comme des reptiles, des mammifères, mais aussi des oiseaux. C’est joli pourtant les piafs !

Je sens que je vais encore mes faire des ami.es….

Et pour terminer (enfin je crois) avec les animaux, une étude sur les grands singes sans le « jargon de psy naïf » m’a donné une piste quant à la question que je commence à me poser, mais pourquoi, en vieillissant mon cercle d’amie.es se réduit ?
 
 
Si vous avez loupé le lettre du mois dernier : L’incertitude, notre nouveau point commun
Si vous souhaitez remonter le temps au fil des lettres
 

Et puisqu’il n’est plus en kiosque voici l’article !
Interview : Valérie Péronnet

 
 



 
◊  ◊  ◊
 


PLAISIRS et INSPIRATIONS
 
 Barbara  l’art total
 
Louise Lecavalier  l'incandescente
 

Toni Morrison brûleuse de fantômes

 


FÉMINISME
 
 
Martin Winckler, auteur de la « La Maladie de Sachs » est un bouffeur de médecins. C’est surtout un homme qui inspire par ses combats.
Pour un médecin militant, né en 1985, Martin Winckler est un précurseur : « C'est en partie grâce à lui que j'ai su qu'une autre médecine était possible, une médecine capable de se départir de sa mainmise sur le corps des patients et de cette domination d'un médecin sur un malade. Il fut l'un des premiers à m'ouvrir les yeux et a su faire exister en moi l'idée que d'autres médecins existaient. »
 
L’histoire en trois minutes :
Comment ils ont tué les noms féminins
 



CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :


Mes amis, la peine est de ce monde ;
La peine est de ce monde, je le sais bien.
Comment deviner, sur la fragile branche,
Le nom des saisons à venir ?
La peine est de ce monde, ô mes amis que j'aime,
Mais chaque fleur d'orage porte la graine de demain.


Andrée Chedid, "La fleur d'orage" dans le recueil Textes pour un poème.



ET SINON, LE BOULOT ?
 
 

Il faut bien inventer un geste, peut-être le dernier, et je dis cela très calmement.

 
Je vous propose un rendez-vous Zoom avec Virginie D. 
Je suis en train de travailler à l’adaptation du spectacle pour cette nouvelle forme.

Vous chez vous et elle (Virginie D.) chez moi.

 
Imaginez :
Nous nous donnons rendez-vous en début de soirée, vers 20h.
Je joue pour vous, en direct.
Vous me voyez, vous m’entendez… et moi aussi.
Parfois même vous parlez, vous riez et nous mélangeons nos émotions.
Et puis nous trinquons à la vie !
 
J’espère que cette expérience vous titille comme moi...
Si oui, dites-le moi en répondant sur ce mail.
1ères dates : les 19, 20 et 21 novembre.
Participation : entre 10 et 15 €.

 
 

Je vous espère en bonne santé et avec un moral agile !
Corinne




























Sur la place,
un peu seule....

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L’incertitude, notre nouveau point commun 🌋🌋🌋

30 Septembre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Lettre du dernier jour du mois, #Collages, #Corinne Merle, #Yoga, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie....

Du jour au lendemain le prévu s’écroule. Le futur est flou, incertain.
De nouvelles contraintes nous sont imposées, elles nous tombent dessus. Pourquoi ? Parce que ! Ça ne se discute pas. Il nous faut vivre avec des gestes « barrières » et derrière nos masques…
« Elle a bon dos, la science ! » : c’est le nom de l’entretien avec Pierre-Henri Gouyon

Vous pouvez écouter le Pr. Toubiana qui nous explique clairement pourquoi l'épidémie est terminée...
 
Comment ça va vous ?
Votre santé ? Vos humeurs ? Vos amours ?
Colère, fatigue, angoisse ? Ou pas ? Vous arrivez à passer à travers les gouttes ?

 
Pour ma part je me suis plongée dans l’intelligence collective avec une formation du Centre Hubertine Auclert. Le plaisir, le bonheur de rencontrer des femmes plutôt jeunes et féministes. Wouaaah ! L’intérêt pour cet instrument vibrant qu’est l’intelligence collective. Re Wouaaah !! J’avais approché cette intelligence il y a quelques années grâce à un amour, j’étais déjà conquise et inspirée. Ces deux jours m’ont donné des désirs et de belles pistes… J’ai par exemple de nouvelles envies de prises de parole pendant mon spectacle, mais chut… maturation en cours…

 
Ce mois de septembre est passé tellement vite.
J’ai retrouvé ma ville, mes ami.es et le studio de yoga. Et puis l’hiver nous est tombé dessus en ce début d’automne, et les studios de yoga ont été contraints de fermer. Je partage la tribune zen, mais (très) en colère de mes collègues de yoga

 
Actrice, yogini, il ne me manquerait plus qu’être DJ pour cocher tous les métiers d’incertitude !

PS : Sortons du domaine de la vie privée et  faisons un sujet de société de ses parents et surtout de ces mères qui ne peuvent plus «saquer leur gosse» après le confinement

L’incertitude, notre nouveau point commun 🌋🌋🌋


◊  ◊  ◊

 


PLAISIRS 

 
Parce que c’est vraiment un plaisir que de l’entendre, je vous conseille ardemment d’écouter ces épisodes d’A voix nue avec Gisèle Halimi.
Inutile de vous dire que je fais partie des personnes qui souhaitent tout aussi ardemment que Gisèle Halimi rejoigne le Panthéon #GisèleHalimiAuPanthéon
 
Retrouver la Gréco avec ce beau portrait et dans cette interview croisée avec Virginie Despentes.
 
 

FÉMINISME
 
''Je ne réclame aucune faveur pour les personnes de mon sexe. Tout ce que je demande à nos frères, c'est de retirer leurs pieds de notre nuque''
Ruth Bader Ginsburg
(1933-2020)
 
 
Attention inspiration !!!
Christelle Delarue, militante féministe, fondatrice de l'association « Les Lionnes » et conseillère spéciale auprès de la division « Egalité des genres » à l'UNESCO revient sur ses 12 années à tenter de changer le milieu de la pub de l'intérieur et nous raconte comment elle s'est frottée aux limites du système.

Le tennis a été important dans ma vie, il me reste Suzanne Lenglen.

Solitude, héroïne de la résistance des esclaves, a désormais son jardin à Paris

 
 
 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Lire Abdennour Bidar, philosophe
« Nous avons voulu sauver la vie mais nous l’avons, à l’inverse, coupée de tous les liens qui la nourrissent, vidée de toutes les significations qui la font grandir. Cesser d’exister pour rester en vie ? Cette contradiction est accablante. »

 
Deux anciennes camarades de jeu (nous étions dans le même cours de théâtre…) Sandrine Briard et Isabelle Ben Soussan sont à l’origine d’une action magnifique. Elles soutiennent concrètement et avec beaucoup de cœur Sandra Bechtel, autrice. Sandra est touchée de plein fouet par la crise du Covid.
C’est ici pour vous informer et la soutenir aussi
 
 

 
ET SINON, LE BOULOT ?

