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CORINNE MERLE

Je vote pour des chemins de désir 🦹‍♀️🦹‍♀️🦹‍♀️

30 Septembre 2026 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #COMMENT JE ME SUIS SAUVÉE LA VIE, #Inspiratrices

 
 
Je m’apprêtais à déguster du Bordeaux dimanche matin. Pas très inspirée, j’avais fait un petit marché. J’avais croisé plusieurs personnes qui démarchaient pour leur candidat, en me demandant si c’était normal que cela commence ce week-end.
Donc ils s’étaient donné le mot : dimanche 27 septembre on teste les tracts ! J’ai vaguement slalomé entre eux, je n’étais pas inspirée vous dis-je, pas d’humeur pour un débat politique ce matin. Je ne voulais qu’une chose : qu’il pleuve enfin !
 
Puis, je commence à discuter avec le jeune homme qui m’avait proposé une dégustation.
- Vous connaissez le Bordeaux ? 
- Oui, un peu, et j’ai même des copines dans le vin 
Mais il ne connaissait pas Le guide féministe des vins nature sans patriarcat ajouté (voir dans la rubrique Lecture)
 
Et là, un homme interrompt notre conversation (sans doute parce qu’il avait acheté du vin, ou qu’il connaissait le grand-père du vendeur, ou parce que c’était un homme…) et il nous lance :
- Ce n’est pas possible que des jeunes soutiennent LFI alors que c’est un parti antisémite et anti-démocratique. 
Ce monsieur (celui qui connaissait le grand-père du jeune homme qui tentait de faire déguster son vin) a bien le droit de penser ce qu’il pense. Pas de problème avec ça. Mais pourquoi faire passer ses idées, sa vérité en force ? Pourquoi de suite la colère ?
 
Dans ses cas-là, je n’ai aucune répartie.
La petite voix dans ma tête prend toute la place : ça ne sert à rien de répondre…
Sauf qu’il va bien falloir qu’on se parle, qu’on soit du même avis ou pas. Lorsque j’ai dit à un tracteur LFI :
- Vous avez du courage de venir sur ce marché » (c’est Paris 16ème quand même)
- Il m’a répondu « il faut parler à tout le monde… »
 
Il va bien falloir que nous trouvions d’autres chemins pour nous parler, d’autres chemins que nous inventerions. Ceux sur lesquels on nous pousse me semblent dangereux.
 
J’espère ceux d’Emmanuel Marre, réalisateur du film « Notre Salut » :
« Dans un parc, ce qu’on appelle les « chemins de désir » apparaîssent toujours sur la pelouse, piétinés hors des sentiers prévus. Dans mon film, j’ai voulu montrer, en allant dans le détail des situations, que ça peut se jouer à chaque moment, qu’à chaque étape du processus, on peut sortir de la fatalité. »
 
Au fait, je n’ai pas trouvé le Bordeaux top, je commence à être très influencée par les vins nature de mes copines…

  
 

***********

3 FEMMAGES
 
1/ Gloria Steinem 

« Parfois, quand j’entre dans une pièce ou que j’emprunte une rue familière, je vois une ancienne version de moi-même venir à ma rencontre. Elle ne peut pas me voir dans l’avenir, mais moi, je la vois très clairement. Elle me dépasse d’un pas pressé, inquiète à l’idée d’être en retard à un rendez-vous où elle n’a pas envie d’aller. Elle est assise à une table de restaurant et verse des larmes de rage en se disputant avec un amant qui n’est pas pour elle. Elle avance à grandes enjambées dans ma direction, vêtue des jeans et des bottes en cuir lie-de-vin qu’elle a portés pendant une décennie, et je me souviens de la sensation exacte de ces bottes à mes pieds. Elle se tient dans la salle de réunion d’un journal avec le genre d’hommes de pouvoir qui savent le mieux saper sa confiance en elle, essayant de les persuader de soutenir un projet de loi dont les femmes ont terriblement besoin – en vain. Elle est un fantôme dans le couloir d’un bâtiment de bureaux qu’elle et les autres femmes de "Ms. Magazine" ont arpenté pendant tant d’années. Elle se précipite vers moi à la sortie d’une salle de conférences, parlant, riant, débordant d’optimisme.
Longtemps, elle m’impatientait. Pourquoi perdait-elle tout ce temps ? Pourquoi était-elle avec cet homme ? à ce rendez-vous ? Pourquoi oubliait-elle de dire la chose la plus importante ? Pourquoi n’était-elle pas plus sage, plus productive, plus heureuse ? Mais, ces derniers temps, j’ai commencé à ressentir de la tendresse, une accumulation de larmes à l’arrière de ma gorge, quand je la voyais. Je me dis : "Elle fait de son mieux. Elle a survécu – et elle se donne tellement de mal." Parfois, je voudrais pouvoir revenir en arrière et la prendre dans mes bras. Depuis que j’ai ressenti ce désir, j’ai aussi remarqué que ses différentes images commençaient à se réunir. La petite fille qui écoute la radio dans une pièce vide se tient tout près de la femme qui essaie de réunir des fonds ou qui supplie qu’on lui achète des pages de publicité. La très jeune femme en sari aux yeux fardés de khôl rencontre dans un miroir le regard de la femme en jeans et lunettes de soleil, quinze ans plus tard. Le moi anxieux engoncé dans un trench devant le Plaza écoute un moi plus âgé qui prend la parole lors d’une manifestation. Une grande fille de douze ans aux joues rondes marche à mes côtés dans une rue ensoleillée ; elle regarde les vitrines, savoure mon cornet de glace et se sent remarquablement heureuse.
Nous sommes tant de nous-mêmes différents. Ce n’est pas seulement l’enfant d’il y a longtemps en nous qui a besoin de tendresse et d’acceptation, mais aussi la personne que nous étions l’année dernière, celle que nous voulions être hier, celle que nous avons essayé de devenir le temps d’un boulot ou d’un hiver, dans une histoire d’amour ou dans une maison où maintenant encore, nous pouvons fermer les yeux et respirer l’odeur des pièces.
Ce qui lie entre eux ces moi infiniment changeants, aux réactions et aux retours infinis, c’est : il y a toujours une voix intérieure authentique.
Faites-lui confiance. »
Gloria Steinem, « Revolution from Within. A Book of Self-Esteem » (1992)
 
