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CORINNE MERLE

Articles récents

En ces temps d'incertitudes...

26 Octobre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Yoga

 

Psychologie Magazine - Octobre 2020

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L’incertitude, notre nouveau point commun 🌋🌋🌋

30 Septembre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Lettre du dernier jour du mois, #Collages, #Corinne Merle, #Yoga, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie....

Du jour au lendemain le prévu s’écroule. Le futur est flou, incertain.
De nouvelles contraintes nous sont imposées, elles nous tombent dessus. Pourquoi ? Parce que ! Ça ne se discute pas. Il nous faut vivre avec des gestes « barrières » et derrière nos masques…
« Elle a bon dos, la science ! » : c’est le nom de l’entretien avec Pierre-Henri Gouyon

Vous pouvez écouter le Pr. Toubiana qui nous explique clairement pourquoi l'épidémie est terminée...
 
Comment ça va vous ?
Votre santé ? Vos humeurs ? Vos amours ?
Colère, fatigue, angoisse ? Ou pas ? Vous arrivez à passer à travers les gouttes ?

 
Pour ma part je me suis plongée dans l’intelligence collective avec une formation du Centre Hubertine Auclert. Le plaisir, le bonheur de rencontrer des femmes plutôt jeunes et féministes. Wouaaah ! L’intérêt pour cet instrument vibrant qu’est l’intelligence collective. Re Wouaaah !! J’avais approché cette intelligence il y a quelques années grâce à un amour, j’étais déjà conquise et inspirée. Ces deux jours m’ont donné des désirs et de belles pistes… J’ai par exemple de nouvelles envies de prises de parole pendant mon spectacle, mais chut… maturation en cours…

 
Ce mois de septembre est passé tellement vite.
J’ai retrouvé ma ville, mes ami.es et le studio de yoga. Et puis l’hiver nous est tombé dessus en ce début d’automne, et les studios de yoga ont été contraints de fermer. Je partage la tribune zen, mais (très) en colère de mes collègues de yoga

 
Actrice, yogini, il ne me manquerait plus qu’être DJ pour cocher tous les métiers d’incertitude !

PS : Sortons du domaine de la vie privée et  faisons un sujet de société de ses parents et surtout de ces mères qui ne peuvent plus «saquer leur gosse» après le confinement

L’incertitude, notre nouveau point commun 🌋🌋🌋


◊  ◊  ◊

 


PLAISIRS 

 
Parce que c’est vraiment un plaisir que de l’entendre, je vous conseille ardemment d’écouter ces épisodes d’A voix nue avec Gisèle Halimi.
Inutile de vous dire que je fais partie des personnes qui souhaitent tout aussi ardemment que Gisèle Halimi rejoigne le Panthéon #GisèleHalimiAuPanthéon
 
Retrouver la Gréco avec ce beau portrait et dans cette interview croisée avec Virginie Despentes.
 
 

FÉMINISME
 
''Je ne réclame aucune faveur pour les personnes de mon sexe. Tout ce que je demande à nos frères, c'est de retirer leurs pieds de notre nuque''
Ruth Bader Ginsburg
(1933-2020)
 
 
Attention inspiration !!!
Christelle Delarue, militante féministe, fondatrice de l'association « Les Lionnes » et conseillère spéciale auprès de la division « Egalité des genres » à l'UNESCO revient sur ses 12 années à tenter de changer le milieu de la pub de l'intérieur et nous raconte comment elle s'est frottée aux limites du système.

Le tennis a été important dans ma vie, il me reste Suzanne Lenglen.

Solitude, héroïne de la résistance des esclaves, a désormais son jardin à Paris

 
 
 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Lire Abdennour Bidar, philosophe
« Nous avons voulu sauver la vie mais nous l’avons, à l’inverse, coupée de tous les liens qui la nourrissent, vidée de toutes les significations qui la font grandir. Cesser d’exister pour rester en vie ? Cette contradiction est accablante. »

 
Deux anciennes camarades de jeu (nous étions dans le même cours de théâtre…) Sandrine Briard et Isabelle Ben Soussan sont à l’origine d’une action magnifique. Elles soutiennent concrètement et avec beaucoup de cœur Sandra Bechtel, autrice. Sandra est touchée de plein fouet par la crise du Covid.
C’est ici pour vous informer et la soutenir aussi
 
 

 
ET SINON, LE BOULOT ?