 
Virginie D.  s’adapte pour vos appartements, vos lieux associatifs et alternatifs. Moins théâtrale (quoi que…)  c’est une expérience d’agitation citoyenne. Nous travaillons à inventer des cercles de résistance, des circuits courts culturels. Si cela vous tente, il vous suffit de répondre à cette lettre.
 

Et aussi :
J’aurai pu « tricher ». Mais vous le savez ce n’est pas le but de cette lettre. Oui j’aurai pu recopier les lignes de l’autrice et journaliste Valérie Péronnet… Mais rendons à Cléopatre ce qui est à Cléopatre et achetons le numéro de Psychologie Magazine d’octobre pour découvrir le dossier « Mieux vivre avec l’incertitude ». Et en plus vous m’y verrez grâce à une
magnifique photo de Stéphanie Tétu.
Je ne boude pas mon plaisir d’apparaître au grand jour dans de si bonnes conditions.
Merci à elles deux pour ces échanges profonds, sensibles et joyeux.
Et si vous voulez connaître le travail de Valérie Peronnet, lisez Jeanne et Marguerite (Calmann-Levy), deux histoires d’amour et de lettres écrites par deux femmes qui se croisent au-delà du temps.
Ou encore Un petit glaçon dans la tête (Calmann-Levy) où les mots et l’imaginaire sont les remèdes au réel souvent tragique.
 
Et sans incertitude cette fois, je vous fais parvenir mes chaleureuses vibrations.

Stéphanie Tétu

Stéphanie Tétu

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Après la quarantaine 😷😈

30 Juin 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

J’espère que vous n’avez pas été touché.es par le virus, ni vous, ni vos proches.
Moi non plus !


Nous avons fait le dos rond, bien sagement chez nous, avec de grandes diversités : ville/campagne, maison/appartement, en famille/seul(e), entouré.e de voisins/sans voisin.es.

Nous ressortons de cette épreuve dans des états différents mais aurons-nous réellement changé.es ?
Cette question me taraudait dès le commencement, vous le savez, vous qui lisez (parfois) cette lettre.
Je ne me sens pas à l’aise avec la façon dont nous avons été infantilisé.es, sermonné.es, privé.es de liberté.
Je ne vais pas me lancer dans une étude sociologique, pourtant aujourd’hui j’ai une liste des choses qui m’ont insupportées :

  • Les injonctions contradictoires : un jour sans masque, le lendemain toujours / il faut absolument voter, puis ne plus croiser personne / le télétravail ce n’est pas du boulot, le télétravail c’est la solution…
  • Les éléments de langage à vomir : confinement, présentiel, réunion zoom, cluster, faire redémarrer l’économie, consommer…
  • Protéger les vieilles et vieux en les enfermant à leur domicile ou dans des Ehpad, les priver de visite et les laisser mourir de solitude derrière des protections de plexiglas…
  • Libérer les transports mais pas les théâtres
  • Autoriser la fête de la musique, mais pas les discothèques

 
Pendant cette quarantaine nous aurons survécu grâce à celles et ceux qui ont travaillé la peur au ventre pour des salaires de misère.
Les êtres humains enfermés, la nature a respiré deux petits mois. Ces mêmes êtres humains se sont rendu compte que leur consommation habituelle pouvait être vertigineusement réduite : « C’est dingue les économies que j’ai faites ! »
 
Je ne vais pas faire ma mauvaise tête : je suis heureuse de retourner au marché et revoir la productrice pour lui acheter ses salades et ses fraises. Je suis ravie des pivoines qui embaument mon salon, ravie aussi de prendre le métro (et oui c’est possible) pour voir mes ami.es et partager des séances de yoga. Je suis heureuse d’être partie en train en Vendée et bientôt dans le sud, tellement heureuse de retrouver ma famille !
 
Comme une guerrière je vais reprendre le combat, même si le vide est le pire de mes ennemis :
« À la recherche de sa deuxième chaussure,
Le sel jeté au sol,
Ça pique, ça gratte.
Se perdre, se noyer presque.
Et revenir, plus forte, plus pleine et mordre toujours. »
 
Mais avant tout… VACANCES !!!

 
PS : désolée pour les liens qui apparaissent à tord ; l'automatisation n'aime pas l'écriture inclusive...


 


« Ce que je suis en réalité demeure inconnu »
Virginia Woolf

 

 

◊  ◊  ◊

 


PLAISIRS 
 
Vous vous souvenez de ce souhait du Président. Que le monde du spectacle enfourche le tigre (sic) et travaille dans le milieu scolaire (re-sic) ?
Ce reportage enthousiasment suit quinze élèves du Lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles qui se lancent dans l'aventure artistique que leur propose Joëlle Gayot, passant de spectateurs à comédiens et de critiques à metteurs en scène.

 
ZOUC pour toujours !
 
 
Un plaisir un peu coupable et du coup délicieux de lire cet article de Titiou Lecoq
Pour ma part j'ai été ravie de relire mes polars plutôt que d'en commander via Amazon...
Je me suis lovée dans un pull que j'aurai dû jeter depuis longtemps parce qu'il ne me rappelait pas que de bons souvenirs : mais qu'il était doux !
Contente d'avoir retrouvé de vieux magazines pour de belles tentatives de collages.
Et si Marie Kondo avec sa méthode prônait la consommation en fait ?
Si son goût pour la perfection, tellement aseptisé, cachait un tel besoin de contrôle que son humanité se perdait, comme celle de de ses ouailles ?
Bref, je retourne à mes belles vieilleries....
 

 ◊  ◊  ◊

 
FÉMINISME
 

« Féminicides » : un documentaire sur France 2 : qui retrace un an d’enquête menée par une cellule d’investigation du « Monde »


30 mn fortes et radicales chez les Black Panthers. Pourquoi c’est féministe ? Parce que c’est Agnès Varda qui filme
 

Trois célibataires chinoises dans un pays qui enjoint les femmes à se marier jeunes, sous peine d’être rejetées par leur famille et stigmatisées par l’État.
 

 ◊  ◊  ◊

 
 
CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Mon film fétiche, Le festin de Babette, avec la magistrale Stéphane Audran
Ce film, je l’ai montré à mon fils alors qu’il était petit (et presque super actif) et pourtant le charme a aussi opéré sur lui. Il faut dire que tout y est pour nos goûts : Babette qui fuit la répression qui s’abat sur la Commune de Paris, la côte danoise et Stéphane Audran en cuisinière rayonnante qui orchestre un époustouflant banquet.
 

