livre
Du haut de la montagne📮📮📮
Je suis au paradis dans les montagnes des Alpes du sud, je découvre le Queyras (à prononcer sans le « S » sinon on repère la parisienne !)
Merci pour les balades dans les alpages, pour l’arrivée sur le plateau de haute altitude qui m’a évoqué des images du Tibet (à moins que ce ne soit l’influence du badge d’Alexandra David-Nel épinglé sur mon sac à dos). Merci pour la nuée de petits papillons bleus qui m’ont entourés au bord du ruisseau, merci pour cette eau si pure qui me transmet une joie que je reconnais comme ancienne : je ne suis plus au 21ème siècle…sûrement une farce des ondines.
Merci pour le yoga que je pratique entourée de montagnes et de chouettes personnes.
Merci pour les rires.
En résumé : merci pour le cadeau, ma sœur.
Mais aussi, les montagnes qui ressemblaient à des volcans sur notre route.
Pas de flamme, la végétation se consumait.
À bonne distance nous l’avons longé.
Nous l’avons su plus tard : rien à faire, le terrain est impraticable, sans habitation.
Juste espérer que le vent ne tourne pas.
Ici, dans ce refuge et le frais tout relatif pour l’attitude, je pense à ces personnes qui luttent contre les flammes, et à celles qui perdent leur vie, leur maison.
Je pense aussi aux personnes qui souffrent des canicules successives sans avoir d’autre choix que de subir.
Grande tristesse.
Colère aussi.
Je vous laisse, je vais aller déplier mon tapis face à ces belles montagnes.
Chanter les 3 « om »
Me plonger dans la pratique et visiter ma montagne à moi.
Je pense à vous et vous espère en sécurité.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À … CLÉOPÂTRE !
ANNE DUFOURMANTELLE
Elle est décédée un 21 juillet, morte en sauvant deux enfants de la noyade à Ramatuelle en 2017.
Ces livres sont des portes ouvertes sur la psychanalyse de manière très simple : à rebours de notre époque de recettes, de méthodes et de protocoles, les « how to » comme elle les appelait, ces outils de servitude volontaire qu’elle conchiait avec l’élégance qui la caractérisait. Pourquoi est-elle aussi aimée des années après son décès ?
Est-ce sa beauté ? L’aura tragique que lui confère sa fin comme une mise en acte de sa pensée ?
Lisez-la.
Pour la puissance de vie.
INSPIRATIONS
Je ne la connaissais pas, pas besoin de vous l’avouer. Elle m’a séduite dans le métro : de grandes et belles affiches. J’avais tout le temps de m’approcher de son univers dans les couloirs de Franklin Roosevelt. J’étais attirée, happée, par les couleurs, ses personnages étranges, certains comme en lévitation.
Par une écrasante journée de canicule, j’ai retrouvé l’amie à laquelle je pensais pour partager cette expo et nous sommes tombées sous le charme de Leonora Carrington
Et si vous avez envie de pousser plus loin voici ses sublimes tarots
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Et pour reprendre un bol de joie, vous me prendrez bien un « Pollen » de 2005 … Higelin pour la vie : www.youtube.com/watch?v=CEcR-6_tCe4
LECTURE
Vive les polards d’été !
7m2 Jussi Adler Olsen (Le livre de poche) ++
Fin de saga policière / Machination / Danemark / beaucoup de personnages
Or noir Dominique Manotti (folio)
Marseille années 70-80/ Trafic de pétrole / Policier et victime gay / Beaucoup de chiffres
Justice divine Hjorth & Rosenfeldt (Babel Noir) ++++
Personnage psychologue policier dépressif et manipulateur / Vengeance /
ET SINON, LE BOULOT ?
J’ai passé un casting … ils recherchaient une sénior avec une forte personnalité et un fort potentiel comédie, merci beaucoup d’avoir pensé à moi.
Le descriptif m’a fait sourire : solaire, extravagante MAIS jamais agaçante.
Un look coloré, un peu excentrique, MAIS pas trop fort non plus. Genre « Jennifer Coolidge ».
Comme elle ne m’avait pas été présentée (c’est ce que dit mon père quand on lui parle d’une personne qu’il ne connait pas) je me suis renseignée sur cette dame, car il me fallait m’inspirer de ses mimiques. Alors j’ai regardé des extraits de ces apparitions et j’ai trouvé que son visage ne bougeait pas beaucoup. J’étais dubitative. J’ai tenté quelques expressions devant mon ordi et envoyé tout ça.
Je ne suis peut-être pas assez colorée, ni extravagante ou trop naturelle. Bref, je n’ai pas été prise.
Et maintenant grève des confiseuses ….
Générique
#Anne Dufourmantelle
#Leonora Carrington
# Jennifer Coolidge
@ Higelin
# Jussi Adler Olsen
# Dominique Manotti
# Hjorth & Rosenfeldt
# Jennifer Coolidge
Amère revanche 🦹♀️🦹♀️🦹♀️
La lettre du dernier jour du mois # 90 Juin 2026
C'était plus qu'une intuition, un raisonnement basique : sans la nature vivante, l'espèce humaine serait menacée. Sans sa protection, nous n'aurions pas d'avenir.
Alliée à une sensibilité précoce pour la justice, donc pour une égalité femmes/hommes, en ajoutant les rencontres avec les violences masculines... je me suis bricolée mon écoféminisme. Avec mon esprit synthétique, je disais : les deux sujets principaux sont l'écologie et le féminisme. C'est simple, si on ne résout pas la crise écologique, on meurt, si les hommes continuent de tuer, de violer, pareil. Bon c'était peut-être un peu radical, cela manquait un peu de développement.
Écoféminisme
C'est bien plus tard que j'ai mis ce mot sur mes convictions.
J'ai lu "Rêver l'obscur" de Starhawk (femmes, magie et politique : quel programme...) puis "L'Amazone verte" d'Élise Thiébaut. C'est Françoise d’Eaubonne, qui, dès 1974, invitait à « une révolution écoféministe » pour dénoncer la double exploitation des femmes et de la nature. C'est elle qui est à l'origine du mot.
Depuis, les déclinaisons se sont multipliées : spirituelles, matérialistes, décoloniales. Mais une conviction demeure : les systèmes de domination, patriarcat, capitalisme, extractivisme, racisme… puisent à la même source. (Déjà Olympe de Gouges 1748-1793 se battait pour l'égalité des femmes et l'abolition de l'esclavage)
Aujourd'hui, alors que nous avons déjà vécu deux canicules ce dernier jour du mois, je ne peux m'empêcher de penser aux réactions que j'ai essuyées. Mais s'il n'y avait que moi... Réapparaissent comme par magie les alertes qui datent de 45 ans. Et je me souviens d'Haroun Tazieff, si si, je vous assure.https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/45-ans-alerte-rechauffement-climat
Et je ne vis pas sous les toits, je ne travaille pas dehors et ne suis pas obligée de prendre les transports en ce moment. Si j'écume, c'est de rage.
Je ne suis pas heureuse d'avoir eu raison, ce n'est pas une revanche de mon raisonnement lapidaire.
Je suis en rage et en panique parce que rien ne bouge.
Ah si, le budget pour le développement de l'IA.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Évidemment, on va nous ressortir « Étienne », ce tube insolent qui a fini par masquer tout le reste. Pourtant, Guesch Patti était bien plus qu'une chanson : une allure, un mystère, une sophistication rare dans la variété française.
Patricia Porrasse, dite Guesch, dite Patti, danseuse, chorégraphe, comédienne et chanteuse, est morte à 80 ans dans la nuit du 21 juin 2026. Elle n'était pas un tube. Elle n'était pas un clip. Elle était une artiste totale, une femme entière, et il est plus que temps qu'on lui rende cette justice.
Cette Marquise, hop, m'hypnotise (Guesch Patti "La Marquise" - Blonde 1995)
INSPIRATIONS
Arundhati Roy
L’écrivaine rebelle de l'Inde
Trente ans après la parution du premier roman qui l’a rendue célèbre dans le monde entier, l’écrivaine indienne revient au récit autobiographique en se confrontant à l’histoire de sa mère, une éminente féministe à la fibre maternelle défaillante.
Brigitte Fontaine et... Jacques Higelin
“Réveillez les vivants !”
LECTURE
Fille de cendre Ilaria Tuti (pocket) +++
Femme commissaire alzheimer / 27 ans avant / tueur en série / liens entre eux
Hamnet Maggie O'Farrell (10/18) ++++
Frère-soeur jumeaux / Épouse de Shakespeare/ Femme nature / Connection
Combats et métamorphoses d'une femme Édouard Louis (Points) ++++
"Je venais de comprendre, un fils face à sa mère, même s'il est fils, reste un homme face à une femme" / Sa mère / Son rejet pour s'en sortir / Leur retrouvailles
FÉMINISME
Trois semaines d’intenses mobilisations citoyennes des associations féministes et enfantistes. Le Premier ministre annonce l’examen prochain de la loi intégrale contre les violences sexuelles. Mais ...
La mobilisation ne faiblit pas : vous pouvez signer ici la pétition pour atteindre les 500 000 signatures : loi-integrale.fr et marcher le 4 juillet à Bastille, 15h pour la Grande Marche Citoyenne.
"Les masculinismes d’aujourd’hui ne sont pas qu’une simple "tendance" sur les réseaux sociaux. Ils constituent un mouvement social et politique qui vise à anéantir les droits des femmes et, in fine, à démanteler notre socle démocratique.
Pour combattre le poison des masculinismes et protéger les enfants, la délégation formule une vingtaine de recommandations autour de quatre grands axes : faire de la lutte contre les masculinismes un enjeu majeur de politique publique, réguler et assainir l’espace numérique, repérer et prévenir les trajectoires de radicalisation, réveiller les consciences en mobilisant l’ensemble de la société."
Trois femmes en trente ans à la tête de la huitième plus grande ville de France
Claire Thoury est la première femme à prendre la tête du Conseil économique, social et environnemental.
ET SINON, LE BOULOT ?
Wouah ! Qu'est-ce que c'était bon.
Le solo que j'ai donné 4 fois aux Pianos à Montreuil à l'occasion du salon organisé par Paye ton Pinard "On lève son verre et on se casse" a été très bien accueilli. Vraiment. Merci beaucoup pour votre présence, votre écoute active (même dans la chaleur) et pour vos mots :
Merci. Tu fais du bien et c'est beau un corps de femme de 61 ans.