 
Virginie D.  s’adapte pour vos appartements, vos lieux associatifs et alternatifs. Moins théâtrale (quoi que…)  c’est une expérience d’agitation citoyenne. Nous travaillons à inventer des cercles de résistance, des circuits courts culturels. Si cela vous tente, il vous suffit de répondre à cette lettre.
 

Et aussi :
J’aurai pu « tricher ». Mais vous le savez ce n’est pas le but de cette lettre. Oui j’aurai pu recopier les lignes de l’autrice et journaliste Valérie Péronnet… Mais rendons à Cléopatre ce qui est à Cléopatre et achetons le numéro de Psychologie Magazine d’octobre pour découvrir le dossier « Mieux vivre avec l’incertitude ». Et en plus vous m’y verrez grâce à une
magnifique photo de Stéphanie Tétu.
Je ne boude pas mon plaisir d’apparaître au grand jour dans de si bonnes conditions.
Merci à elles deux pour ces échanges profonds, sensibles et joyeux.
Et si vous voulez connaître le travail de Valérie Peronnet, lisez Jeanne et Marguerite (Calmann-Levy), deux histoires d’amour et de lettres écrites par deux femmes qui se croisent au-delà du temps.
Ou encore Un petit glaçon dans la tête (Calmann-Levy) où les mots et l’imaginaire sont les remèdes au réel souvent tragique.
 
Et sans incertitude cette fois, je vous fais parvenir mes chaleureuses vibrations.

Stéphanie Tétu

Stéphanie Tétu

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Collages de confinée

2 Septembre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Collages, #Corinne Merle

J'aime les découpages, les assemblages, les voyages de l'imaginaire.

J'aime cet état suspendu et cette détente que procure ce travail.

Oui, c'est un travail puisqu'il me travaille.

 

Pendant l'enfermement obligatoire, les collages ont ouvert des fenêtres.

Les voici.

Le premier donc.

Le premier donc.

Collages de confinée
Collages de confinée
Collages de confinée
Collages de confinée
Collages de confinée
Collages de confinée

Et les titres comme des mantras....

sortir du cadre / retrouver sa vraie nature / écouter dehors / bouger son corps / sortir pourquoi et pour qui ? / plutôt que la peur choisir le désir

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Grains de sable

2 Septembre 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Lettre du dernier jour du mois, #Corinne Merle

La lettre du dernier jour du mois #20

AOÛT 

 

Fin de la parenthèse estivale !

Finis les cigales, les pans bagnats et le rosé.

Rangés les palmes et le maillot, je laisse le compost se débrouiller tout seul.

 

Retour dans l’arène.

Je retrouve Paris, ma ville choisie.  J’ai une fringale de cinéma, de musée, de théâtre (sic), de yoga et de vous mes ami.es !

Je me faisais rire toute seule dans le bus qui me menait de la gare de Lyon à la Porte Saint Cloud (un des plus beaux trajets de bus de Paname) en prenant des photos de ma ville comme si je la découvrais.

Paris, sa vibration, sa beauté, mais Paris masqué.

Je me suis très vite remise au travail, je me suis débarrassée de l’administratif et j’ai commandé des livres à la librairie.

 

Pour revenir à mes séances de plages, j’ai été frappée par l’évolution des maillots de bain de petites filles : en deux mois, et à raison de 31 visites à la plage de 3 heures par séances, je n’ai vu que 2 petites filles en bikini. Les autres avaient des deux pièces ou un une pièce. C’est-à-dire que leur (comment appeler cet endroit du corps pour des petites filles pré-pubères) poitrine était couverte.

 

Se télescopent avec mon étude sociologique des plages trois actualités aoûtiennes :

 

La sortie d’un film « Mignonnes » sur l'hypersexualisation des pré-adolescentes. A voir pour trancher si la réalisatrice Maimouna Doucouré utilise ces jeunes filles pour susciter un désire pervers ou pas…

 

 

Cette image. Une autre civilisation pourra dire : « ils étaient vraiment pervers ces humains, ils rembourraient des brassières pour des petites filles de huit ans, et ça ne choquait pas grand monde..."

Grains de sable

 

La question qui se pose en cette fin d’été « Seins nus sur la plage : que dit la loi ? » alors que des gendarmes ont demandé à plusieurs femmes, qui bronzaient les seins nus, de remettre leur haut de maillot de bain le jeudi 20 août.