◊  ◊  ◊

 
ET SINON, LE BOULOT ?
 
Sur le site de COME PROD nous avions déjà un onglet proposant des représentations hors théâtre : à domicile, en entreprises, dans toutes les écoles (à partir du collège tout de même, il faudrait peut-être que je songe à un format pour les primaires -:))

Depuis quelques jours Virginie D est invitée sur ce site.
Il est évident que nous devons trouver des solutions pour continuer de faire des spectacles, de nous rassembler pour vibrer ensemble et échanger.
 
C’est dans cette optique que le spectacle sera en ligne le 3 juillet ici
 Ce site a été créé pour tenter de donner une visibilité aux compagnies qui devaient « faire » le festival d’Avignon auprès de professionnels et du public.
 
À suivre…
 

◊  ◊  ◊



Merci de vos remarques, soutiens, suggestions. C’est chaque fois un réel bonheur de recevoir un signe de votre part. C’est aussi très motivant.

Bel été !
Prenez soin de vous.
 


C'est le dernier collage de la série "quarantaine" : choisir le désir...
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Sortir de sa grotte pour le chant des martinets ?

30 Avril 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

Magnifique !

Je me suis remise à lire
(c’est tellement bien d’avoir une voisine lectrice, merci Isabelle sans toi j’étais à sec.)
Les titres des livres qui m’attendent me murmurent comme un haïku :
 
Passage des Ombres
Vers la beauté
Antan d’enfance
Tous, sauf moi
La femme de Bratislava

 
 
Magnifique, comme tous les ans, les martinets sont revenus à Paris. Ils n’ont pas besoin de nous dehors pour piailler joyeusement.
 
Magnifique ! J’ai retrouvé ma grotte.

C’est l’endroit où j’aime me retrouver, parce que j’en ai besoin pour me soigner, parce que c’est aussi mon outil de création. Bien entourée, bien enfermée, bien au chaud, bien à l’ombre, je peux être ce que je suis, enfin enlever toutes mes peaux, redevenir jeune et vieille, animale et végétale, bonne et mauvaise.
Ici je n’ai besoin de personne pour être toutes les couleurs, toutes les douleurs, tous les bonheurs. Ici, je suis nombreuse et une. Tout et rien !
Plus de temps ou plutôt un temps unique, où la rêverie se mêle à l’ennui, où mon corps danse avec mon esprit, ma respiration avec mon âme.
C’est le rendez-vous avec l’inconfort du vide et la palpitation amoureuse d’y aller.
C’est ne rien savoir, et me sourire.
C’est la peur aussi d’en sortir, pourquoi, pour qui, comment ?
Il va falloir oser déployer, moi la nouvelle, ou l’ancienne.
Il va falloir reprendre le goût de l’autre, mais de quel.le autre ?
Tremblante, il va me falloir dire mes choix. Forte il va falloir sourire, ou crier, ou pleurer à la lumière.
Peut-être même oser une grimace, et tourner le dos.
Peut-être oser un autre geste…

 

 
◊  ◊  ◊

PLAISIRS 
 
J’ai découvert Colette Magny, cette blanche à la voix de noire, enfant, grâce à un disque à la maison : un beau matrimoine (merci maman !)
C’est aussi le souvenir de la chanson que je fredonnais pour endormir mon bébé « Le p'tit Quinquin »
Une de ses proches, dans cette émission évoque Colette Magny en ces termes : «  Colette avait beaucoup de rythme, mais aucun rapport avec la mesure… » Ça me parle !
 
Et puis voir, revoir : L'une chante l'autre pas (Agnes Varda, 1977)


FÉMINISME

Rien d’étonnant à ce que l’interview de Silvia Federici m’ait passionnée : 
« Et comme tou­jours, le troi­sième objec­tif est de dépas­ser les dif­fé­rentes divi­sions qui existent encore entre les femmes : raciales, sexuelles, d’âge, etc. C’est un objec­tif cen­tral car les divi­sions et les hié­rar­chies sont ce qui nous affai­blit le plus, et elles consti­tuent l’arme la plus puis­sante pour créer de nou­veaux conflits, pour nous signi­fier que nous aurions des inté­rêts dif­fé­rents et pour faire en sorte que nos éner­gies se dis­persent en luttes intes­tines sec­to­rielles. »
« Le fémi­nisme d’État est au service du déve­lop­pe­ment capi­ta­liste »
 
 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Tout ce qui est nôtre s'efface,
Tout ce qui est nôtre demeure
Et plante sa moisson jusqu'en l'extrême hiver.

​​​​​​​La lumière s'adosse aux monstres,
L'âcre langue des morts se rachète en promesses de rosée.
Voici, une fois encore, que nous voulons savoir.
 

Andrée Chedid, extrait du poème "Terre des présages" dans le recueil Terre regardée (1957)
 
ET SINON, LE BOULOT ?
 
Donc le festival d’Avignon, c’est mort…
Cette année nous n’aurons pas la possibilité de rencontrer le public,
Nous n’aurons pas la possibilité de nous faire connaître et peut-être de jouer dans la programmation des théâtres en 2019-2020 et même 2020-2021…

Pour l’instant, nous ne savons rien (je ne me rappelle même pas du nom de notre ministre de la culture…peut-être a-t-il un rapport avec un vin alsacien. Non ! Les alsaciens.nes sont fiables et ont des têtes de bons.nes-vivant.e )
Comment et quand les salles de spectacles vont ouvrir à nouveau ? Pas d’idée…
Aucune visibilité sur les désirs du public, car le public n’est pas qu’une économie qui doit se remettre en marche…
Ce sont des personnes qui auront besoin d’être ensemble, de se toucher, de se parler, de s’embrasser.
 
Aussi j’ai envoyé dès le 21 avril une lettre à des « professionnel.les ».
Bien évidemment vous pouvez la lire, la partager à volonté !
Elle commence comme cela :
 
« Cher.es partenaires des circuits courts
Le Festival d’Avignon 2020 est annulé, mais le cœur du spectacle vivant bat encore !
Nous le savions déjà, nous l’espérions, mais devant cette situation exceptionnelle, il est maintenant urgent d’inventer de nouvelles façons de nous rencontrer pour pouvoir travailler ensemble.
Vous ne pourrez pas découvrir cet été COMMENT VIRGINIE D. A SAUVÉ MA VIE.
Alors COMMENT FAIRE ? »

Vous pouvez lire la suite ici
 
 ◊  ◊  ◊
 
MERCI de vos retours chaleureux ou choqués, de vos mots d'encouragements, doux et sincères et de votre enthousiasme pour cette lettre du dernier jour du mois.
Merci de ce lien : vous m’êtes précieuses et précieux ; ne changez rien !
 