Charles
BRAVA. De l'audace, du discours, de l'humour et de la militance. Merci.
Serge
Félicitations pour ce sororitexte ! Les rappels sont plus qu'utiles et vitaux. "Ni la terre, ni le corps des femmes ne sont des territoires de conquêtes"
Odeal
Courageuse, Résistante et pleine de féminité autant qu'emplie de féminisme. Ça peut ne pas plaire à tout le monde. Mais il y a des maux qu'il faut dire et dénoncer.
Marie-Lou
Une femme, seule, sur scène, déjà, juste ça, c'est gagné. Bravo ! Merci pour le rappel et les citations de Virginie W.
Chère Corinne, merci pour l'énergie, merci de nous faire cogiter, tu es nos filles, nos amies, tu es nous toutes. Bises sororales.
Valérie G.
Merci encore pour ce show inspirant.
Laurine
Merci pour cette balade du rire aux larmes, à l'admiration au respect et à l'inspiration. Vous êtes un exemple.
Camille
Et maintenant, que vais-je faire de tout ça ?
Ce solo peut se jouer partout, il suffit d'un espace pour le public (avec de quoi s'asseoir) et d'un espace pour le jeu avec une table et une chaise. Je m'occupe du reste.
Ce solo est pour tous les publics.
Maintenant j'ai besoin de vous !
- Si vous connaissez des personnes qui accueillent du théâtre à domicile (ou si vous souhaitez commencer...)
- Si vous êtes en relation avec des associations, des comités d'entreprises, des écoles...
- Si vous avez d'autres idées...
Évidemment je ne suis pas contre jouer sur une scène !
Voici la page du solo
Et aussi merci
Pour vos photos : Chantal Théolas, Maxime Massa et Émile Mougeot
Pour la captation : Barbara Merle
Au plaisir de vous lire
Corinne
Générique
@Starhawk
@ÉliseThiébaut
#Françoised’Eaubonne
#OlympedeGouges
#HarounTazieff
@GueschPatti
@VanessaParadis
#ArundhatiRoy
@BrigitteFontaine
@JacquesHigelin
#IlariaTuti
#MaggieO'Farrell
@ÉdouardLouis
@AndréaBescond
@ Claire Thoury
@ChantalThéolas
@MaximeMassa
@ÉmileMougeot
@BarbaraMerle
Je comprends enfin ce que j'ai voulu dire.... 💃💃💃
Je vous rassure : l'océan était bien au rendez-vous. Je m'y suis trempée une première fois, et baignée la deuxième. Comme c'était bon. Comme je me sentais vivante.
Avec une de mes amies nous étions seules dans l'eau, seules au monde. La troisième nous regardait au sec avec les serviettes toutes prêtes pour notre sortie de bain. Il faut dire que pour une Corse, c'était frisquet.
Comme vous le voyez sur la photo, j'ai lu aussi : amies, lectures, océan, crustacés : le bonheur !
Puis une semaine chez mes parents, un autre rythme, d'autres bonheurs.
En rentrant il me restait 10 jours pour mon solo... j'ai redécouvert mon texte et j'ai eu une belle surprise qui m'a troublée : je comprenais enfin ce que je voulais dire.
Sans les extraits de King Kong théorie, j'entendais enfin mes mots.
Sans le paravent de Virginie Despentes, qui m'a permis de comprendre, d'assumer (c'est aussi un paratonnerre cet essai pour moi) mes mots devenaient limpides, une rivière qui m'embarque.
Sans risque.
Et je peux jouer.
Libre.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
En 1976, une jeune chercheuse indépendante, Shere Hite, publiait un rapport révolutionnaire sur la sexualité des femmes. Portrait d’une flamboyante pionnière injustement oubliée. Je me souviens que ce rapport était caché au fond de l'armoire et que ma mère en parlait avec des étoiles dans les yeux...
https://www.arte.tv/fr/videos/120069-000-A/la-sexualite-devoilee-le-rapport-hite/
RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE ! (bis)
Huguette Bouchardeau : avec une carrière politique ancrée à gauche et marquée par le féminisme, il y avait dans la vie de la candidate à l’élection présidentielle de 1981 quelque chose de profondément estimable. Un texte de François Sureau.
INSPIRATIONS
Marguerite Duras revient sur ses voix qui lui parlent et l'aident à trouver l'inspiration quand elle écrit. Elle marche sur la plage au bord de la mer. En voix off, elle parle de l'écriture, du vécu qui hante...
Et puis lui, bien sûr, source d'énergie et d'inspiration. Lui qui disait pour se remonter le moral "La vie est dure, manquerait plus qu'elle soit molle". Un best of Jacques Higelin, avec l'INA. Il me manque tout de même une "Marche du siècle" mémorable....
LECTURE
Il reste toujours quelque chose en soi, en vous, que la société n'a pas atteint, d'inviolable, d'impénétrable et de décisif. Marguerite Duras (bis)
Toutes les vies Rebecca Warrior (Stock roman) +++++
Auto-fiction / Cancer / Couple / Vivre avec la maladie, la mort / DJ
Soeurs Bernard Minnier (Pocket) +++
Policier : Affaire non résolue /Meurtre de 2 soeurs / Auteur passionné / Serpent
Désorientale Négar Djavadi (Lilianne Levi piccolo) ++++
Iran / France / Belgique / Choc des cultures / Rock / Déracinée / oncle n° 1-2-3-4 ... !
FÉMINISME
En 1936, Léon Blum nomme, pour la première fois, trois femmes à des postes de secrétaires d’État : Suzanne Lacore à la protection de l’enfance, Cécile Brunschvicg auprès du ministre de l’Éducation et Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique.
Une décision symbolique destinée à enclencher une véritable révolution des esprits, à une époque où les femmes n’ont toujours pas le droit de vote.
Documentaire « 1936, le Front populaire : entre joie et colères »
« Le mot masculinisme se pose, à tort, en miroir du féminisme. Ce dernier naît au XIXe siècle et est, encore aujourd’hui, inséparable du principe démocratique, au sens où il est structuré par les principes d’égalité et de liberté. Le masculinisme, lui, n’a rien à voir avec ça : en choisissant d’en revenir à un pur rapport d’opposition entre le masculin et le féminin, à une guerre des sexes binaire, il ne représente pas seulement une attaque contre les femmes, mais une négation du principe démocratique lui-même. On ne peut pas mettre le masculinisme et le féminisme en parallèle puisqu’ils n’existent pas sur le même plan idéologique et politique. Rendre ce rapprochement légitime et faire se croiser ces mots revient à les immobiliser l’un et l’autre, et même à dépolitiser le féminisme. Le mot masculinisme est profondément impropre, parce qu’il s’inscrit dans un vis-à-vis asymétrique, qui n’a pas lieu d’être.
Il serait plus juste de parler de virilisme (…) L’idée est de retrouver le muscle, et à travers lui de célébrer un certain idéal de puissance virile, par lequel ces hommes choisissent de s’opposer aux femmes, par le physique plutôt que par l’esprit. Le virilisme façonne ses propres règles, en parallèle, ou en opposition de celles de la démocratie. »
Geneviève Fraisse, philosophe et directrice de recherches au CNRS, interviewée par Anne-Toscane Viudes, « Le Monde », 04/05/26.
Et voici la fameuse, ou fumeuse question "Peut-on séparer l'œuvre de l'auteur ?" visitée par Les idées larges d'ARTE
L’écrivaine écoféministe et antispéciste, Simonetta Greggio, a compilé les arguments entendus autour d’elle pour se mettre dans la tête d’un homme hier adulé, aujourd’hui rattrapé par son passé et par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles :
"Je ne comprends pas de quoi on m’accuse. Tout ça est grotesque. Le plus dur, ce n’est pas de tomber – c’est que moi, je croyais sincèrement être aimé. Pas seulement admiré – aimé. Je suis sidéré par cette manière qu’ont certaines femmes de revenir vingt ans plus tard expliquer qu’elles étaient terrorisées alors qu’elles riaient, voyageaient avec moi, revenaient dîner le lendemain, m’envoyaient des lettres d’amour. A quel moment suis-je censé avoir compris que derrière leurs sourires se cachait une tragédie intérieure ? Je ne lis pas les pensées. Je ne suis pas prêtre. Encore moins psychiatre. Je suis un chanteur, un homme de spectacle. C’est ça mon métier.
Et puis il faut regarder les choses honnêtement : depuis toujours, les jeunes femmes intelligentes aiment les hommes puissants. Pas seulement pour l’argent – ça, c’est l’excuse morale – mais parce qu’elles veulent la lumière. Le monde fonctionne de cette manière depuis des siècles. Picasso, Dali, et même Jung – cette virilité-là a occupé l’espace public, autrefois. Ils n’ont pas été obligés de demander pardon, eux.
Aujourd’hui, on voudrait rejuger le passé avec le puritanisme d’aujourd’hui. Dans ce cas, qu’on brûle aussi les livres, les films, les tableaux, les chansons. Qu’on ferme les rédactions, les tournages, les maisons d’édition. Parce que la vérité c’est que tout le monde couchait avec tout le monde, le désir circulait, la vie coulait dans nos veines. Aujourd’hui vous êtes morts, tous morts, et vous m’accusez d’être encore vivant, c’est ça qui vous fait chier. Que je ne baisse pas la tête, que je sois toujours debout, que je continue de chanter – de désirer et d’être désiré –, ça, ça vous emmerde vraiment.
Ce qui me fascine depuis que je suis l’objet de la curée, c’est l’hypocrisie collective. Mais jusque-là, tout le monde trouvait ça normal. Les dîners qui finissent à 4 heures du matin. Les actrices sur les genoux des producteurs. Les écrivains ivres qui disparaissent avec des étudiantes. Les photographes qui demandent aux mannequins d’enlever leur chemise. Tout le monde savait. Les femmes aussi. Surtout les femmes. Certaines en jouaient même très bien. Mais maintenant que l’époque a tourné, chacun se lave les mains. Des vrais procureurs staliniens.
Je refuse cette nouvelle religion où l’homme puissant doit s’agenouiller publiquement pour satisfaire une foule ivre de purification morale.
Oui, j’ai séduit énormément de femmes.
Oui, j’ai insisté.
Oui, il m’est arrivé de considérer qu’un non était une hésitation, un jeu, une peur. On ne bâtit pas une vie entière de domination sur des cadavres silencieux comme ils le racontent maintenant. La réalité était plus trouble, plus humaine, plus vivante. Ce que ces procès veulent détruire, ce n’est pas le crime. C’est l’ambiguïté du désir.