 

Et pour clore le débat :

L’anniversaire du 26 août 1970, un acte symbolique d’une dizaine de féministes a marqué le début du Mouvement de libération des femmes qui a œuvré pour leurs droits. Mais le chemin est long, camarades….

 

 

PS : Sinon, je n’ai pas fait qu’observer sur la plage, j’ai aussi nagé plus de 60km. C’est vous dire combien je suis en forme !

 

 

◊  ◊  ◊

 

PLAISIRS 

 

Grains de sable

 

FÉMINISME

 

Ce n’est pas pour faire plaisir à ma petite voix préférée… Aujourd’hui je laisse voix à trois hommes (avec Camus ça fait trois) :

 

Yves Jamait Je passais par hasard

 

 

Arthur H – La boxeuse amoureuse

 

 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

 

Grains de sable

 

 

ET SINON, LE BOULOT ?

 

En même temps que je poste ma lettre j’envoie mon texte « J’ai vu deux lunes » au concours d’écriture de Sororitas, Les femmes écrivent le monde de demain.

 

« J’ai vu deux lunes

Et j’ai pas bu

J’ai vu deux lunes

Et t’es revenu

C’est parfois le son du vent entre les planches du jardin que je n’ai toujours pas clouées, qui claquent plus ou moins fortement. Ce n’est pas parce que je n’ai plus de clous ou parce que j’oublie où est le marteau. Non. Je les ai laissées parce qu’elles m’indiquent que c’est le vent du sud qui souffle et que la pluie ne va pas tarder. »

 

 

C’est le tout début, et on verra bien comment ces deux lunes voyageront.

Cette chansonnette m’est venue en regardant la pleine lune se refléter dans l’eau de la piscine. Aucune référence à Haruki Murakami et à son 1Q84 dont j’ignorais l’existence jusqu’à samedi…

 

 

À très bientôt.

Portez-vous bien.

Protégez votre courage pour sortir à l’aventure de la vie.

Grains de sable
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Nous ne sommes pas rendues … ou la sale impression d’être cernées

31 Juillet 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Lettre du dernier jour du mois, #Corinne Merle

J’avais pourtant le projet de rester au calme,
en chômage technique, tranquille, mémère.
Me reposer, recharger les batteries, faire le vide pour faire le plein.
Je me suis tenue éloignée des débats, bien sagement rangée dans le Sud.
Tout allait bien, je me gavais de tomates et d’olives,
allongeais progressivement le temps des baignades, profitais de la famille.

 

MAIS :
 
1 /« Mélancolie ouvrière » de Gérard Mordillat ressort.

Lucie Baud, je l’avais découverte en lisant « Mélancolie ouvrière » de Michelle Perrot. Je vous conseille ardemment de lire cet essai. L’historienne sort Lucie Baud de l’ombre avec brio, sans romantisme, et nous dresse le portrait d’une femme forte, révoltée, courageuse : une héroïne gommée de l’histoire.

L’adaptation en téléfilm par Gérard Mordillat prend un autre chemin…
J’avais tellement envie de l’aimer ce téléfilm lorsque je l’ai vu à sa sortie !
Mais les images de Gérard Mordillat sont dégoulinantes : je me souviens notamment de la scène où les ouvrières se baignent. J’ai pensé à des images de David Hamilton, vous dire combien le décalage est grand.
Et puis elle, la comédienne tellement loin de Lucie Baud...

Très très énervant !

J’entends une petite voix qui dit : "déjà qu’on fait le portrait d’une femme inconnue et ouvrière et féministe, tu devrais être contente..."
Ben non ! Le regard de Gérard Mordillat a tué MA Lucie Baud.
Rien à voir avoir le désenchantement habituel des adaptations de livres à l’écran. C’est bien pire, c’est encore une violence, il fait de cette combattante (et des autres ouvrières) des objets de désir.

 
 
2/ L’Ifop dévoile que 20% des Français « légitiment » une agression si les tétons de la femme victime se devinent sous son vêtement.

Je répète, pour 20 % des Français :  «le fait qu’une femme laisse apparaître ses tétons sous un haut devrait être, pour son agresseur, une circonstance atténuante en cas d’agression sexuelle».
La « culture du viol » dans notre société est profonde, ancrée.
Le regard de l’homme viole, le regard de l’homme tue.
(Et toujours cette petite voix qui me chuchote  : "Ne pourrait-on pas écrire plutôt « le regard de l’homme peut violer, le regard de l’homme peut tuer » ? Parce que dire « Le regard de l’homme viole » est général. Ça sous-entend que le regard de tous les hommes viole… "
Ce à quoi je réponds à ma petite voix adorée : 98% des violeurs sont des hommes...)