 
 
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Confinement de création, ou pas ?

31 Mars 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

Tous les jours je pense à vous Léa, Célia, Philippe et les autres…
et vous dont je ne connais la profession.
Je pense à vous qui soignez. Je vous parle de suite car j’imagine
que vous n’irez pas loin dans cette lettre. Courage !
Même si ces pensées ne pèsent pas lourds face aux drames.
Sachez qu’elles sont bien là, à vos côtés.

 

Sinon :
Je n’ai pas besoin d’être avec une copine sur skype pour me prendre un apéro.
Je suis certaine que beaucoup de personnes vont moins se laver puisqu’elles restent chez elles.
Je pense aussi aux personnes qui ont du mal à se supporter, seule, ou avec les autres qui partagent leur toit.
Je n’ai pas envie d’apprendre le russe, ni d’écrire mon prochain spectacle.
J’ai décidé de me lâcher la grappe… euh… la chatte, la chatte sur un toit brûlant !
Il me reste toujours que des mains gauches en gants de ménage…toujours !
Je rentre du marché, deux hommes parlent à 1 mètre de distance : « Merde, il est confiné avec sa femme ? » Pourquoi Ducon, tu pensais que ce serait avec sa maîtresse ?
20 h : MERDE ! Arrêtez la marseillaise ! On ne s’entend plus applaudir.
Ne vous inquiétez pas…tout va redevenir comme avant. En pire !
Je n’ai pas le courage d’aller au bout de ma déprime.
Dans la même journée : je me suis bourrée la gueule sur skype et fais du yoga (toujours sur skype) ….je vous laisse devinez l’ordre !
 
Bref : Le confinement n'est pas une résidence de création

J’aurai aimé écrire cela

 et surtout, surtout, n’oubliez jamais

 
 

◊  ◊  ◊


PLAISIRS 
 
J'ai découvert, quand elle est venue à me manquer que l'affection m'étais nécessaire et que, comme l'air, on le respire sans le sentir.
Fernando Pessöa

Lire en ligne Chez soi de Mona Chollet
Le changement dans la façon d’habiter est temporel autant que spatial : les heures passées en ligne tendent à aplanir, à uniformiser le temps. Les journées où je n’ai pas réussi à m’arracher assez tôt à l’écran me paraissent plus courtes, comme si on me les avait volées. Je ne me détends plus aussi bien qu’à l’époque où je me laissais aller entre les bras de l’appartement, où je me laissais porter d’une pièce à l’autre en profitant des possibilités offertes par chacune, et où les rituels des jours de congé sculptaient le temps, l’organisaient, lui donnaient une profondeur, une sensorialité. Je n’ai plus cette impression, quand vient le moment de ressortir dans le monde, d’avoir été ailleurs, retranchée, inatteignable. Internet rend plus rare cette impression de dépaysement réparateur et enrichissant que les casaniers éprouvent dans leur propre intérieur. 

Revoir : MOLIÈRE ou la vie d'un honnête homme (1978)
Film écrit et mis en scène par Ariane Mnouchkine avec le Théâtre du Soleil. Décors de Guy-Claude François, costumes de Daniel Ogier, photographie de Bernard Zitzermann, musique originale de René Clémencic.
Même si je ne pense pas revoir ce film. Pourtant beaucoup de scènes magnifiques avec des comédiennes et comédiens au top de la délicatesse.
Mais cette scène, qui m’a soulevée le cœur lorsque je l’ai vu avec ma classe de collège au cinéma de Pont-de-Chéruy. Cette scène de repas où Molière fait comprendre à Madeleine Béjart qu’il en pince pour sa fille… et le consentement muet de Madeleine…
Aujourd’hui je pense aussi à ce que racontait Flavie Flament qui a été offerte (on peut le dire comme ça) par sa mère au photographe David Hamilton qui la violera de nombreuses fois…
Oui, je sais, je casse encore l’ambiance !
 
Durée : 244 mn


FÉMINISME

Cet article voudrait avancer un autre élément de réponse. Si l’on ne cherche pas particulièrement à « séparer la femme de l’artiste », c’est peut-être parce que c’est impossible : en tant que « femme » une écrivaine écrit dans des conditions matérielles précises, qui déterminent en partie l’œuvre qu’elle produit ; en tant que « femme » en plus, il y a des chances qu’elle soit lue et reçue de manière particulière, d’une façon différente des œuvres produites par des hommes. Dans ce sens, les femmes qui créent sont toujours autant « artistes » que « femmes », et de manière inséparable (comme leurs collègues masculins sont aussi à peu près inséparablement « artistes » et « hommes »).

 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

Alain Bashung – Immortels 

 
ET SINON, LE BOULOT ?
 
Festival d’Avignon ou pas, telle est la question….
 

 

 

Merci d’avoir pensé à prendre la photo !

 


Virginie D. est passée à travers les gouttes pour deux représentations :

  • Le 7 mars à Bagnols sur Cèze

Merci à toute l’équipe de la ville et celle du collectif Femmes du Monde grâce à vous la salle était pleine comme un œuf ! Il faut dire aussi que le spectacle était bien annoncé avec d’immenses affiches et des articles de presse dont celui-ci, salut sororel à Cécile Bodarwé pour cette interview : Et quelques réactions après le spectacle :
 
Bravo pour votre prestation. Continuez à résister longtemps, longtemps.
Pierre et Xavier
 
Un grand merci pour ce très beau spectacle engagé et dynamique et militant.
Marie
 
Magnifique ; ça donne du peps, fantastique.
Gisèle
 
On continue encore et toujours ! Merci de participer à la lutte de cette très belle manière.
Ghislaine
 
Une énergie débordante pour faire passer les messages. Bravo l’artiste.
Marie – Jo
 
On se lève et …on lutte !
Michèle
 
Merci de faire vivre la culture avec autant de talent et d’émotion.
Ghislaine
 
Nous avons passé une excellente soirée ; quel dynamisme, quel entrain. Nous sommes les hommes : on a bien compris le message.
Jean-Georges
 
Dur, dur de se faire pourrir, et en plus, payer…
Je rigole : quel spectacle, le jeu, la mise en scène, le discours auquel on ne peut qu’adhérer ! Bravo
Paulo
 
C’est très beau, c’est très bien, c’est très bon mais la prise de conscience est toujours dure aussi ! Continuons quand même !
Dominique
 

  • Le 8 mars au théâtre de la Porte Saint-Michel, une représentation plus intimiste (la jauge est de 49 et pas 250….) et aussi de très belles réactions :