Et puis soyons sérieux : si j’avais réellement été ce monstre absolu qu’ils décrivent, pourquoi serais-je resté si longtemps célébré, invité partout, photographié avec des ministres, des journalistes, des militantes parfois ? Les sociétés savent parfaitement identifier les vrais monstres. Ce qu’elles supportent mal, en revanche, ce sont les hommes qui leur rappellent leur propre complaisance.
Je vois bien ce qu’on attend désormais de moi : la confession. Le visage grave. La voix blanche. Le communiqué écrit par des avocats et des consultants en réputation. «J’ai entamé un travail sur moi-même.» J’ai vécu comme beaucoup d’hommes de pouvoir ont vécu. Peut-être avec davantage d’appétit. Davantage de talent aussi. Voilà tout.
Je les regarde maintenant, tous ces gens qui m’expliquent ce que je suis. Ceux qui riaient à mes tables. Ceux qui me suppliaient de venir à leurs festivals, à leurs émissions, à leurs jurys. Ils me regardaient comme un roi. Et maintenant ils prétendent découvrir qui j’étais ? Mais enfin, ils m’ont fabriqué. Tous. Ensemble.
Le monstre, ce n’est pas moi, je vous le dis.
Le monstre, c’est votre silence passé.
Le monstre, c’est vous."
ET SINON, LE BOULOT ?
Quand vous lirez cette lettre, j'aurai déjà joué 2 fois COMMENT JE ME SUIS SAUVÉE LA VIE... et vous avez encore le temps de nous rejoindre dimanche 31 entre 11h et 19h pour déguster des vins et mon solo.
Je vous rappelle l'adresse :
Les Pianos
26, rue Robespierre / 93100 Montreuil
M° Robespierre Ligne 9. La salle est au 2ème étage et je jouerai à 12h&17h.
Sinon, ce sera une prochaine fois, dans un autre lieu improbable, j'espère...
À bientôt.
Portez-vous bien.
Corinne
Je reste émerveillée
La lettre du dernier jour du mois # 88
Avril 2026
Je sors doucement de ma "fatigue de printemps", une pathologie de langue allemande...
C'est joli "fatigue de printemps".
C'est rassurant aussi de me dire que je ne suis pas seule à ressentir cette fatigue. Et puis ça me fait au moins un point commun avec l'Allemagne parce que hormis Arte et la choucroute, je ne vois pas...
Contente d'avoir terminé deux livres que je trainais depuis trop longtemps à mon goût.
Contente d'avoir imprimé le texte de mon prochain solo (je vous en cause dans la dernière rubrique).
Contente de transformer tout bientôt mon salon en salle de répétition pour travailler dans l'espace.
Et contente de partir quelques jours à l'océan avec deux amies. Respirer à fond. Voir jusqu'où mon corps supportera l'eau, j'espère jusqu'au ventre.
La splendeur des marronniers en fleurs rouges ou blanches me remplit de joie.
Comme le rouge-gorge qui grimpe le long de la branche et la lumière qui réveille les feuilles. Comme cette odeur fugace de miel et le cri vif des martinets.
Oui joie !
Bon, je vous laisse : il y a un chien qui s'impatiente et m'empêche d'écrire.
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
"De cet amour ardent je reste émerveillée", Andrée Chedid
"Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés
Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée."
BRAVO À TOI CHER CAMARADE, pour ton long combat et ta détermination
Pourquoi l’évêque Jean-Michel Di Falco a été condamné à dédommager un homme l’accusant de violences sexuelles dans les années 1970.
Au terme d’une procédure sinueuse, qui s’est longtemps heurtée à la prescription, et cinquante-quatre ans après des faits dénoncés par le comédien Pierre-Jean Pagès, le prélat a été condamné par la cour d’appel de Paris à indemniser son ex-élève au titre du préjudice corporel.
FÉMINISME
Le corps qui n'oublie pas...la douleur de tout ce sordide.
Pour la première fois, Inès Chatin prend la parole publiquement. Victime de pédocriminalité dans son enfance, elle a accepté de témoigner. Son récit, glaçant, est au cœur d'un livre signé par le journaliste de Libération Willy Le Devin, "Les Hommes de la rue du Bac", publié chez JC Lattès.
Pas tous les hommes, mais tous des hommes quand-même....
"L’affaire rappelle sordidement celle de Gisèle Pélicot. Une enquête du réseau américain CNN a révélé que des hommes de partout dans le monde partagent entre eux des trucs pour droguer puis violer leur conjointe. Certains se filment même durant l’agression et vendent ces images."
"La misogynie est un crime" : L’Ecosse réforme sa loi pour mieux protéger les femmes.
Harcèlement, insultes...Toute atteinte à une femme pourrait bientôt être considérée comme un crime de haine en Ecosse. Le gouvernement a prévu courant septembre de réformer sa loi sur les crimes de haine en y ajoutant des infractions spécifiques pour punir des actes de misogynie.
LECTURE
Un homme amoureux Karl Ove Knausgaard (Denoël et d'ailleurs) +++++
Jeune couple/Auteur norvégien vit en Suède/777 pages/ Écriture de "quotidien"/Se battre pour écrire avec des enfants et une épouse.../Littérature
Les racines du ciel Romain Gary (folio) ++++
Éléphants/Afrique/Camp de concentration/Hannetons/ "Il faut bien quelqu'un qui vienne de Berlin"
La faille Blandine Rinkel (Stock) 2ème lecture +++
Traumatisme de la famille/Références littéraires et ciné/Autre façon de vivre/Non fiction "J'écris avant tout en tant que lectrice"
ET SINON, LE BOULOT ?
Je ne veux plus me cacher derrière les mots des autres, même celles que j'aime profondément. J'ai donc construit un solo comme un corps-à-corps avec l'écriture : COMMENT JE ME SUIS SAUVÉE LA VIE.
J'ai choisi d'être seule sur scène, pour affirmer une autonomie radicale. Ne dépendre de personne pour porter mon texte, et pour rechercher une puissance créatrice légère et mobile.
Conçu pour les "lieux non-dédiés", ce spectacle va à la rencontre du public hors des cadres institutionnels. C'est un théâtre de proximité, organique, qui transforme chaque salon ou chaque cour, chaque lieu en un espace de résistance joyeuse.
entrée : 10€
Ici la page du site
Générique
# Andrée Chedid
@InèsChatin
# Pas tous les hommes mais tous des hommes quand-même
# Karl Ove Knausgaard
# Romain Gary
@BlandineRinkel
@payetonpinard
Observer aussi les orchidées 💁♀️
La lettre du dernier jour du mois # 86
Février 2026
J'étais en train de lire. Si vous vous reportez à la liste de ce mois, peut-être devinerez-vous quel était le livre...
Donc, j'étais en train de lire quand je me suis sentie décrochée. Pas à cause du sommeil qui commence à tout embrouiller, quand ma conscience s'échappe, qu'elle ne suit plus bien l'histoire, presque qu’elle en invente une autre. J'adore cette sensation... Alors, j'éteins et glisse dans mon sommeil, et qui sais, peut-être est-ce que je poursuis en rêve.
Non j'ai décroché de ma lecture en entendant une voix dans ma tête qui me posait une question simple : "pourquoi est-ce que tu n'aimes pas ? "
Je lui ai demandé de se taire. Mais deux pages plus loin elle revenait à l'assaut, énervée cette fois : "mais c'est pénible, pourquoi est-ce que tu n'arrêtes pas ce livre alors ?"
Je lui ai répondu qu'une personne chère à mon coeur avait été éblouie et qu'à défaut de l'être, éblouie, je voulais comprendre ce qui lui plaisait tant... J'ai cherché, presque tout du long ! Et à mon tour je m'énervais car je ne voyais pas. Je serais une piètre critique littéraire... quelques pages avant la fin j'ai abandonné.
Autre moment de ce mois...
Je rentre dans la salle de yoga pour pratiquer, alors qu'une de mes bonnes copines et anciennes comme moi m'a expliqué ses problèmes de santé. Mais pas des petits bobos de rien du tout, le genre qui m'aurait poussée à aller passer une IRM en urgence. Je me suis placée pas loin, derrière elle. Je me dis qu'au moindre problème je sors de la salle et appelle le 15. S'il était besoin, car je connais la salle sur le bout de mon tapis, je me dis que la porte qui donne sur la cour facilitera les choses. Et puis nous commençons la respiration, et je décide en gardant un oeil sur elle, de profiter à fond de chacune des postures, sans m'économiser. Et j'ai tenu ainsi jusqu'au bout, car merci aux Déesses de l'univers, tout s'est passé au mieux pour elle : elle était sur son nuage en sortant. Merveilleux yoga ! Depuis, je me mets dans la même disponibilité : je vais là où c'est possible tout de suite, sans crainte.
Je ne sais plus où j'ai lu cela, c'est peut-être une personne qui me l'a dit : observe, car de l'attention naît l'intention. Voilà, ça pose.
Je me suis bien observée en train de me parler alors que je lisais. Déjà ça m'a fait sourire, en me disant que d'avoir ces conversations-là donnait à ma lecture un intérêt supplémentaire. J'ai bien reconnu mes deux voix la Sage et la Rebelle... je suis assez satisfaite que ce soit la rebelle qui ait finalement eu le dernier mot. Elle est tellement vivante, vive et libre.
Je me suis aussi observée en sortant du yoga, en ayant fait les postures sans tenter de me ménager : je me sentais très joyeuse et forte. Alors j'ai bien l'intention de poursuivre ainsi, sans me ménager, rebelle quoi !
Sinon je crois que je ne suis pas douée avec les orchidées. J'en ai reçu une, magnifique il y 15 jours... ses belles feuilles brillantes sont devenues jaunes, et elle s'est complètement déplumée de ses fleurs d'un merveilleux orange. Ma main, plutôt verte d'habitude me lâche. Donc j'observe que les orchidées ne sont pas bien chez moi....
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Encore une que je ne connaissais pas... Et pourtant, Paula Modersohn-Becker, peintre et pionnière de la modernité
Un portrait habité de la peintre allemande Paula Modersohn-Becker (1876-1907), artiste avant-gardiste à la carrière fulgurante, morte à seulement 31 ans des suites de son premier accouchement.