 

3/ Ce post :

 

J’ai pris ces quelques lignes en plein visage : « la violence de ces lesbiennes qui détestent les hommes ».

C’est une habitude pour les féministes de recevoir des insultes, et notre cuir se durcit année après année.
Mais quand même cette haine des femmes encore et toujours, me désespère, me blesse, me révolte.
Ces hommes qui portent leur masculinité comme une arme, ces regards d’hommes qui nous méprisent, nous humilient parce que nous n’en sommes pas ou parce qu’ils ne nous intéressent pas….


ÇA SUFFIT !
 
 
A la fin du mois de juillet, deux décès :

 Gisèle Halimi, reconnaissance éternelle à cette femme, à sa vie de féministe :
- "Une loi n'est tolérable que si elle est tolérante."
- '' Et je dis aux Femmes trois choses, votre indépendance économique est la clé de votre libération, ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations qui attentent à votre dignité, ne vous résignez jamais. ''
- "Tout ce qui fait avancer les femmes, fait avancer la société."
- "Pour briser la clôture où l'enferme l'homme, la femme doit aussi dénoncer l'image d'elle même qu'il lui renvoie. ''
 

◊  ◊  ◊
 

Jacqueline Sauvage, condamnée en 2015 pour le meurtre de son mari violent avant d'être graciée, est morte à 72 ans.

Ces deux femmes étaient présentes dans Réparations en cours
Fanny Atlan (co-autrice) ouvrait magistralement le spectacle avec la plaidoirie de Gisèle Halimi au procès de Bobigny 1972 à Bobigny. Quant à moi, je donnais le réquisitoire de Luc Frémiot du 23 mars 2012 à la cour d’assises du Nord pour juger Alexandra Lange, 32 ans, qui comparaissait pour le meurtre de son mari, Marcelino.

 

◊  ◊  ◊

 
FÉMINISME
 

La réponse droite et sûre d’Alexandria Ocasio-Cortez à un élu républicain qui l’avait traitée de pute, oui de pute, avant de s’excuser. Enfin pas vraiment puisqu’il se défend en disant qu’il a une femme et deux filles ? Vous voyez le rapport. Non ? Alexandria Ocasio-Cortez non plus

Une réponse qui me redonne le courage et que je me repasse en boucle….

 
 
PLAISIRS 
 
« Faites l'aïoli, pas la guerre »

 
 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

 
Longtemps, j'ai pensé que le rôle de l'artiste était de secouer le public. Aujourd'hui, je veux lui offrir sur scène ce que le monde, devenu trop dur, ne lui donne plus : des moments d'amour pur.

Pina Bausch
 
 
           Pina Bausch au café Müller par Guy Delahaye



ET SINON, LE BOULOT ?
 
Je me suis remise à écrire pour qui, pour quoi, on verra bien plus tard…



Bises salées (et masquées)

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Après la quarantaine 😷😈

30 Juin 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

J’espère que vous n’avez pas été touché.es par le virus, ni vous, ni vos proches.
Moi non plus !


Nous avons fait le dos rond, bien sagement chez nous, avec de grandes diversités : ville/campagne, maison/appartement, en famille/seul(e), entouré.e de voisins/sans voisin.es.

Nous ressortons de cette épreuve dans des états différents mais aurons-nous réellement changé.es ?
Cette question me taraudait dès le commencement, vous le savez, vous qui lisez (parfois) cette lettre.
Je ne me sens pas à l’aise avec la façon dont nous avons été infantilisé.es, sermonné.es, privé.es de liberté.
Je ne vais pas me lancer dans une étude sociologique, pourtant aujourd’hui j’ai une liste des choses qui m’ont insupportées :

  • Les injonctions contradictoires : un jour sans masque, le lendemain toujours / il faut absolument voter, puis ne plus croiser personne / le télétravail ce n’est pas du boulot, le télétravail c’est la solution…
  • Les éléments de langage à vomir : confinement, présentiel, réunion zoom, cluster, faire redémarrer l’économie, consommer…
  • Protéger les vieilles et vieux en les enfermant à leur domicile ou dans des Ehpad, les priver de visite et les laisser mourir de solitude derrière des protections de plexiglas…
  • Libérer les transports mais pas les théâtres
  • Autoriser la fête de la musique, mais pas les discothèques