 
Très belle énergie et votre humour vous sauve d’une situation ubuesque. Un grand merci !G
Pas encore si simple de résister au risque de passer pour une hystérique. Bravo de le dire, de témoigner encore et encore.
CM
 
Un spectacle très émouvant. J'ai découvert un nouvel aspect de la culture du viol et ça m'a bouleversé. Ça ne saurait résumer la pièce. A la fois intime et malheureusement encore universelle. Merci Corinne de votre courage, votre plume, votre humour et votre sincérité. Je vous souhaite une belle réussite à Avignon. Et que votre message soit largement diffusé et entendu. Le spectateur qui s'est levé 

Arsène Richard

Bravo pour ce bel engagement, pour cette belle performance, osée pudique et respectueuse ...
bouleversant, émouvant ...
Merci ! Camille Eya
 
Allez-y ! Spectacle salutaire !
Osez le Féminisme 84
 


Voilà les ami.es pour cette lettre mensuelle.
D’ici le mois prochain, surtout, prenez soin de vous.
Vive notre lien !
Amour et tendresse. Et courage aussi.
Corinne

 

 

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Faut pas chercher Coco bel œil, hé,hé,hé ! 😈😈

29 Février 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

Quelle chance que ce mois de février compte son maximum : 29 jours… j’aurais été en retard dans mon planning, il faut dire que j’ai pris le temps pour sortir de mon hiver.
Quelle chance aussi pour mes parents qui vont pouvoir fêter leur anniversaire de mariage un mois plein : 55 ans ! Cela laisse rêveuse… et me ramène loin !
 
Enfant, j’aimais les jeux de garçons. Bien sûr j’avais une poupée, j’ai fait de la danse classique, mais ce que je voulais par-dessus tout, c’était jouer avec eux, et même me bagarrer avec eux !
Comme les garçons, je trouvais les filles un peu gnangnan ; et puis jouer à la maîtresse alors qu’on sortait de classe, non merci ! J’étais si bien intégrée parmi eux qu’il m’est arrivé de me battre et que je me suis retrouvée avec un œil au beurre noir… J’en ai gardé le surnom de « Coco bel œil » dans la famille. Le pire, c’est que j’ai été punie ! J’ai dû faire des tours dans la cour de récréation. Punie pour m’être battue avec un garçon, quelle honte ! Le garçon n’a pas été puni… Cette punition, cette honte était tellement présente, que je me suis racontée une autre histoire : c’est moi qui ai blessé le garçon. C’est grâce au surnom que j’ai pu remettre l’histoire dans le bon sens…
Si je vous raconte tout cela, ce n’est pas pour vous faire partager un traumatisme enfantin, puisqu’il ne s’agit pas de cela. Mais pour vous faire partager deux choses :

  • La liberté que j’ai reçue de mon enfance. J’ai pu expérimenter l’extérieur, le mouvement, la vie… « comme un garçon » Merci donc à mes parents !
  • Cette punition m’a été infligée parce que j’étais une fille qui avait battu un garçon.

 
Je vous imagine en très de fredonner « Comme un garçon » …pourtant je ne suis « qu’une » fille. Autre chanson, autre époque. Et puis il faut se méfier ces chansons faussement féministes...
 

 


Donc enfant, je n’ai jamais eu d’injonction parentale de rester à ma place de fille. C’est certainement mon caractère, ma curiosité qui me poussait à me frotter à eux : en colonie de vacances en montagne, je n’arrivais pas loin des deux premiers en mini-vélo orange, et sans vitesse !
Aujourd’hui, lorsque je me demande ce qui fait de moi une femme, je pense à ma force, mon courage, mon endurance. Quand je songe à ce qui m’a permis de grandir, de surmonter les obstacles c’est bien évidemment ces traits de caractères qui se présentent. Plutôt que « d’interroger mon féminin » (expression un peu gnangnan, non ?) je pense à moi comme à une personne. Ce qui est sexué est de l’ordre de l’intime. Je suis toujours la même. Cette fille avec son mon mini-vélo, le visage rouge comme une pivoine, qui grimpe les cols des pré-Alpes derrière des garçons sur des vélos de course à double plateau.
 

◊  ◊  ◊


PLAISIRS 
 
Je cherche un peu ce mois… heureusement la lecture, sous la couette c’est de saison !
La couleur du bonheur – Wei-Wei - L’aube poche - Une relecture : la révolution chinoise du côté des femmes…
Je ne reverrai plus le monde – Ahmet Altan – Actes Sud – Textes de prison en Turquie. Juste magnifique.
Le fardeau des idoles – Tchinguiz Abdollaïev – L’aube – Un policier russe…impeccable
Nous sommes tous féministes – Chimamanda Ngozi Adiche – Folio – Surtout sa nouvelle sur le mari tout neuf : « les marieuses »
 
Et merci à mes prêteuses de livres préférées…
 

FÉMINISME

Vous avez vu ça, Le Larousse accusé de sexisme. En quatre exemples accablants :
Une maîtresse :
Un maître est celui qui commande ou qui est susceptible de faire école. La maîtresse, tout naturellement, est, selon le Larousse, une dame "avec laquelle un homme a des relations amoureuses et sexuelles en dehors du mariage".
Une guerrière :
Quand le "guerrier" est une "personne qui fait la guerre", la "guerrière" est une "jeune femme, qui revendique avec agressivité et violence sa place dans la société"...
Une boulangère :
Comment définissez-vous une boulangère, ou une bouchère ? Selon le Larousse, elle n’est pas la "personne qui fabrique ou vend du pain" ou "de la viande", mais "la femme d’un boulanger ou d’un boucher, qui travaille à la boutique".
Une présidente :
Qu’est-ce qu’une "présidente" ? Non, ce n’est pas "une personne qui préside une assemblée, une réunion, un tribunal", mais la "femme d’un président".
Larousse a précisé à BFMTV et au Parisien que les équipes travaillaient actuellement sur l’édition 2021 du dictionnaire sans réagir à la polémique.
 