INSPIRATIONS
C'est une des questions qui me passionnent en ce moment, je me demande bien pourquoi... Comment la représentation des femmes âgées dans l'art est-elle passée d’un corps discrédité, moqué par des artistes hommes ; à un corps non pas forcément loué, mais consciemment et socialement revendiqué ?
Portraits mélancoliques, sorcières inquiétantes, grands-mères tendres ou vieilles folles excentriques : les vieilles femmes hantent nos tableaux, nos récits, nos fictions. Mais comment leurs corps ont-ils été représentés au fil des siècles, alors que l’idéal de beauté repose entièrement sur la jeunesse ? Comment ont-elles été décrites : belles ou monstrueuses, sages ou ridicules, invisibles ou menaçantes ? « Vieillir, c’est périr, vieillir, c’est pourrir ! » Les vieilles femmes ont mauvaise presse depuis des siècles, alors que les vieux hommes peuvent être des sages. « Depuis le temps où l’on peint des corps humains et des visages humains, depuis la fin du Moyen Âge et la Renaissance… on présente le corps féminin, ce visage humain, comme un repoussoir : celui de la sorcière, celui de la femme lubrique, celui de la femme qui paiera un jeune amant pour assouvir des plaisirs qui ne sont plus de son âge. » Nadeije Laneyrie-Dagen
Je me souviens encore d'une de ses expositions que j'avais vue à la maison du Japon...et la surprise de rentrer dans son univers de couleurs et de points :
"Je vois le monde entier couvert de points... tout, même moi-même, fait partie d'un modèle plus grand " Yayoi Kusama
Pour elle, les points ne sont pas seulement de la décoration - ils sont un symbole de l'univers et de l'infini. En couvrant tout en points - surfaces, objets, et même son propre corps - elle cherche à dissoudre le soi et à fusionner avec le cosmos, transformant l'art en une forme de méditation et d'expression pour ses expériences personnelles profondes. Chaque point représente une petite partie du vaste monde, lui permettant de se connecter à quelque chose au-delà d'elle-même et de transformer la douleur et les expériences personnelles en art universel.
Aujourd'hui, nous célébrons les 97 ans de la naissance de Yayoi Kusama, et plus de 76 ans de créativité artistique continue qui a transformé le monde de l'art contemporain. Née à Nagano, au Japon, en 1929, elle commence à dessiner quand elle était enfant. Elle a vécu des hallucinations visuelles de points et de motifs, qui sont plus tard devenues le fondement de sa vision artistique unique. Dans les années 1950, elle déménage à New York, entrant dans une scène artistique dominée par les hommes et créant des œuvres emblématiques telles que Infinity Rooms et Obliteration Rooms, alliant répétition infinie, interaction avec le public et expériences immersives, faisant d'elle l'une des artistes contemporaines les plus influentes au monde.
J'ai adoré cette émission : Jacques Higelin en scène. Je suis fan, j'ai été émue de l'entendre en interview, en concert, comme si j'y étais encore. Et s'il était besoin, mesurer l'étendue de son talent, de ses influences. Quel artiste !
LECTURE
Aimer Sarah Chiche (Juliard)
2 enfants en Suisse / Beau-père maltraitant / Mère fragile / Séparation de 30 ans / Se retrouvent
Nuit d'Ambre Sylvie Germain (Folio) J'ai cherché en lisant pourquoi je n'accrochais pas...
Famille Peniel / Génération / Viol / Meurtre / Baroque / Sombre
Après les chiens Michèle Pedinielli (Mikkos Noir) +++++
Nice / Réfugiés / Enquête Boccanera / Humour
Àsta Jòn Kalman Stefánson (Grasset) ++++++++++
Islande et autres pays / Être à la hauteur / Filiation / Rendez-vous de la vie parfois ratés
Le coût de la vie Deborah Levy (Éditions du sous-sol) +++++
Autrice / Séparation / Faire bouillir la marmite / Vélo électrique (lourd) / Cabanon / Mort de la mère
Un grand merci à vous pour les prêts et conseils...
FÉMINISME
Pourquoi les représentations de violences sexuelles contre les femmes sont-elles si banales dans les musées, et comment les regarder comme telles ? Du Bernin à Degas en passant par Titien ou le Tintoret, une exploration de chefs-d'œuvre qui offre une stimulante réflexion sur notre regard de spectateur.
Suzanne et les vieillards, L'enlèvement des Sabines, le viol de Lucrèce, le rapt d'Europe ou de Proserpine... Elles sont partout dans les musées, et pourtant, nous peinons à les voir comme telles : au motif d'illustrer des épisodes historiques, mythologiques ou bibliques, l'art occidental donne à voir depuis des siècles des représentations esthétisées, voire érotisées, des violences, notamment sexuelles, faites aux femmes. Leurs corps nus sont offerts au regard du spectateur, dans des scènes si virtuoses que leur supplice se trouve relégué au second plan, quand il n'est pas maquillé en ravissement romantique. Mais quel est l'effet réel de ces tableaux et sculptures sur l'imaginaire ?
ET SINON, LE BOULOT ?
J'accompagne ma camarade Jessica Hénou dans sa belle aventure créative : Comment je suis devenue blanche.
Si le coeur vous en dit venez assister à sa première sortie publique, une version courte (30 min) du spectacle.
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C'est dimanche 1er mars à 18h, Impasse Chandon 75015 Paris au Studio Chandon, Paris
Le lieu : C'est un studio de danse, donc on laisse ses chaussures à l'entrée.
Le "Chapeau" : Une participation libre est prévue à l'entrée pour l'accueil du Studio et le thé qui nous sera offert.
Générique
#PaulaModersohn-Becker
# NadeijeLaneyrie-Dagen
#SarahChiche
#SylvieGermain
#MichèlePedinielli
# JònKalmanStefánson
#DeborahLevy
@JessicaHénou
Merci Rosa
C’est pour quand le renouveau ?
Au changement d’année ?
Au printemps ou à la date d’anniversaire ?
Et comment arriver à trouver du neuf dans cette spirale de violence, dans ces catastrophes qui s’enchainent et cette sidération qui nous saisit ?
Dans les petits gestes du quotidien ?
Ces actions dérisoires qui me font choisir la bonne poubelle, les légumes du « petit producteur » du marché, accepter les vêtements déjà portés même si cette couleur n’est pas ma préférée…
Bien sûr que je m’applique scrupuleusement à faire ces petits gestes de rien du tout parce que je suis dans le juste de cette conscience et que cela me relie aux autres personnes qui font de même.
Je fais aussi ma part de mon « développement personnel » : je prends soin de moi avec mon yoga, mon alimentation, mes livres, mon petit jardin secret, mon travail, et je me fais des petits plaisirs, et gnan gnan gnan, et gnan gnan gnan….
Mais ma petite personne a bien du mal.
Elle a besoin d’un souffle plus puissant, et surtout, nouveau.
Alors je guette.
J’espère.
J’espère un ensemble de toutes nos petites personnes de rien du tout.
Un ensemble tellement contagieux qu’il fera basculer dans son élan d’autres qui se sont éloigné.es, non pas du troupeau, mais au contraire de leur liberté et de cette certitude : nous n’avons plus d’autre possibilité que d’être ensemble pour ce dernier choix.
C’est celui de la vie.
De la protection des vivants.
A tout prix.
« Travailler, faire ce qu’on peut, et pour le reste, tout prendre avec légèreté et bonne humeur. On ne rend pas la vie meilleure en étant amer. » Rosa Luxemburg
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RENDONS AUX CLÉOPATRES CE QUI EST AUX… CLÉOPATRES !
72 femmes scientifiques bientôt inscrites sur la Tour Eiffel
Parmi elles il y a Angelique du Coudray, sage-femme du 18e siècle qui s’est démenée, parfois/souvent contre les chirurgiens hommes de son temps, pour faire baisser la mortalité maternelle et infantile en inventant un mannequin de tissus afin de faire des démonstrations aux femmes qu’elles formaient. Elle a également écrit un traité sur l’art des accouchements. Les historiens estiment qu’elle a formé 5000 sage-femmes et 500 chirurgiens pour leur enseigner la physiologie de l’accouchement mais aussi ses travers et les moyens d’y remédier.
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La BD La sage-femme du roi (Adeline Laffitte, Hervé Duphot) m’a bien inspirée, notamment en regardant son mannequin incroyable. Je le visualise quand je joue l’accouchement dans Œdipe Ta Mère !
Transcendant les frontières de la danse, Loïe Fuller a marqué la Belle Époque avec sa « Danse serpentine »
INSPIRATIONS
L’ascension de Lizzie Le Blond, documentaire réalisé par Sophie Chaffaut, retrace l’histoire de la pionnière Elizabeth Hawkins-Whitshed, figure emblématique de l'histoire de l’alpinisme, de la photographie et du cinéma. À l’aube du XXe siècle, l’alpiniste Lizzie Le Blond fut l’une des premières à avoir photographié la montagne et filmé les sports d’hiver dans les Alpes. Figure oubliée de l’Histoire, Lizzie a pourtant fondé le premier club alpin féminin et documenté ses exploits dans sept livres et des milliers de photographies. Son œuvre hors du commun, renaît à travers ce film et porte avec elle toutes les femmes dont la mémoire a été effacée. Réalisation : Sophie Chaffaut
Comment s’occupe-t-on de nos vieux parents ?
Si un jour nos parents ne sont plus en mesure de vivre chez eux, on les place dans une maison de retraite. Mais qui s'en occupe à notre place ? Des femmes payées pour les laver et les nourrir, mais pas seulement... car il y a aussi l'attention, la présence, le sourire. Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale, pose des questions dérangeantes : peut-on sous-traiter la tendresse dispensée à nos proches ? Pourquoi paye-t-on si mal celles qui s'en occupent ?
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Nos petits gestes de rien du tout…
Nos petites personnes de rien du tout…
Mais le vrai roi : Le petit ramoneur de rien du tout
LECTURE
Une librairie qui ferme me fend le cœur. Ces attaques-là me révoltent : j’ai le sentiment de vire dans un autre siècle….
"Face à la multiplication de ces agressions, les libraires se sont entourés d’avocats, et ont confectionné un « guide d’autodéfense contre l’extrême droite » à usage de leurs confrères. Il consiste en une série de conseils qui permet d’activer une réponse pénale. Les librairies vandalisées ou attaquées ont porté plainte. Cependant, la librairie Violette and Co, perquisitionnée le 7 janvier pour saisir un livre polémique sur la Palestine, dit avoir appris à cette occasion que leur plainte a été « perdue ». Pour réagir à cette offensive, le collectif propose aux travailleurs des métiers du livre de s’organiser collectivement et de construire une stratégie juridique commune."