Gloria Steinem, journaliste et figure majeure du féminisme américain, est morte à 92 ans. Journaliste, essayiste et militante, elle a incarné depuis les années 1960 un combat pour l’émancipation des femmes, en faisant du féminisme un mouvement à la fois politique, social et ancré dans les expériences du quotidien. Cofondatrice du magazine Ms., elle a contribué à transformer le débat public aux États-Unis et à encourager les femmes à prendre leur place dans la vie politique.
De ses années de journalisme à son engagement militant, Gloria Steinem a parcouru les États-Unis et recueilli les récits de femmes pour comprendre leurs expériences et faire émerger une parole collective. Précurseure sur les liens entre féminisme, lutte contre les discriminations raciales et justice sociale, elle a défendu un féminisme attentif aux "réalités vécues", au-delà des seules frontières occidentales.
Avec "Une révolution intérieure", publié en 1992 et récemment réédité, elle a exploré l’estime de soi comme une question profondément politique, liée à l’émancipation et à la capacité d’agir : "L’estime de soi n’est pas tout, mais rien n’existe sans elle", écrivait-elle.
 (ré)écouter cette émission consacrée à Gloria Steinem et à son œuvre.

2/ Marina Vlady

Pour l'indépendance de l'Algérie, en cachant chez elle Francis Jeanson, et en participant à la manifestation de février 62, à Charonne.
Pour le droit à l'IVG et le féminisme, en signant le fameux Manifeste des 343 salopes, dans le Nouvel Obs d'avril 71.
Adhérente du PCF, membre de l'association France-URSS.
Mariée avec Vladimir Vissotski poète soviétique pour lequel elle écrira ce livre bouleversant, juste après sa mort : Vladimir ou le vol arrêté. Elle en avait fait un spectacle, au début des années 2000.
L'aventure auprès de Léon Schwartzenberg, défendant bec et ongles, avec et après lui, le droit de mettre fin à sa vie lorsque celle-ci est devenue insupportable.
Victoire ou la douleur des femmes, un film de télé de Nadine Trintignant sur le douloureux thème de l'avortement. Auprès de Marie Trintignant, tout aussi impliquée qu'elle... Et aussi dans le même esprit, ces Trois femmes en colère, d'après Benoîte Groult.
Marina Vlady (entre autres choses)



3/ Catherine Ringer : « Ne pas bâcler sa vie, c’est un bon conseil »

Je vote pour des chemins de désir 🦹‍♀️🦹‍♀️🦹‍♀️

Cette femme
Sa voix, bien sûr.
Ses textes évidemment.
Son look.
Et sa façon de bouger.
Comme une libération.
On perçoit tellement sa personnalité par ses gestes, sa danse.
C’était une danseuse, une professionnelle, une grande travailleuse.
Aucune femme n’avait jamais dansé comme elle, sa façon de bouger, d’être unique.
Catherine Ringer n’était pas dans la provocation.
 
Elle arrivait à imposer ce qu’elle était, qui pouvait provoquer.
Elle vivait avec entièreté et panache qui elle était. Son talent flamboyait.
Elle m’a prise au corps en me transmettant sa liberté.
 