Restons dans les livres, mais là c’est une bonne nouvelle puisque les éditions Des femmes - Antoinette Fouque, publient trois titres, en poche. En librairie ce 13 février, les ouvrages marquent une rupture graphique, affichant un code couleur très fort, pour ces essais féministes venue d'Amérique du Nord.
https://www.actualitte.com/article/monde-edition/les-classiques-du-feminisme-americain-maintenant-en-poche/99228
 
CLAIR :
Beaucoup d’artistes ont confondu, ou voulu confondre le jeu sexuel et l’agression. Le débat s’est positionné sur la question de la liberté d’importuner, et sur le prétendu puritanisme des féministes. Alors qu’une agression sexuelle est une agression, pas une pratique libertine. ADÈLE HAENEL




CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
L’impression de chaleur et de délivrance qui m’envahit à ces pensées me confirma que j’avais découvert quelque chose de sensé. Je fermai les yeux et me vis courir au milieu du blé, tremblante comme une enfant de sept, huit ans. Cette sortie m’avait fait grandir, à condition de toujours garder à l’esprit que cette enfant, avec ses peurs inconsidérées, pouvait être ressuscitée en moi par un regard, un mur, une lumière, un visage. Et avec sa terreur mener à la ruine tous mes plans et ma santé de fille de dix-huit ans. Dans trois jours, non deux, je serais Princesse, même si cela comportait… Si du moins il pouvait en être comme l’avait dit Carmela !
Goliarda Sapienza
L’Art de la joie
Le Tripode

 

ET SINON, LE BOULOT ?
 
Un spectacle décapant pour la Journée internationale des femmes
COMMENT VIRGINIE D. A SAUVÉ MA VIE

La lecture du King Kong théorie de Virginie Despentes, il y a près de dix ans maintenant, m’a réellement sauvé la vie. 
J’espère que l’écriture de ce texte (puis ses représentations puisque j’écris bien pour la scène) fera que des femmes entendent leur voix, qu’elles se rapprochent et osent prendre les chemins de leur liberté. J’écris aussi dans l’espoir de sauver de la violence les jeunes hommes, pour bouleverser les plus âgés quant à la vie qu’ils mènent parfois à leur compagne, à leurs sœurs, leurs amies, leurs filles. 
Ce spectacle prend en compte l’engagement physique de la comédienne. On dit couramment qu’un texte prend corps. Avec ce texte, je prends au corps la violence faite aux femmes en y engageant pleinement le mien
 
________________________________________________________________ 
 

2 RENDEZ-VOUS :
Chaque représentation sera suivie d’un échange avec le public 
 

7 mars : Bagnols-sur-Cèze (30) à 21h 
Dans le cadre du festival « Femmes du Monde »
Salle multiculturelle - Rue racine 30200 Bagnols sur Ceze 
Billetterie
 

8 mars : Avignon (84) à 18h 
Dans le cadre de La Journée internationale des femmes
Théâtre de la porte Saint-Michel 23 Rue Saint-Michel, 84000 Avignon 
Billetterie
 
 
Au plaisir de vous y croiser, peut-être.
Olé !

 

 

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La chance c’est quand la préparation rencontre l’opportunité… Je suis prête ! 😇😇😇

31 Janvier 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Corinne Merle, #CoMe Prod, #Lettre du dernier jour du mois



La lettre du dernier jour du mois #13
JANVIER 2020

Voilà, c’est fait…
L’espèce d’arbre à bijou que j’avais installé en guise de sapin est démonté. C’était joli et original, sans les aiguilles mais sans l’odeur…
J’ai fait des galettes à la noisette, la première loupée (à force de descendre la quantité de sucre je me suis retrouvée à ajouter du miel entre ma pâte feuilletée maison et la garniture…), mais la deuxième était parfaite.
Sinon, c’était bien chouette de vous embrasser, de vous souhaiter une année lumineuse et douce, et pour celles et ceux que je n’ai pas croisé j’en profite pour le faire aujourd’hui en ce dernier jour de mois…
 
Comme le temps passe vite en votre compagnie, et comme c’est bon de vous retrouver tous les mois. Merci de vos mots, vos réactions, vos partages.
Lorsque je commence à écrire, comme maintenant, je vois vos visages, vos sourires, j’entends vos voix. J’ai le sentiment de tisser, avec ses mots, de fortes relations avec chacune et chacun. Ce tissage (je ne trouve pas d’autre mot pour traduire ce que je tente de faire ici) est subtil et profond. Il m’aide aussi à me construire avec vous, grâce à vous. Et vous savez quoi, ça fait pile poil un an que je vous écris tous les jours du dernier jour du mois. J’en rosis d’émotion !

 


 

◊  ◊  ◊



PLAISIRS
J’adore cet anti-manuel de la philosophie ! Le dé-tricotage de cette injonction de sourire m’a rempli d’aise. Essayez


FÉMINISME

Encore une qui prend la parole magistralement : Vanessa Springora
Ce nouveau siècle changera-t-il la donne jusqu’à considérer le consentement d’un mineur comme insuffisant dans la défense d’un pédophile ? Dans son livre, Vanessa Springora ne nie pas qu’elle tombe amoureuse. En fille sans père, elle projette son œdipe sur le quinqua célèbre… qui la dévore.
Mais le consentement s’éduque, rappelle la sociologue Eléonore Lepinard. « … si on a ses premières expériences avec quelqu’un de son âge, il y a plus de chance que cette personne soit dans la même situation d’apprentissage, alors que la différence d’âge accroît la possibilité d’être face à quelqu’un imposant son emprise. On veut trop souvent croire que le sexe est la rencontre insouciante de deux organes génitaux, mais il y a une indéniable dimension de pouvoir dans la sexualité : le plus riche, plus fort, plus vieux a un ascendant évident. » Au « contentement » historique des hommes, Vanessa Springora oppose magistralement aujourd’hui Le Consentement. Et montre comment le sien n’avait rien d’éclairé.

 


CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté ;
Et que rien, ni le temps, d’autres amours, ni l’âge,
N’empêcheront jamais que vous ayez été.

Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que ce lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.

Vous ne saurez jamais que j’emporte votre âme
Comme une lampe d’or qui m’éclaire en marchant ;
Qu’un peu de votre voix a passé dans mon chant.

Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme,
M’instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

Marguerite Yourcenar

 

ET SINON, LE BOULOT ?

COMMENT VIRGINIE D. A SAUVÉ MA VIE est programmée dans le cadre du festival  Femmes du Monde  le 7 mars à Bagnols-sur-Cèze (30) à 21h
Salle multiculturelle - Rue racine 30200 Bagnols sur Cèze


BILLETTERIE


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Voici le bilan de cette année écoulé : très, très fière !
 
Janvier
C’était un mois très administratif… des budgets, des bilans financiers, un renouvellement des licences d’entrepreneur de spectacle.
C’est aussi la première lettre du dernier jour du mois et une première réunion pour organiser le festival.
  
Février
Nous avons tenu notre assemblée générale : c’est toujours un plaisir de nous retrouver et aussi de travailler ensemble.
Je commence à poster des vidéos sur ma chaîne YouTube, c’est perfectible bien sûr, je n’arrive pas à en produire une par mois.
Si cela vous amuse de jeter un œil c’est par ici
De l’administratif pour le festival : le contrat avec le théâtre Arto, la protection de l’œuvre avec la SACD, la confirmation d’un OverAct.
  