 
Pendant cette quarantaine nous aurons survécu grâce à celles et ceux qui ont travaillé la peur au ventre pour des salaires de misère.
Les êtres humains enfermés, la nature a respiré deux petits mois. Ces mêmes êtres humains se sont rendu compte que leur consommation habituelle pouvait être vertigineusement réduite : « C’est dingue les économies que j’ai faites ! »
 
Je ne vais pas faire ma mauvaise tête : je suis heureuse de retourner au marché et revoir la productrice pour lui acheter ses salades et ses fraises. Je suis ravie des pivoines qui embaument mon salon, ravie aussi de prendre le métro (et oui c’est possible) pour voir mes ami.es et partager des séances de yoga. Je suis heureuse d’être partie en train en Vendée et bientôt dans le sud, tellement heureuse de retrouver ma famille !
 
Comme une guerrière je vais reprendre le combat, même si le vide est le pire de mes ennemis :
« À la recherche de sa deuxième chaussure,
Le sel jeté au sol,
Ça pique, ça gratte.
Se perdre, se noyer presque.
Et revenir, plus forte, plus pleine et mordre toujours. »
 
Mais avant tout… VACANCES !!!

 
PS : désolée pour les liens qui apparaissent à tord ; l'automatisation n'aime pas l'écriture inclusive...


 


« Ce que je suis en réalité demeure inconnu »
Virginia Woolf

 

 

◊  ◊  ◊

 


PLAISIRS 
 
Vous vous souvenez de ce souhait du Président. Que le monde du spectacle enfourche le tigre (sic) et travaille dans le milieu scolaire (re-sic) ?
Ce reportage enthousiasment suit quinze élèves du Lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles qui se lancent dans l'aventure artistique que leur propose Joëlle Gayot, passant de spectateurs à comédiens et de critiques à metteurs en scène.

 
ZOUC pour toujours !
 
 
Un plaisir un peu coupable et du coup délicieux de lire cet article de Titiou Lecoq
Pour ma part j'ai été ravie de relire mes polars plutôt que d'en commander via Amazon...
Je me suis lovée dans un pull que j'aurai dû jeter depuis longtemps parce qu'il ne me rappelait pas que de bons souvenirs : mais qu'il était doux !
Contente d'avoir retrouvé de vieux magazines pour de belles tentatives de collages.
Et si Marie Kondo avec sa méthode prônait la consommation en fait ?
Si son goût pour la perfection, tellement aseptisé, cachait un tel besoin de contrôle que son humanité se perdait, comme celle de de ses ouailles ?
Bref, je retourne à mes belles vieilleries....
 

 ◊  ◊  ◊

 
FÉMINISME
 

« Féminicides » : un documentaire sur France 2 : qui retrace un an d’enquête menée par une cellule d’investigation du « Monde »


30 mn fortes et radicales chez les Black Panthers. Pourquoi c’est féministe ? Parce que c’est Agnès Varda qui filme
 

Trois célibataires chinoises dans un pays qui enjoint les femmes à se marier jeunes, sous peine d’être rejetées par leur famille et stigmatisées par l’État.
 

 ◊  ◊  ◊

 
 
CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Mon film fétiche, Le festin de Babette, avec la magistrale Stéphane Audran
Ce film, je l’ai montré à mon fils alors qu’il était petit (et presque super actif) et pourtant le charme a aussi opéré sur lui. Il faut dire que tout y est pour nos goûts : Babette qui fuit la répression qui s’abat sur la Commune de Paris, la côte danoise et Stéphane Audran en cuisinière rayonnante qui orchestre un époustouflant banquet.
 

◊  ◊  ◊

 
ET SINON, LE BOULOT ?
 
Sur le site de COME PROD nous avions déjà un onglet proposant des représentations hors théâtre : à domicile, en entreprises, dans toutes les écoles (à partir du collège tout de même, il faudrait peut-être que je songe à un format pour les primaires -:))

Depuis quelques jours Virginie D est invitée sur ce site.
Il est évident que nous devons trouver des solutions pour continuer de faire des spectacles, de nous rassembler pour vibrer ensemble et échanger.
 
C’est dans cette optique que le spectacle sera en ligne le 3 juillet ici
 Ce site a été créé pour tenter de donner une visibilité aux compagnies qui devaient « faire » le festival d’Avignon auprès de professionnels et du public.
 