Touchée d’avoir reçu ce mot de ma grande copine Sophie :
« J’ai beaucoup pensé à toi à la mort de la rebelle Catherine Ringer,
vous vous ressemblez tant ! »
Oui, Catherine, tu vas me manquer terriblement.
Évidemment cela va être plus difficile sans toi, mais je vais m’accrocher, et tenter de continuer d’être moi, sans demander de permission.

 
"On n’est pas là pour plaire à tout le monde,
on est là pour faire ce qu’on a à faire avec sincérité."

 

" La liberté, c’est de ne pas avoir peur du regard des autres,
même quand ils jugent."


Dans le flow de tout ce qui a été montré, voici une rareté 

 
Et maintenant fêtons les vivantes !
 

 

INSPIRATIONS
  
L'IA nous rend-elle bêtes ?

Les idées larges avec Anne Alombert (elle est géniale !)
ChatGPT a débarqué dans nos vies le 30 novembre 2022. Et depuis, rien n'est plus pareil. Peut-être que dans quelques siècles, les livres d'histoire compareront cette date à l'invention de l'imprimerie en 1450. Car les IA génératives qui créent textes, images et vidéos, sont en train de bouleverser nos sociétés, nos manières de s'informer, de travailler, mais aussi de réfléchir.
  
Ralentir, une question de survie ?
Partout dans le monde, une même tendance se dessine : retraites déconnectées, voyages lents, espaces « offline ». La Gen Z découvre même le « nonna-maxxing » : cuisiner, jardiner, marcher, recevoir ses proches, vivre comme une grand-mère italienne.
 

Nathalie des Bronzés, Mme Musquin dans Le Père Noël est une ordure, Marijo dans Gazon maudit : Josiane Balasko a créé des personnages entrés dans la mémoire collective. Mais son parcours raconte aussi une autre histoire, celle d’une artiste qui n’a cessé de bousculer les normes. 
Entretien passionnant de Cécile Alduy D’abord ils sont venus chercher les mots (Les Arènes)
« Pour l’extrême droite de Trump à Le Pen, la purification lexicale va de pair avec la purification ethnique »
 Extraits de l’article, parce que je sais que vous n’êtes pas forcément abonnées…
« Que reste-t-il, une fois ces mots effacés du lexique officiel ? 
« Enlever les mots, c’est enlever la capacité de penser la réalité, de s’exprimer. C’est une attaque directe contre la liberté d’expression. Ce qui reste, c’est le monde des hommes blancs, hétérosexuels, cisgenres, seuls légitimes à exister dans l’espace public, à être représentés. La volonté de purification lexicale va de pair avec la volonté de purification ethnique. La diversité des réalités humaines est en train d’être supprimée des sciences. Les seuls projets de recherche qui remportent les fonds fédéraux depuis 2025 portent sur l’intelligence artificielle, la période d’avant l’abolition de l’esclavage (dont l’enseignement est interdit dans certains États) ou les pères fondateurs. »
Quelle vision du monde porte cette langue ? 
Elle essaie d’imposer une vision du monde abstraite et fictionnelle. Trump a par exemple dit que la guerre en Iran était finie, que l’inflation avait disparu. Cette langue ne fait plus référence au réel comme étalon de valeur. Elle fonctionne sur le mode de la croyance. Imposer par la langue de croire à quelque chose qui n’existe pas est le propre des régimes totalitaires, qui exigent une forme de fanatisme et d’obéissance aveugle.
Dans cette idéologie, être blanc, femme, ou juif, est une essence. Les individus sont cantonnés dans des cases hermétiques et définitives. Par exemple, le gouvernement fédéral a fait de la lutte contre l’antisémitisme l’étendard de son offensive sur les universités, alors que c’est lui-même qui demande aux universités de dresser des listes de juifs. Suggérer que parce qu’on est juif, on va penser d’une certaine manière, voilà qui est antisémite. Des compagnies privées font payer des certificats à des enfants pour prouver leur sexe biologique et pouvoir jouer au basket ou au foot. Le niveau de contrôle des vies à travers l’imposition d’un cadrage par la langue est extrême. Ce monde figé, essentialisant, doit être fossilisé dans la langue. Telle est l’idéologie identitaire, ou identitariste, d’extrême droite : le mot est à la fois une cible et un destin. Elle est au pouvoir aux Etats-Unis mais c’est la même logique dans les discours identitaristes du Rassemblement National en France.
La France pourrait-elle mieux résister à cette offensive de l’extrême droite sur le langage ? 
D’abord, l’extrême droite a été caricaturée parce qu’elle s’incarnait dans une figure caricaturale : Jean-Marie Le Pen. Cette notion a été réduite au nazisme, alors qu’elle recouvre tout un corpus idéologique qui a une vision claire des hiérarchies sociales. On n’a pas vu ce que l’extrême droite était devenue dans un contexte où elle bénéficie de l’échec relatif des politiques d’égalité, et où la menace islamiste est réelle.
Le FN devenu RN a édulcoré le style de son discours sous Marine Le Pen. Mais ce toilettage cosmétique cache une emprise tout aussi forte sur le débat public, et la même idéologie essentialisante et discriminante.
(…)
Ce livre est une tentative de faire archive. Que vous a apporté son écriture ? 
Il m’a aidée à avoir moins peur, même si j’ai toujours le numéro du consulat français dans ma poche. En disant « je » dans ce livre, je me suis autorisée à exister en tant que personne, plutôt qu’en prenant une voix abstraite d’universitaire, située nulle part. J’ai compris l’importance du droit au langage, et je me suis désintoxiquée du poison qui commençait à me faire abandonner certains mots. Cette emprise politique, je l’ai vécue intimement. Moi-même, spécialiste de l’extrême droite, je commençais à me limiter dans ma capacité à être, penser, et dire. Nous sommes actuellement dans ce moment de bascule dans un nouveau régime du langage et de restriction du champ des possibles.
 