Mars
La préparation du festival d’Avignon s’intensifie : il faut penser à la billetterie, aux textes du programme. Et aussi travailler aux visuels : affiches et tracts. Heureusement nous avons une super graphiste : Barbara Wagner !

Avril
Je lance la campagne de don pour le festival : merci à vous d’avoir été à nos côtés, sans vous rien n’aurait été possible. Alors vraiment merci à chacune et chacun de vous.
Je fais des listes : les choses à penser à apporter à Avignon (il ne faudrait pas oublier les billets par exemple). J’organise le transport du décor et je fais de la communication, en direction des associations : bref je commence à faire monter la mayonnaise.
Ah, oui, j’ai trouvé une petite maison, en dehors des remparts : j’espère que nous y serons bien avec François Jenny qui oh, immense joie, a dit oui à Virginie D. pour tout le mois !
 
Mai
J’organise la rencontre qui se tiendra le 17 juillet sur le thème : « Il est urgent de programmer des spectacles de créatrices » Merci aux intervenantes et intervenants.
Je continue à travailler aux vidéos sur Youtube et commence à trouver un ton…
Et travaille en direction de la presse (pas facile, les journalistes sont intouchables !)

Juin
C’est le début des répétions avec François et Luc Jenny. C’est aussi le moment de repeindre le décor…ça se précise.
Je fais un aller-retour à Avignon pour déposer des affiches et chance, je peux même voir le théâtre, la salle : l’excitation monte d’un cran, c’est bon de revoir cette ville que j’aime tant.
Et je fais des mailings à la presse, aux professionnels, aux contacts féministes, à vous aussi…
 Je n’oublie pas de prendre rendez-vous avec mon kiné préféré qui m’entoure comme une athlète de haut niveau (sans lui, ce serait beaucoup plus difficile).
Grâce à Christine Marquaire j’ai de jolies nouvelles photos.
 
Juillet
On y est ! Il n’a a plus qu’à jouer, tracter. Profiter du plaisir des rencontres et des échanges. Et tous les jours se remettre en question, travailler avec François Jenny pour que le spectacle devienne de plus en plus fort (reconnaissance éternelle à lui).
Retour en image ici

Août 
Les vacances : dormir, manger, se baigner, lire, la famille : oh joie !

Septembre
La douce mélancolie du mois de septembre…et le plaisir de retrouver les amies et amis après deux mois d’absence.
Reprendre aussi les cours de yoga.
J’ai une déconvenue concernant une programmation parisienne, être maltraitée de la sorte me déprime. Mais je survie… à des piratages de mes comptes FB, Linkedin, et Orange : Ouf !

Octobre
Nous préparons avec François et Luc Jenny les représentations de novembre, Barbara Wagner met à jour le visuel.
Je décide d’envoyer des courriers postaux aux responsables de programmation de la région de La Souterraine, et relance le journal La Montagne.
 
Novembre
Les représentations sont intenses, les échanges que nous avons aussi.
Au centre Yves Furet à la Souterraine le 21, le Collectif Féministe Éphémère de la Creuse. Des affiches ont été placardées sur les vitrines de certains commerces de la ville et une installation très percutante a pris place à l’entrée du centre : "
Si tout va bien, dans 12 féminicides c'est noël" 

Toujours à la suite du spectacle un article dans LA MONTAGNE : « C’est un vrai problème de société » 

Et un autre quelques jours après : « Un spectacle sincère, fort, émouvant et libérateur » LA MONTAGNE

À Cergy le 25,  la représentation organisée par l’association Du côté des femmes a été exceptionnelle : les femmes en lutte étaient présentes et elles vibraient à l’unisson avec Virginie D. A l’issue du spectacle elles ont apporté leur témoignage poignant. Vive leur force, leur courage et bravo à cette association qui se bat à leur côté.
J’en profite pour remercier Luc Jenny, qui a fait des miracles il a transformé la salle d’exposition en théâtre, voir en salle de concert !

Décembre
Je poste une vidéo,
comme un journal en image
Oui, je tente de faire fructifier le mois de novembre avant de basculer dans 2020…
 
 
 
Les jours rallongent, profitez-en vous pour lever la tête, et sourire… enfin juste si vous en avez envie !
A très bientôt...
Corinne

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Cergy le 25 novembre 2019



 

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Une année se termine mais le combat continue de plus belle !😈😈😈

31 Décembre 2019 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

La lettre du dernier jour du mois #12
DÉCEMBRE

Je ne sais pas si vous lirez cette lettre le dernier jour de 2019, ou en 2020, je ne sais pas si vous la lisez sur votre ordinateur au bureau, chez vous, sur votre smartphone, en buvant un thé, un verre de vin, en diagonale, en souriant… j’aime à vous imaginer.
 
Pour vous faire partager une de mes journées idéales (celle que j’ai passée à La Souterraine avec Virginie D. et d’autres) voici un montage d’images, de sons. Comme un journal animé, je crois que cela a un nom chez les personnes branchées, un « vlog ».
Le voici.
Vous pouvez ajouter des pouces en l’air, des commentaires et même vous abonner à ma chaîne : on n’arrête pas le progrès !
 
Sinon, comme vous j’imagine, j’ai adapté mon emploi du temps : le temps de transport pour me rendre à mon studio de yoga préféré étant trop long, j’ai tenté avec Adrienne de faire une séance de yoga par jour. Qu’est-ce que c’est pratique le yoga !  On peut vraiment faire ça n’importe où : il suffit d’un tapis. Je vous conseille ce « challenge » d’un mois. Je vous parle en connaissance de cause ; j’en suis aujourd’hui au 21ème jour et à part une petite chute sur le coude droit (j’ai inversé une torsion debout : c’était le 24 décembre et le vin était bon) tout se passe bien. Pas de souci pour les moins avancé.es, elle adapte les postures. Pas de souci non plus pour l’anglais : il suffit d’être bien aligné.es !