À suivre…
 

◊  ◊  ◊



Merci de vos remarques, soutiens, suggestions. C’est chaque fois un réel bonheur de recevoir un signe de votre part. C’est aussi très motivant.

Bel été !
Prenez soin de vous.
 


C'est le dernier collage de la série "quarantaine" : choisir le désir...
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La vie est un rêve…merci Virginia !

31 Mai 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Lettre du dernier jour du mois

La lettre du dernier jour du mois #17
MAI

Je ne pensais pas déclencher un tel enthousiasme avec Colette Magny, et j’en suis ravie.

Comme quoi je fais parfois des choses, les dessinant, les pesant, et j’espère avoir des retours, et il ne se passe rien… ou pas grand-chose…
Et parfois un geste lancé avec une presqu’insouciance, et quelque chose arrive.
 
Les jours filent, et je me refuse de penser « normalement je ferai ça ». Pour être juste, lorsque cela m’arrive, je ne me laisse pas embarquer dans des pensées qui n’existent pas. Même si des traces sur mon planning me le rappellent. Même si les martinets me crient le sud, je reviens dans mon présent.
 
Quitte à me confronter au vide.
Je lis, je cherche, je reste aux aguets, car il est aussi possible dans ces périodes tourmentées que du nouveau pointe le bout du nez. Vous voyez : je suis désespérément optimiste : « La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue » Virginia Woolf.
 
Même si les rayons de lumières sont fugaces, je reste à l’affût de leurs traits.
Je fais alors une liste de personnes qui me semblent avoir une même vision que moi, une vision collective, écologique, égalitaire. Comme nous sommes encore très immobilisé.es, je tente, via les réseaux, de repérer puis d’aller à la rencontre de nouvelles personnes.
 
Et puis je fais beaucoup de yoga. Là aussi je cherche à me diversifier, visiter de nouvelles postures et de nouvelles pratiques. Et vraiment cela calme mon mental : j’arrive à mettre de côté ce qui n’existe pas (ou plus). Je ne m’y accroche pas et je trouve de la stabilité et de l’espace.
Voilà mon programme pour l’instant : rester debout, à l’affût.
 
 
Tellement difficile de savoir comment sera la vie d’après. Même si, avec l’autorisation d’ouverture pour le Puy du Fou, on sent bien que ce sera pareil… en pire.  
 
Je sais je me répète un peu.
Donc ce fameux Puy du Fou qui chante l’histoire guerrière, blanche, masculine pourra continuer tranquillement d’essaimer ses idéaux anti-avortement, anti-euthanasie (les subventions aux associations qui travaillent dans ce sens sont supprimées).
 
Difficile de savoir, alors que les parcs et les jardins ouvrent au compte-gouttes à Paris. Et du coup, où vont les gens ? (enfin ceux qui ne sont pas à la campagne, ou dans leur grand appartement avec terrasse…)
Ils vont marcher sur les quais ! Oui, ils sont dehors, et bloquent la circulation pour ceux qui vont sur leur lieu de travail à vélo (étrange, étrange : ils ont parfois aussi un grand appartement avec terrasse…)
Mais que font ces gens à pied, il serait quand même temps qu’on les remette au boulot non ? Il serait quand même temps qu’on commence à travailler pour rembourser la dette !
« La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue ». Merci Virginia !


 


 

◊  ◊  ◊

PLAISIRS 
 
Geneviève Brisac, est écrivaine. Dans cette émission elle parle avec beaucoup de chaleur et de gourmandise de Virginia Woolf. La Virginia qui m’inspire et me guide avec tant d’humour « La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue »


 


 
 

FÉMINISME
 
La bombe ! Je suis en train de la lire.
Un long (et pas ennuyeux) récit d’une jeune femme violée. En Australie. Comme elle est française elle arrive très bien à discerner le traitement de ces affaires dans les deux pays. Les différences sont abyssales !
Le style est comme je l’aime, sans pathos, brut, clair :
 « Je suis devenue sauvage dans le sens où je ne peux plus faire semblant que tout le monde est mon pote. Depuis les Mexicains, il y a ceux qui sont avec moi et le reste. Ceux qui ont réussi à connecter leurs trois neurones et qui sont présents, tout en sachant qu'ils ne pourront jamais vraiment comprendre ce qu'il se passe dans ma tête (moi-même je comprends pas), et le reste. Ceux qui ont compris que tout avait changé et le reste. »

Oui, ils existent, et pas qu’aux États-Unis : des hommes qui veulent faire sécession avec les femmes….