Avant ma liste vous dire que les histoires (même bien écrites) qui ne racontent que les hommes, où ils sont les personnages principaux, où les femmes ne sont que dans leur rôle de mères, d’amoureuses, me tombent des mains. Je ne vous en parle pas. Bon, si l’autrice en est la créatrice, je m’accroche (parfois)… par sororité !
Pietra viva Léonor De Recondo (Points) +
Michelangelo / Carrare / visions / Rêves / Hommes / Tailleurs de pierre
L’art de la joie Golliarda Sapienza (Le Tripode) ++++++++++++++++++++++++++++++
2ème lecture / Modesta / Sa vie / Ses Œuvres / Sa liberté / Ses Combats / et puis l’amour, la joie, les enfants, la liberté, le communisme
Plutôt couler en liberté que flotter sans grâce Corinne Morel Darleux (Libertalia) ++++++++++++++
Réflexions sur l’effondrement / Bernard Moitessier (marin) / Les Racines du Ciel (Romain Gary)
FÉMINISME
FEMME VIE LIBERTÉ
Parce que je le sens, l’exprime et l’écris : nous avons en nous un monstre. Peut-être que le fait d’être comédienne (parfois) me permet de l’approcher, d’avoir cette conscience-là. Cependant toute personne ayant fait une recherche psy de tout poil devrait aussi le sentir.
Alors, oui parfois certain.es deviennent des monstres.
Même notre père, notre grand-père, notre cousin, le meilleur ami de la famille… notre fils, ont basculé, peuvent basculer.
Dans le blog de Mona Chollet La méridienne, j’ai croisé les mots de Julie Quéré :
« La part de monstruosité que nous portons chacun·e m’interroge encore. Ni meilleur·e ni pire qu’un·e autre, s’en rendre compte oblige à essayer de faire autrement, un peu mieux... Quelle volonté faut-il pour ne pas succomber au monstre de soi-même ? Quelle lucidité permet d’y faire face et de ne pas le laisser faire en nous, avant que d’entraîner l’autre dans ses gouffres ? (….)
Ici, dans mon histoire, c’est encore la victime qui se place dans la position de compréhension de l’agresseur. C’est elle qui fait le travail nécessaire à l’acceptation du mal et qui agit pour la reconstruction. N’y a-t-il pas là encore injustice et double peine ? Je m’interroge sur la capacité des prédateurs à assumer leurs fautes et à les reconnaître, sur la complicité, le laisser-faire. Sur la facilité du déni, où la noirceur de l’âme flirte avec le profit. Comprendre, défaire les mécanismes, les mettre au jour, pouvoir ainsi prévenir et protéger. Se protéger. La reconstruction ne peut avoir lieu qu’après la reconnaissance.
(…)
Depuis cette histoire, j’ai vécu – l’amour, le chagrin, les enfantements, la poésie, le doute, le cinéma, la perte des idéaux, la fuite, la maladie, le travail, le silence, les espoirs torturés, la renaissance, et fait beaucoup de pas qui s’effacent dans le sable. Aujourd’hui, j’ai encore quelques dents de lait... Rire, je le veux – réussir à être une joie ou un rayon de soleil pour quelques-un·es que j’aime, quelque chose d’éphémère et précieux, dire sans trop se regarder au risque de se taire, pour mettre du sens sur l’individuel qui sert le collectif, écrire, faire ce qui donne de la force, agir, qui poursuit la bataille sans fin vers la lumière. »
ET SINON, LE BOULOT ?
Épisode 1/4 : Le théâtre public, un plan social silencieux
Cette année je ne vous embrasse pas sous du gui, mais tout à côté d’ail … pour éloigner les vampires
Jacques Higelin - Parc Montsouris (rare) - Live 1989
« Je ne vis pas ma vie… je la rêve »
GÉNÉRIQUE :
#RosaLuxemburg
# Angelique du Coudray
@AdelineLaffitte
@HervéDuphot
# Loïe Fuller
# Lizzie Le Blond
@SophieChaffaut
@LéonorDeRecondo
# Golliarda Sapienza
@CorinneMorelDarleux
@MonaChollet
@JulieQuéré
@Jacques Higelin
Alors en selle ! 🐎🐎🐎
La lettre du dernier jour du mois 84
Décembre 2025
J’enfourche mon troisième cheval.
Après avoir été guerrière, cheffe, je tente de devenir sage.
C’est en croisant cette image de Jacquot que j’ai pris conscience que ma guerrière devait roupiller dans un coin, et que la cheffe se faisait plus rare (quoique que… il me semble que j’ai conservé quelques plumes tout de même !)
Quant au cheval, je l’ai découverte en lisant Trois chevaux d’Erri De Luca…
Je suis donc en selle sur ma dernière monture, sage… j’en prend grand soin.
Elle ne porte pas de mord, très à l’écoute l’une de l’autre, tout en douceur. Chacun de ses frémissements m’alertent, ses élans de liberté me bouleversent et je l’accompagne, avec émotion, le cœur gonflé de joie, les larmes effacées par le vent.
J’aime autant ses galops que ses flâneries.
Alors en selle pour ce nouveau galop.
Tiens, dans l’astrologie chinoise
C’est le cheval de feu qui ouvre un nouveau bal.
Olé !
« Tiens, j’ai dit tiens…un tracteur est passé, il a crié olé ! »
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RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Racontez votre propre histoire, et vous serez intéressant.
Louise Bourgeois (1911-2010) était une artiste qui a redéfini la sculpture contemporaine, transformant la douleur de l'enfance et les traumatismes psychologiques en œuvres audacieuses et honnêtes. Elle a fait de son histoire personnelle un langage universel pour exprimer la colère, la peur et l'amour. Son style était direct et puissant, se concentrant non seulement sur la beauté mais aussi sur la vérité et les émotions humaines.
Elle est morte à l'âge de 98 ans.
INSPIRATIONS
"Ça a été mes dix plus belles années" : l'actrice Dominique Blanc va quitter La Comédie-Française en juillet 2026
« Au solstice, je comprends que vivre n’est pas avancer, mais tenir dans ce qui manque. »
Annie Ernaux
Comment les livres de l’écrivaine sont-ils lus au lycée ?
Pour en finir avec la procrastination : Hannah Arendt et le pouvoir de commencer (ça marche très bien !)
LECTURE
Triste tigre Neige Sinno (Folio) +++++++++++++++++
Inceste / Beau-père / Se mettre à sa place (à lui) /Recherches à elle pour comprendre qui elle est
Veiller sur elle Jean Batiste Andréa (Poche) ++
Sculpteur / Viola et Mimo / Italie / Goncourt 2023
Une joie féroce Sorj Chalandon (Le Livre de Poche) ++
4 femmes / Cancer / Organisation hold up
La Papeterie Tsubaki Ogawa Ito (Picquier poche) +++
Japon / Écrivaine publique / Filiation grand-mère / Voisine amie / Méditation
Pour découvrir cette autrice
FÉMINISME
Autorisée exceptionnellement à filmer des procès pour violences intrafamiliales,la réalisatrice Karine Dusfour dévoile les mécanismes du contrôle coercitif, stratégie systémique destinée à assujettir l'autre, dont les victimes sont très majoritairement des femmes.
Le 20 novembre 2025, le CHU de Bordeaux a inauguré un centre d’expertise de la ménopause, un dispositif présenté comme "unique en son genre". 17,2 millions de femmes en France et près de 400 000 en Gironde sont concernées par cette étape de vie encore trop peu connue et souvent mal accompagnée.
« Le seul symptôme cool de la ménopause, c'est de repousser Yann Moix »Yann Marguet
Le temps des femmes est-il venu ? Leur vie au quotidien a-t-elle vraiment changé depuis les soixante dernières années ? Accompagnée de femmes anonymes ou célèbres, Agnès Jaoui raconte cette nouvelle temporalité de l’intime et d’une récente histoire en marche. De milieux et d’âges très différents, elles se livrent ici avec toute l’énergie vitale, la force et l’humour qui les réunit. De la cour de récré à l’âge de la retraite, le documentaire retrace leurs vécus communs, faits de préjugés et de stéréotypes, mais traversés aussi d’espoir et de fierté. A partir d'archives personnelles inédites ou historiques marquantes jusqu’aux vidéos récentes issues des réseaux sociaux, ce film donne aux femmes le premier rôle et leur permet de redevenir sujet de leur propre histoire.
La tribune qui compte pas pour des prunes de Giulia Foïs :« La grande case documentaire de France Télévisions s’est ouverte, à la rentrée, à celle qu’on a longtemps voulu coincer dans une pop acidulée, dans son Banana Split, dans ses microshorts pailletés. Et là, il y a quelque chose de quasi miraculeux à voir qu’enfin, sur Lio, le regard a changé. Le bruit de bottes est si fort à nos portes qu’on pourrait presque passer à côté, mais si Lio est là, si Lio parle, si Lio plaît, c’est qu’on n’est pas totalement foutus.
ET SINON, LE BOULOT ?
Un immense merci à vous donatrices, donateurs 2025.
Sans vous, rien n’est possible.
2026 s’annonce encore remuante.
Nous sommes encore vivantes,
alors nous allons nous défendre et nous battre pour vous emmener dans notre danse…
Encore quelques heures : c’est aujourd’hui le 31…vos avantages fiscaux pour accompagner nos aventures créatives : 66 % de votre don sont déductibles de votre impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % de vos revenus imposables.
Olé !
Générique
#JacquesHigelin
# ErriDeLuca
#LouiseBourgeois
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# NeigeSinno
# JeanBatisteAndréa
# Sorj Chalandon
# OgawaIto
# AnnieErnaux
# HannahArendt
# KarineDusfour
@ YannMarguet
# AgnèsJaoui
@GiuliaFoïs
@Lio
@grangoprod
Tsi-tsi-bé !
La lettre du dernier jour du mois # 60
Décembre 2023
Par exemple, j’ai toujours été béate d’un bonheur léger quand j’entends le chant des mésanges. Un bonheur qui réchauffe et me donne du courage.
Ce chant des mésanges si clair dans la fin de nuit d’hiver avant le lever du soleil. J’imagine la mésange, seule sur sa branche. Elle chante.
Que dit-elle ? Je ne sais pas. Peut-être une plainte ? Ce n’est pas ce que j’imagine. Espoir, entrain, courage, lumière ? Tout ça à la fois. La mésange est généreuse quand elle chante.