LECTURE 
Merci à Arielle, Isabelle et Élise pour les 3 premiers livres.
 
Vita Brevis Jostein Gaarder (Seuil) +
Saint Augustin et Flora / Confessions et contre-arguments / gros sabots féministes
Le coût de la virilité Lucie PEYTAVIN (le livre de poche) +++++
Un pognon de dingue/ 95,2 milliards d’euros 
Triste tigre Neige Sinno (Folio) Re-lecture +++++++++
Toujours aussi impressionnant : se mettre à la place de l’agresseur…
Le silence des cloîtres Alicia Giménez Bartlett (Rivages/Noir) Re-lecture ++++
Espagne / Vol d’une momie / Policière tiraillée : famille recomposée et métier.
Le guide féministe des vins nature sans patriarcat ajouté Élodie Louchez & Isabelle Perraud (Éditions Nouriturfu) ++++ Portrait de femmes … du vin/ Belles et rudes histoires / Envie de dégustations
 
 
A tous les lecteurs du métro et d’ailleurs, par Lola Lafon

Alors, que lisez-vous, vous que je croise dans le métro ? Sachez-le, votre présence rappelle à chacun·e quelque chose d’essentiel et fait naître une étrange émotion. Celle d’appartenir à une communauté qui persiste, qui ne renonce pas. Qui entend, entre les mots, le bruissement d’imaginaires d’autant plus précieux qu’ils sont lointains, inconnus.


Ça va mieux en lisant

La lecture à tout âge, antidote contre le décrochage scolaire et la démence sénile
« Cela commence à faire beaucoup de points positifs. Et les preuves des bienfaits de cette activité ne sont pas basées uniquement sur des observations. En effet, des études d’imageries cérébrales montrent que la lecture est associée à « des changements structurels mesurables dans le cerveau ». Des résultats qui « suggèrent que les lecteurs expérimentés présentent une connectivité neuronale plus efficace et mieux organisée au sein des réseaux essentiels au langage, au traitement phonologique et à la communication interhémisphérique ». »


 
 
FÉMINISME

Je vote pour des chemins de désir 🦹‍♀️🦹‍♀️🦹‍♀️
En politique aussi les femmes sont victimes de deepfakes pornographiques, pointe une étude.
Un think tank allemand a passé au crible 160 sites connus pour héberger des images truquées par IA à caractère sexuel et a constaté la très forte proportion d’élues visées, dont 17 députées françaises.

 
À l’occasion de la sortie au cinéma de deux films inspirés de son œuvre, "Mémoire de fille", réalisé par Judith Godrèche, et le documentaire "Écrire la vie", réalisé par Claire Simon, Annie Ernaux est l’invitée exceptionnelle des Matins de Marguerite Catton. De la réception de son œuvre par la jeune génération à l’évolution de la condition féminine, la prix Nobel de littérature 2022 partage son regard sur l’époque.
France Culture est partenaire de ces deux films.
 
Nos écrans nous donnent accès à un monde immense depuis des espaces de plus en plus confinés. Mais cette connexion permanente peut aussi capter notre attention, nous éloigner de notre corps et rendre plus difficile l’expérience directe du monde. 

 

ET SINON, LE BOULOT ?
Pas encore de pistes ne se dégagent de mon travail de fourmi…
Je balance entre le « à quoi ça sert tout ça ? » et la certitude que je suis une artiste de la maturité et que tout cela va bien finir par payer (un peu) un jour.
Vous voyez, je garde le moral.
 
Portez-vous bien. J’ai besoin de vous en forme !
Bon mois d’octobre, pour ma part je l’espère automnal et pluvieux.
 
Générique
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