 
NAMASTÉ 

 

 

◊  ◊  ◊



PLAISIRS

Un beau duo : Izïa, Dominique A - Esseulés (session live) 

J’ai écouté Ariane Mnouchkine parler de Molière "J'avais envie que les gens se régalent pendant 4 heures" et j’ai eu une nouvelle fois envie de me régaler…


FÉMINISME : 

Ah, elle je l’aime, quelle plume et quelle tête surtout …
Si comme moi vous attendiez enfin l’article qui disait pour vous ce que vous pensiez de la « misère sexuelle » lisez cette chronique rafraîchissante de Maïa Mazaurette
« Comment parler de misère sexuelle, quand le soulagement sexuel est une ressource dont toutes les personnes valides disposent en quantité infinie ? »


CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

« J’ai toujours aimé les femmes bizarres, les folles, les solitaires, les moches aux yeux des autres, les addictes. Les énervées, les passionnées, imprévisibles. J’ai toujours aimé les femmes au tempérament détestable, les obsessionnelles, les dépressives. Les cinglées. Créatives. Les beautés étranges. J’ai toujours aimé celles qui n’aimaient pas l’amour ou qui en avaient peur. Les déraisonnées, les « mal faites ». Les naïves. Les lectrices. Celles qui pensent parfois à la mort (parce qu’on ne peut aimer profondément la vie sans). Celles en qui quelque chose ne tourne pas rond. Les complexes, complexées, fissurées. Les oubliées, mises de côté. Troublées, esseulées, aux goûts enchevêtrés. Qui croient dur comme fer en leur « truc ». Les trop fragiles pour ce monde. Perdues. Multiples. Contradictoires. Les exilées sur terre. Assombries. Talentueuses. Chanceuses infortunées. Suicidées passives. Incomprises. Les « dans leur monde ». Fainéantes, frénétiques par intermittences. Mystiques. J’aime celles qui sont prises pour des ratées, folles à lier ou illuminées. Celles qu’auparavant on brûlait pour sorcellerie. Les à-côté de la plaque. Celles qui vont tout au bout de leurs mirages, jusqu’à les rendre vrais. Mystifiées. Confuses. Fidèles à elles-mêmes. À leur déraison.
Par amour du différent, de ce qui subsiste parfois de vitalité, de souffle naïf, tout au fond des êtres et qui n’est pas perdu. Cette despotique rébellion, cet intime tumulte. Ces êtres en qui la déshumanisation n’a pas pu terminer son travail morbide. En qui ça a cloché. Celles en qui quelque chose de l’enfance est resté qui ne veut pas mourir.
Les poétesses. Et ce mot n’est pas léger en moi.
J’aime pour toujours. Celles qui ne sont pas l’ordinaire. Qui ne sont pas la conformité. Je les trouve magnifiques. 
»

François Corvo - Les vivantes.

(ça fait du bien hein ?)
 

ET SINON, LE BOULOT ?

Mon travail, je ne pourrais le faire sans vous, mes partenaires de cœur, et aujourd’hui, dernier jour du mois et de l’année, je pense tout particulièrement à vous.  MERCI :
 
Nelly Bacri, Serge Bodenheimer, Emmanuelle et Alain Bonnet, Arielle Castellan, Jean-Yves Doncieux, Alexandre Frémiot, Sabine Gaudissart, Anne Girardin, Consuela Gold, Christine Le Serbon, Morgane Lombard, Christine Marquaire, Marion Moussier, Laure Pourageaud, Valérie Schlee, Nathalie Sinavong, et les anonymes….
 
Bien sûr les dons sont toujours possibles, hé, hé, hé...
 
 
Voici un extrait des débats qui se sont tenus à La Souterraine, et j’avais envie de vous faire cadeau d’un bel exemple de mansplaining dont je vous parlais le mois dernier (concept popularisé par les féministes américaines dans les années 2010 qui désigne une situation où un homme expliquerait à une femme quelque chose qu'elle sait déjà, sur un ton généralement paternaliste ou condescendant.)
 
 

Julie, lycéenne, nous avait expliqué son agression alors qu’elle se rendait en cours pour la première fois. 
Je prends la parole :
Il faudrait vraiment que les hommes, vous viviez dans notre peau, même une journée, pour voir si c’est une agression. Qu’on ait 15 ans et demi ou 55 ans (même si on a plus d’expérience) c’est une agression. Ce n’est pas juste du badinage. Si cela fait peur, c’est bien agressif, et donc c’est une agression. Les hommes ça ne vous arrivent jamais qu’une voiture s’arrête et qu’on vous dise « Tu es charmant toi »
 
Un homme (évidemment) me coupe la parole, et ce n’est pas la première fois en disant : « j’aimerais bien qu’on me le dise, moi que je suis charmant… »
 
Agnès Zeppa – Déléguée Droits des Femmes de la Creuse
Je vais réagir parce que je comprends ce que vous dites, je comprends que vous puissiez penser cela. Si c’était entre 2 adultes du même âge… (Nouvelle interruption de l’homme) je termine juste ma phrase, dans un bar, un homme dit à une femme « tu es charmante », elle lui dit « merci mais franchement, je ne suis pas intéressée, au revoir » : ça très bien. Par contre là on a affaire à une jeune femme (elle nous a dit qu’elle allait au lycée : elle est probablement mineure). Un homme s’arrête, il est probablement majeur, et commence à lui dire « tu es charmante ». Elle est seule dans la rue … (Nouvelle interruption de l’homme). Cela s’appelle du harcèlement et potentiellement, c’est interdit par la loi… (Nouvelle interruption de l’homme) Et après, hormis l’âge, c’est à chaque fois la situation d’être répétitif, vous (à l’homme qui interrompt) vous ne l’avez pas vécu, mais nous nous l’avons toute vécu. On passe en trois répliques à « t’es charmante » à « t’es qu’une salope », avec une transition rapide « quoi, tu veux pas ? ». En fait, on l’a vécu d’une façon répétitive, et je peux vous dire que l’on repère immédiatement la différence. Aujourd’hui c’est la grande question, on dit : on peut plus draguer une femme. Mais bien sûr que oui les hommes peuvent draguer, les femmes aussi peuvent draguer les hommes, cela peut aller dans les deux sens, pas de souci.
Quand on est sur un pied d’égalité, quand on est en sécurité, quand il n’y a pas d’ascendant sur l’autre en raison de sa position sociale, de son âge (il y a beaucoup de critères qui rentrent en ligne de compte, à chaque fois, dans chaque situation ! ) Effectivement la drague peut exister, mais je vous garantis que quand on est une femme, et qu’on l’a vécu, on voit immédiatement la différence entre drague et harcèlement.
 
Remarque : la dame à côté du monsieur qui interrompait tout le temps se faisait toute petite.
Encore des remarques : c’est ce même homme qui a pris la parole (sans micro, tellement il était pressé de parler au tout début de la discussion et à deux reprises : tout d’abord pour me suggérer de rajouter des citations de femmes dans mon spectacle – dommage, cela n’a pas été enregistré, non, je blague- et ensuite pour me dire que franchement, il ne comprenait pas pourquoi je ne parlais pas de la surcharge mentale des femmes…. C’était au début de l’échange, je venais juste de jouer le spectacle et j’avoue que les bras m’en sont tombés et je lui aurai bien dit « Ta gueule » comme dans le spectacle. Bref…
 
 
Je vous souhaite une magnifique fin d’année et je vous dis en 2020 pour de nouvelles aventures !
 

 




 

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