Rien que de l’évoquer ici, j’ai une pensée émue pour toutes les mésanges qui chantent alors que la nuit est encore épaisse.
Vous me trouvez gnian-gnian ? Vous pensez que je fatigue dans cette 60ème lettre ?
Et oui, aujourd’hui nous bouclons notre 4ème année d’échanges épistolaires. C’est beau, non ? Merci à vous, que vous soyez là depuis 2019, ou que vous vous venez d’arriver… Merci de vos réactions, de vos ajustements, et de votre soutien.
Revenons à nos oiseaux… et sans me comparer à Rosa Luxemburg qui a écrit de si belles lettres, je me sens proche d’elle. D’abord par son optimisme qu’on pourrait qualifier de désespéré : « Ma chérie quand on a la mauvaise habitude de chercher une gouttelette de poison dans toute fleur
éclose, on trouve, jusqu’à sa mort, quelque raison de se lamenter ; prends donc les choses sous l’angle opposé et cherche du miel dans chaque fleur : tu trouveras toujours quelque raison de sereine gaîté. »
Et c’est avec son amour de la nature que Rosa Luxemburg , alors qu’elle est emprisonnée, trouve la force d’endurer. La force de ne pas désespérer grâce au chant des mésanges. Ce chant qu’elle l’écrivait ainsi : « tsi-tsi-bé ! »
Alors chantons en cœur « tsi-tsi-bé ! » camarades !
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RENDONS AUX VICTIMES, celles qui ont porté plainte contre lui,
TOUTE LA PLACE QUI LEUR EST DÛE
Je ne voulais pas en parler, mais là ça fait beaucoup…
D’abord, D. qui écrit une lettre se déclarant victime.
Puis le Président qui lui tresse des lauriers.
Et pour finir la signature d’une tribune signée par un petit bout du monde du cinéma. Ils n’ont pas signé contre les guerres, ni contre la loi immigration, non, une tribune pour protéger leur gratin … la nausée. D’ailleurs on découvre que cette tribune a été écrite par un « comédien » proche de certaines figures d’extrême droite. Ce même « comédien » accusé par de jeunes acteurs de comportements qui pourraient relever du harcèlement…
L’historienne spécialiste du genre au cinéma, Geneviève Sellier décrypte cette tribune. Elle analyse aussi les mécanismes qui ont conduit à sa publication.
Vraiment, si un prédateur vous a blessé, protégez-vous, prenez soin de vous : pas la peine de vous remettre dans la gueule du loup. D’entendre ou de lire encore des témoignages peut faire le même effet qu’un boomerang qui vous revient toujours dans la gueule.
Si vous voyez ce que je veux dire, vous pouvez passer à côté de ce témoignage.
Pour les autres, oui, écoutez Anouk Grinberg.
D’autres témoignent encore…
Judith Godrèche sous l’emprise d’un réalisateur de 40 ans alors qu’elle en a 14… :
« J’ai navigué seule dans un monde sans règles ni lois »
« La vulgarité et la provocation ont toujours été son fonds de commerce »,
assène Sophie Marceau
«J’ai dit publiquement à l’époque que je ne supportais pas son attitude, grossière et très déplacée. Beaucoup de gens se sont alors retournés contre moi en me faisant passer pour la petite peste. Et j’ai toujours refusé ensuite les films avec lui », se souvient celle qui avait alors 19 ans. (…)
Il n’a jamais osé me toucher devant l’équipe, sinon il aurait reçu mon poing dans la gueule. Mais avec les pauvres habilleuses… »
La Tribune, magistrale, d’Isabelle Carré :
Voilà, c’est la fin de ce monde-là.
Ce sont ses derniers soubresauts.
C’est la fin de ce système pourri où les plus forts, les plus riches font leur loi.
« tsi-tsi-bé ! »
INSPIRATIONS
Je ne me souviens plus comment je l’ai rencontrée.
Qui a bien pu me la mettre entre les mains ? Sans rien connaître de son histoire, elle m’a pourtant emportée. Ce fût un choc qui aujourd’hui encore se répercute.
Goliarda Sapienza et « L'Art de la Joie » m’accompagnent, me guident, m’inspirent.
En 2024 : retrouver, rejoindre Modesta…
LECTURE
Rien ne s’oppose à la nuit Delphine de Vigan (Le livre de poche)
Suicide mère / Bipolaire / grande famille / Écriture / Enquête sur la famille +++++++
Western Maria Pourchet (Stock)
Acteur théâtre prédateur / Femme amoureuse / Couple improbable / Causse / Point de vue de l’homme ++++
L’épaisseur d’un cheveux Claire Berest (Albin Michel)
Féminicide / Folie / Couple / Jalousie / Point de vue de l’homme (2) +++
Les Petits Christine Angot (Flammarion)
Couple / Séparation / Qui dit la vérité ? / Les enfants au milieu / Point de vue de l’homme (3) +++
Love me tender Constance Debré (J’ai lu)
Don Juan au féminin / Lesbiennes / / Comprendre « la faiblesse des femmes » et la violence des hommes +++
FÉMINISME
Où sont les hommes ?
Baptiste Beaulieu : « Ce que les hommes appellent amour est juste une situation bien confortable pour eux »
ET SINON, LE BOULOT ?
J’ai tourné dans un court métrage « Lokja », je vous en reparlerai l’année prochaine…
Si vous passez par Nantes nous serons aux Biennales Internationales du Spectacle (BIS) avec François Jenny les 17 et 18 janvier Nous y présenterons nos 3 spectacles en tournée et nos 2 prochaines créations.
Notre numéro de kiosque est le 214 : une occasion de nous voir pour de vrai.
Vous n’avez plus que quelques heures pour faire un don qui vous permettra de soutenir nos actions en faveur de nos créations et de déduire 66 % de votre don de votre impôt sur le revenu 2023*.
Que vous soyez imposable ou non, c'est bien l'intégralité de votre don qui revient à COME PROD.
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Je vous rappelle qu’avec cet avantage fiscal, par exemple :
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Générique
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Comme sur un nuage 💃💃💃
La lettre du dernier jour du mois # 59 (59… comme moi !)
Mettons tout de suite de côté les horreurs des guerres, de l’écologie, de la politique et du jeudi noir… Non pas que j’y sois insensible, ce serait plutôt l’excès inverse, mais ces horreurs actuelles et celles qui nous menacent dans le futur me font aujourd’hui l’effet d’un assommoir. Alors ? Parlons de novembre. Mon novembre. Parce qu’après tout c’est ma newsletter non ?
Nombreuses de mes connaissances se plaignent de la pluie, du froid, du manque de lumière. C’est de saison. Pour ma part, même pas mal ! J’ai traversé ce mois de novembre avec joie.
J’ai un aveu à vous faire : depuis quelque temps j’étais comme coincée. Pas qu’un peu. Le genre de coincée de partout ou presque. Je sentais bien que cela ne circulait pas normalement. J’étais comme empêchée.
De façon très concrète ma hanche gauche bloquait. J’ai fait appel à un chirurgien qui a réglé le problème avec ses outils (je vous passe les détails) et 8 mois après je perçois combien ce blocage physique s’était déposé insidieusement dans mon mental. Et malgré mes outils à moi (qui n’ont rien à voir avec ceux du chirurgien), yoga, écriture, lecture, les lettres et nos échanges, la bonne nourriture, ma sœur et mes ami.es précieus.es, malgré tout cela, une matière s’est formée. D’abord diffuse et fluide, elle s’est infiltrée puis déposée. Cette étrange matière a fait son nid et a durci. Puis, tel un prédateur sournois, elle a tenté de se faire oublier.
Mais elle n’a pas résisté à mes chères routines, ni à nous.
Et là, en novembre, me viennent les paroles de la longue Dame brune, qui a tellement bien chanté ce mois de novembre :
« Ça ne prévient pas, ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins »
Bon, pour ma part, c’est plutôt au creux de la hanche…
Alors, depuis quelques semaines, je dis oui à tout, et à nouveau la vie circule et je découvre ses cadeaux.
Et vive le disco ! (surtout le dernier jour)
Portez-vous bien.
Merci pour vos mots si précieux.
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INSPIRATIONS
J’ai très envie de lire le nouvel recueil d'essais de Siri Hustvedt Mères, pères et autres
« Je veux souligner à quel point les clichés sur les “bonnes” et les “mauvaises ” mères aveuglent les gens »
De quoi nourrir mon Œdipe !
« La misogynie est l'un des fils rouges de ce recueil. Pourriez-vous parler de ses origines historiques ?
La misogynie occidentale trouve ses racines dans la Grèce antique, un monde dans lequel les femmes n'avaient aucun droit. Comme l'explique Jean-Pierre Vernant dans Mythe et pensée chez les Grecs, les Grecs n'ont jamais renoncé au fantasme d'une naissance masculine : Athéna grandit dans la tête de Zeus et Platon a beaucoup utilisé l'image du philosophe « gros » d'idées. Je soutiens que ce fantasme perdure dans la culture contemporaine, dans les arts comme dans les sciences, et qu'il sert à nier une vérité simple : chacun d'entre nous a été en gestation dans un corps féminin, naît d'un corps féminin et est totalement dépendant de ce corps ou d'un autre après sa naissance s'il veut survivre. Les habitudes mentales sont souvent inconscientes, elles sont issues d'une longue histoire qui précède le penseur de plusieurs centaines d'années et influencent les comportements. Le masculin est associé à l'activité intellectuelle, à l'autorité et à l'égoïsme. Le féminin au corporel, au sacrifice de soi, au soin, à l'obéissance et au besoin d'instruction. Les hommes pensent. Les femmes aiment. La femme qui revendique son intelligence, son autorité et son indépendance fait violence à la « nature » et doit être punie. Peu importe qu'une femme soit mère ou non, elle reste hantée par la figure maternelle perpétuelle, douce et toujours compréhensive, dont la sœur jumelle est le monstre terrifiant de l'abandon. »
Et de son côté, Christian Bobin écrivait :
" Personne n'a une vie facile. Le seul fait d'être vivant nous porte immédiatement au plus difficile. Les liens que nous nouons dès la naissance, dès la première brûlure de l'âme au feu du souffle, ces liens sont immédiatement difficiles, inextricables, déchirants. La vie n'est pas chose raisonnable. On ne peut, sauf à se mentir, la disposer devant soi sur plusieurs années comme une chose calme, un dessin d'architecte. La vie n'est rien de prévisible ni d'arrangeant. Elle fond sur nous comme le fera plus tard la mort, elle est affaire de désir et le désir nous voue au déchirant et au contradictoire. Ton génie est de t'accommoder une fois pour toute de tes contradictions, de ne rien gaspiller de tes forces à réduire ce qui ne peut l'être, ton génie est d'avancer dans la déchirure, ton génie c'est de traiter avec l'amour sans intermédiaire, d'égal à égal, et tant pis pour le reste. D'ailleurs quel reste ?"
La plus que vive Christian Bobin (Babelio)
LECTURE
Regardez-nous danser – Le pays des autres, 2 Leïla Slimani (Folio)
Maroc / Indépendance / Colonisation / Régime dictatorial / Femme médecin ++
Mahamoud ou la montée des eaux Antoine Wauters (Folio)
Syrie / Vieil homme /Prison / Poésie / Amour / Dictature ++++
L’Odyssée de Pénélope Margaret Atwood (Pavillon Poche – Robert Laffont)
Mythologie revisitée / Mort des 12 servantes / Version de Pénélope +++
Love me tender Constance Debré (J’ai lu)
Relation mère-fils rompue / Homosexualité / Choix de vie extrême/ Écriture / Piscine ++++
FÉMINISME
SAMBRE
Ce que nous dit la production de la série :
« Sambre est une fiction librement inspirée de faits réels. Une affaire judiciaire hors norme sur une série de viols et d’agressions sexuelles qui se sont déroulés dans le nord de la France sur une période de trente ans. Une histoire qui raconte la lente prise de conscience de toute une société face à la question des violences sexuelles. »
Ce que nous dit Isabelle Perraud @paye_tonpinard
« C’est une série sur France 2 à voir absolument sur l’histoire vraie d’un violeur en série (54 victimes) qui a pu agir pendant 30 ans sans être inquiété, près de chez lui.
On y comprend (si on avait du mal à comprendre) le trauma des victimes après un viol, et pourquoi elles ont tant de mal à en parler. On y comprend aussi (si on avait des doutes) la lenteur de la justice et de la police et comment elles abordent avec tellement d’apriori les histoires de viols et la parole des femmes…
On y comprend aussi que, si ces histoires avancent c’est parce que ce sont des femmes qui se démènent pour les faire avancer au fil des années…
On y comprend (si on avait encore des doutes) que le violeur est un homme lambda, apprécié de tous, un bon père de famille, un bon ami, un bon collègue de travail, un bon entraîneur de foot. Jamais on ne le soupçonnera. Jamais pendant 30 ans.
Il n’y a pas 2 personnalités chez ce type d’homme. Il n’y a pas d’un côté le bon père de famille et d’un autre le violeur.
Le bon père de famille est un violeur.
Le violeur est un bon père de famille.
Il sera enfin jugé en 2022 et prendra 20 ans de prison soit 4 mois 1/2 par victime.
Autant que s’il avait violé une seule femme, mais s’il en avait violé une seule, il n’aurait certainement pas pris grand-chose… voire rien.
On comprend enfin qu’une femme violée n’a pas beaucoup de valeur aux yeux de notre justice. Et qu’on prend bien soin des agresseurs. Toujours. Ce qui leur donne ce droit de continuer et d’agir en tout impunité.
Parce que le viol est une histoire de domination masculine et patriarcale. Qu’il n’est pas question de sexualité mais uniquement un désir de détruire, broyer et écraser.
Regardez cette série. Vraiment. »
Rien à ajouter, et vraiment oui, regardez.
À écouter !
Quand on lui a suggéré le sujet de sa chronique, Mahaut Drama pensait nous parler des mères, m-è-r-e-s et non des maires, m-a-i-r-e-s. C'est donc en s'intéressant par erreur au sujet matriarcal plutôt qu'à celui des édiles qu'elle a bâti sa chronique.
ET SINON, LE BOULOT ?
J’ai fait de sublimes photos, qui, je l’espère, vont inspirer les professionnel.les des castings. J’ai adoré être dans le vent, lutter (un peu) contre les éléments, danser sous la pluie…
Merci @grangoprod pour cette collaboration fructueuse et joyeuse.
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J’ai eu l’occasion de tâter au travail du clown dans un labo de l’AAFA sous le regard pétillant et la direction de la metteuse en scène Lucile ANDRÉ… une rencontre forte et inspirante. Encore un merci.
Et puis le travail de l’ombre :
La recherche de partenaires de création et de résidence pour Œdipe ta mère!
La diffusion des spectacles en tournée
La préparation du Bis de Nantes et du 8 mars !
Générique
#Barbara
@JulietteArmanet
@grangoprod
@ Les Guerrières de la Paix
@ Siri Hustvedt
# Christian Bobin
@ Leïla Slimani
#Antoine Wauters (Folio)
# Margaret Atwood
@Constance Debré
#sambre
@ Isabelle Perraud
@ Mahaut
@grangoprod
AAFA - Actrices & Acteurs de France Associés
Mosca Alias Lucilie Imperatore
Tout embrouillée… 🫢🫢🫢
La lettre du dernier jour du mois # 58
OCTOBRE 2023
Mais… que s’est-il passé ? Mon logiciel d’envoi de mail a tout mélangé ?
On me dit que ma lettre du dernier jour du mois de septembre a été envoyée à mes contacts professionnels et que mon mail de rentrée a été reçu par mes ami.es ?
Évidemment j’ai immédiatement pensé que j’avais fait une erreur de manipulation. C’était de ma faute. Tous les indices habituels de mes erreurs ont ressurgi :« Je suis trop étourdie »
« Ma dyslexie me joue encore et toujours des tours »
« Je fais trop de choses en même temps »
« Je suis mal organisée »
« … »
Et ensuite les coups de fouets que je m’inflige :
« Mais quelle conne, ce n’est pas possible d’être aussi nulle ! »
« C’est pour ça que personne ne me répond ! »
« Qu’est-ce qu’ils vont penser les pros ? nulle, nulle, nulle !!! »
Pour ce dernier point, je ne suis pas inquiète. Les pros ont rarement le temps de lire mes mails, y sont trop débordés, alors me répondre vous pensez bien…
Je remets les choses en ordre et donc voici le lien pour retrouver la fameuse lettre égarée
En parlant de pros…
En lisant la presse il m’arrive de rencontrer, une ou un maire qui m’inspire (par son travail culturel évidemment, si, si, il y en a encore…) et je prends rendez-vous, et ça marche : je peux aller dans sa ville ! Inutile de vous dire que ce n’est pas la porte à côté et que j’ai un long trajet, la dernière fois 3 heures aller-retour : pour rester moins de 5 minutes dans le cabinet. Cependant, je n’avais pas perdu ma matinée puisque je suis partie avec la promesse que M. le Maire s’occupera de me prendre rendez-vous avec le directeur du théâtre qui lui-même n’a jamais répondu à mes messages… Vous êtes en train de vous dire que les promesses n’engagent que celles qui les croient, et pourtant, je pense que je vais l’avoir ce rendez-vous, après ce qu’il donnera, tout dépendra de l’entente entre eux... et de la susceptibilité du directeur d’être obligé de rencontrer quelqu’un à qui il n’a jamais répondu. Ah la vie d’artiste !
Sinon l’autre chose qui m’a embrouillée ce mois (pour rester sur des choses légères) c’est une conversation chiffon, très girly, entre femmes …
J’avais terminé la lecture publique dont je vous parle en fin de lettre. Je discute avec les personnes présentes. Le pot est très sympa, les personnes sont charmantes, j’apprécie le vin rouge, léger, comme il se doit pour un apéro. Une femme, après m’avoir fait des compliments sur la lecture (et c’est bien pour cela que j’étais détendue, pas à cause du rouge quoique ;)), cette femme me parle d’un seul coup de mon pantalon, qui « passe encore » me dit-elle. « Mais vos baskets !… Elles ne vont pas du tout ! Encore, si elles avaient été noires, pourquoi pas… Mais pourquoi n’avez-vous pas mis des escarpins ? C’est classe les escarpins ! »
La vache ! Si elle savait tout ce que je peux faire sur des escarpins...
Je ne sais pas si les hommes osent de telles choses entre eux… Peut-être en parlant de leurs voitures ?
***********
RENDONS À CLÉOPÂTRE CE QUI EST À …CLÉOPÂTRE !
Anne L’Huillier est la cinquième femme seulement à recevoir le Nobel de physique
Trois physicien.nes ont été distingué.es pour avoir mis au point des lasers à l’échelle extrêmement brève des attosecondes. Deux sont français, dont une femme, Anne L’Huillier, qui n’est que la cinquième à obtenir ce prix Nobel en plus d’un siècle !
La Française Nina Métayer est devenue la première femme à remporter le titre de meilleure pâtissière du monde.
Je répète : LA PREMIÈRE FEMME !
FÉMINISME
« Le féminisme est-il mort ? » : se poser la question avec Christine Le Doaré
Parce qu’effectivement le silence est lourd…
Anouk Grinberg dénonce un « silence assourdissant » sur Gérard Depardieu et dit l'avoir vu agresser des femmes. Elle prend la parole maintenant, pour ne pas laisser seules les courageuses qui déposent plaintes. Un grand malaise me saisit à cette lecture… Pourquoi seulement maintenant ?
Pourquoi, alors qu’elle était protégée, ne pas avoir réagi avant ? Elle, et toutes les autres, les favorites, les épargnées ?Et ça continue de s’entrechoquer ….
Avec Stéphane Plaza qui fait régner « un climat de peur » dans son royaume professionnel et se défend en disant «Les femmes sont les plus belles choses du monde.» Des choses ?!?
https://www.liberation.fr/societe/stephane-plaza-comment-il-fait-regner-un-climat-de-peur-dans-son-
Un article passionnant :
Catharine MacKinnon : « Viol ou agression, le consentement sert à justifier l’obéissance des sans-pouvoir à la loi des puissants »
La célèbre féministe et juriste américaine se livre à une vive critique de la notion pourtant présentée comme un sésame. Dans un essai publié en France, celle qui a conceptualisé le harcèlement sexuel invite à repenser la législation du viol et des agressions sexuelles en partant des inégalités de pouvoir.
Extraits :
« Depuis une dizaine d’années, le consentement est devenu un mot quasi magique qui aurait le pouvoir de résoudre les problèmes de violences sexuelles. Qu’en pensez-vous ?
Le consentement est une réponse facile, une illusion légale. Les gens pensent qu’il suffit d’aller devant la justice et dire «je ne voulais pas de cet acte sexuel» pour faire reconnaître un viol ou une agression. Cela ne marche pas comme ça, le problème de la crédibilité est évacué. Comment établir le non-consentement ? Il est plus difficile de prouver l’absence de quelque chose que sa présence. Aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne, la législation sur le viol repose justement sur le consentement et cela ne fonctionne pas. «Consenti» est une façon de dire «elle le voulait» dans une société où le sexe, par définition, satisfait plutôt les femmes qu’il ne les viole. Car les femmes sont encore vues comme faites pour le sexe, elles sont le sexe. La France n’a pas retenu le non-consentement comme élément du crime de viol ou d’agression sexuelle. Elle centre sa loi sur quatre types de forces : la violence, la contrainte, la menace, la surprise. Ces notions ne sont pas idéales mais elles sont concrètes, les avocats des victimes peuvent les utiliser pour défendre leurs clientes.
Pourquoi avoir écrit ce livre centré sur la loi française ?
Je suis très inquiète car en France, certains sont tentés, à l’image du droit anglo-saxon, de faire entrer la notion de consentement dans la loi. C’est une très mauvaise idée. Si vous souhaitez changer la loi, alors explicitez les inégalités de genre qui existent dans les entreprises, dans les relations intimes, au sein des couples et des familles. Comment exercer son consentement quand on est socialement dans une situation d’inégalité ? Les juges et les procureurs peuvent considérer que la simple présence de la personne vaut accord, comme un silence signifierait consentir. Le consentement sert alors à justifier l’obéissance des sans-pouvoir à la loi des puissants. La loi française a déjà inscrit dans ses textes la notion de contrainte, il lui suffit juste de spécifier les formes d’inégalités.
Qu’entendez-vous par inégalités de genre ?
C’est la domination que les hommes exercent sur les femmes, partout dans la société. Ce pouvoir est politique, économique, social. Il est aussi sexuel, perpétue la domination des hommes et leur assure l’accès sexuel aux femmes. Cette situation crée l’idée que les femmes usent de la sexualité pour progresser socialement. Et c’est l’homme qui devient victime. C’est pour cela que j’ai conçu le concept et la loi autour du harcèlement sexuel à la fin des années 70. Les conditions de l’inégalité des sexes contraignent le consentement et rendent très difficile la production de preuves. L’inégalité est une réalité niée, même par les victimes. Dans ce contexte, l’expression par les femmes de leur point de vue n’est quasiment jamais prise au sérieux, n’est pas considérée comme une affirmation de leurs préférences.
(……)
Quand je croise une fille ou un garçon beaux et jeunes, j’ai peur pour eux car je sais comment les prédateurs sexuels les regardent. Les enfants sont sexualisés par la pédopornographie au lieu de vivre leurs vies d’enfants. Ils ne sont pas faits pour le sexe. Leur vulnérabilité, et les violences qu’ils subissent, me rendent terriblement triste. »
Vive l’Islande ! Grève générale des femmes le 24 octobre
Des salariées de la pêche industrielle aux enseignantes, des infirmières à la Première ministre, la moitié du pays ont cessé le travail ce mardi 24 octobrepour lutter contre l’écart de salaire entre les hommes et les femmes et contre les violences sexuelles et sexistes.
INSPIRATIONS POUR SE REMONTER LE MORAL !
De la douceur, je veux de la douceur et cette chanson, sans doute à cause du chocolat et très certainement pour Jeanne Cherhal et Jacques Higelin, j’en prends et reprends "La rousse au chocolat" (Cigale, 2004)
« Il pleut à verse : les toits, de l'autre côté de la rue, ruissellent, et la gouttière déborde. Une longue goutte froide roule le long de la vitre et tombe sur ma main. Derrière moi, la chambre est devenue noire. (...) J'allume l'ampoule du plafond, je risque, pour m'occuper, un arrangement éphémère de la table à écrire, — j'ouvre le buvard, entre le miroir-chevalet et le bouquet de narcisses, — je cherche un semblant de home, je souhaite le thé chaud, le pain doré, ma lampe familière et son abat-jour rose, l'aboiement de ma chienne... Une grande feuille blanche est là, tentante, et je m'assieds... »
Colette - La Vagabonde
Anne Teresa De Keersmaeker : "il faut faire un pari sur la beauté"
Je retrouve Anne Teresa De Keersmaeker et Meskerem Mees chanteuse danseuse dans un post FB de Juliette Riedler
Je me permets de la citer, car cette histoire m’inspire et me donne du baume au cœur…
« Nous étions deux à attendre, d’abord sans rien puis avec un petit écriteau fabriqué à partir d’une carte, à l’intérieur puis dans le sas puis devant le Théâtre de la Ville, à espérer acheter des places pour assister à Exit Above, d’Anne Theresa de Keersmaker. Nous étions déjà en train de critiquer l’aristocratie culturelle qui a les moyens de s’offrir un abonnement à l’ouverture de saison, sachant déjà les spectacles à voir, n’ayant pas grand chose à perdre si finalement cela ne valait pas trop le coup; nous avions la bonne humeur déjà attaquée par les non-bonjour des dames de l’accueil et de la billetterie « Si vous voulez mais elle est déjà saturée (la liste d’attente) », déjà en train d’appeler le restaurant japonais préféré dans le premier arrondissement pour réserver une table, au cas où.
Nous venions de trouver une personne qui nous a vendu une place, il nous en restait une à trouver, tout espoir était encore permis, lorsque en revenant de l’intérieur jusque sous mon parapluie me dit : « Il avait raison le type, c’est annulé. »
Nous entrons, un jeune homme est en train d’installer un micro au milieu du hall. « Il va y avoir une prise de parole. »
Les danseuses arrivent et se postent en groupe au centre de l’espace, Meskerem Mees devant le micro.
Je n’ai pas enregistré son discours, d’autres l’ont fait ; pas enregistré car trop saisie par le moment, renonçant à me scinder pour partager à la communauté. Je restitue de mémoire ses paroles en anglais régulièrement interrompues pour laisser place à la traductrice.
« Le spectacle est annulé. Je vais parler en mon nom, non en celui de la compagnie.
Cet après-midi en me rendant au théâtre, je suis bloquée par la manifestation et me retrouve prise à l’intérieur. Je commence à marcher avec elleux. Je cherche par où sortir et vois que nous sommes, devant, derrière, à gauche, à droite, entourées de policiers. À l’un d’eux j’explique ma situation, que je dois aller en répétition au théâtre. Il me répond qu’il est impossible de passer.
Une fille avec son vélo, quelques mètres plus loin, demande aussi à passer, pour aller travailler. Les policiers lui interdisent le passage. Elle se met à pleurer. Elle a dit « Mais on est en France ! Où est la liberté ? »
À un moment donné nous nous arrêtons, bloquées. À côté de moi, deux jeunes filles, de seize ans, je dirais. Elles ont dû s’approcher un peu trop près de la distance acceptable pour les policiers, qui se sont mis à les battre. Puis l’assaut a été donné. J’ai reçu sur la jambe une bombe lacrymogène. Elle n’a pas explosé. Au moment de l’assaut j’ai vu une faille et je me suis extraite de la nasse. J’ai continué à marcher jusqu’au théâtre. Je ne pleurais pas. C’est quand je suis entrée et que j’ai rejoint mes camarades que j’ai commencé à pleurer. Je n’ai pas pu m’arrêter.
À présent je ne pleure pas. Je vous demande de comprendre. »
Les applaudissements sont nourris.
Le directeur du théâtre s’est lâchement désolidarisé en s’excusant auprès du public et répétant que cela n’était pas sa décision. Il n’a manifesté aucune marque d’empathie envers Meskerem Mees.
Puis, la troupe est partie.
Meskerem Mees prend la parole, elle fait entendre sa voix, elle ne se laisse pas taire par la machine productiviste qu’est aussi devenu le théâtre, elle parle en son nom, et toute la troupe la soutient, silencieuse et fière. Elle prend position. Meskerem Mees à ce moment-là fait entrer le politique dans le théâtre. Elle signale que les lumières bleues qui balaient la nuit et les sirènes qui la strient ne sont pas des décors de théâtre, que dans la rue la police bat, tue. Que l’art n’est pas une abstraction jouissive déconnectée du réel pour qui peut s’offrir cette fuite. Elle en appelle à notre fragilité commune, à notre capacité d’empathie. Elle est une actrice, une chanteuse, une danseuse : elle joue avec ce qu’elle est. Ce soir, elle était trop attaquée, trop blessée pour jouer. Beauté aussi de la solidarité sans tergiversation de la troupe.
Ce soir du 28 octobre 2023, une belle page a été écrite dans l’histoire du partage du sensible : la constitution exemplaire de la solidarité d’une troupe envers la blessure d’une jeune femme. Cet ensemble, à l'image de son origine, était politique et esthétique. J’ai eu mon cadeau d’anniversaire. »
LECTURE
Un jeudi saveur chocolat Michiko Aoyama (NaMi)
Tokyo / Sydney / Des histoires qui se croisent /Gentiment
Darktown Thomas Mullen (Rivages/Noir)
Ségrégation après-guerre / Atlanta 1948 / Policiers noirs +++
Présumée disparue Susie Steiner (Le livre de poche)
Policière crise quarantaine / Amours ratés / Disparition jeune femme / Angleterre +++
Les Oiselles sauvages Pauline Gonthier (Mon poche)
Histoires croisées féminisme / 1970 / 2017 /Le bon parfum de la sororité / Pour réviser +++
De sang et d’ébène Donna Leon (Calmann-Lévy)
Venise / Vendeur à la sauvette / Diamants africains / Policier/ cuisine italienne +
ET SINON, LE BOULOT ?
C’était bien chouette de lire des extraits de « Celle que tu ne choisis pas » de Sophie Pialet (L’Harmattan). J’ai aimé me glisser dans une autre peau, chercher son souffle et j’espère parfois trouver sa voix.
Merci de m’avoir donné la possibilité de me sortir de ma bulle d’autrice et de productrice…
Générique
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#Nina Métayer
#Christine Le Doaré
#Anouk Grinberg
#Catharine MacKinnon
@Jeanne Cherhal
#Jacques Higelin
#Colette
#Anne Teresa De Keersmaeker
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@Les_mots_de_Sophie
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