 
Sinon enfin une application utile : Maydée. C’est l’application dont l’objectif est de faire de la répartition des tâches ménagères un sujet aussi important que celui des féminicides.
 
 
Ce n’est pas moi qui vais vous dire le contraire :
« J’ai 53 ans, so what, je ne suis pas à jeter » 

Et puisqu’on a encore le temps :
D'Agnès Varda à Céline Sciamma, 6 portraits de femmes cinéastes

 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Partie tôt - Pris mon chien -
Et rendu visite à la Mer -
Les Sirènes logées en Bas 
Sont sorties pour me regarder -

Et les Gallions - au Premier Étage
M'ont tendu des Mains de Chanvre -
Me prenant pour une Souris - 
Échouée - sur les Sables -

Dérangée par Personne - avant que le Flot
N'ait trempé ma simple Chaussure -
Et puis mon Tablier - et puis ma Ceinture
Et puis mon Corsage - aussi -
 

Emily Dickinson, poème extrait du recueil Le Paradis est au choix 
 
 
 

ET SINON, LE BOULOT ?
 
J’ai pris une bonne décision : je n’écrirais plus de spectacles féministes.
Pourquoi ?
Parce que !!!
 
 
À suivre…
Prenez soin de vous.

 

 

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Sortir de sa grotte pour le chant des martinets ?

30 Avril 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

Magnifique !

Je me suis remise à lire
(c’est tellement bien d’avoir une voisine lectrice, merci Isabelle sans toi j’étais à sec.)
Les titres des livres qui m’attendent me murmurent comme un haïku :
 
Passage des Ombres
Vers la beauté
Antan d’enfance
Tous, sauf moi
La femme de Bratislava

 
 
Magnifique, comme tous les ans, les martinets sont revenus à Paris. Ils n’ont pas besoin de nous dehors pour piailler joyeusement.
 
Magnifique ! J’ai retrouvé ma grotte.

C’est l’endroit où j’aime me retrouver, parce que j’en ai besoin pour me soigner, parce que c’est aussi mon outil de création. Bien entourée, bien enfermée, bien au chaud, bien à l’ombre, je peux être ce que je suis, enfin enlever toutes mes peaux, redevenir jeune et vieille, animale et végétale, bonne et mauvaise.
Ici je n’ai besoin de personne pour être toutes les couleurs, toutes les douleurs, tous les bonheurs. Ici, je suis nombreuse et une. Tout et rien !
Plus de temps ou plutôt un temps unique, où la rêverie se mêle à l’ennui, où mon corps danse avec mon esprit, ma respiration avec mon âme.
C’est le rendez-vous avec l’inconfort du vide et la palpitation amoureuse d’y aller.
C’est ne rien savoir, et me sourire.
C’est la peur aussi d’en sortir, pourquoi, pour qui, comment ?
Il va falloir oser déployer, moi la nouvelle, ou l’ancienne.
Il va falloir reprendre le goût de l’autre, mais de quel.le autre ?
Tremblante, il va me falloir dire mes choix. Forte il va falloir sourire, ou crier, ou pleurer à la lumière.
Peut-être même oser une grimace, et tourner le dos.
Peut-être oser un autre geste…

 

 
◊  ◊  ◊

PLAISIRS 
 
J’ai découvert Colette Magny, cette blanche à la voix de noire, enfant, grâce à un disque à la maison : un beau matrimoine (merci maman !)
C’est aussi le souvenir de la chanson que je fredonnais pour endormir mon bébé « Le p'tit Quinquin »
Une de ses proches, dans cette émission évoque Colette Magny en ces termes : «  Colette avait beaucoup de rythme, mais aucun rapport avec la mesure… » Ça me parle !
 
Et puis voir, revoir : L'une chante l'autre pas (Agnes Varda, 1977)


FÉMINISME

Rien d’étonnant à ce que l’interview de Silvia Federici m’ait passionnée : 
« Et comme tou­jours, le troi­sième objec­tif est de dépas­ser les dif­fé­rentes divi­sions qui existent encore entre les femmes : raciales, sexuelles, d’âge, etc. C’est un objec­tif cen­tral car les divi­sions et les hié­rar­chies sont ce qui nous affai­blit le plus, et elles consti­tuent l’arme la plus puis­sante pour créer de nou­veaux conflits, pour nous signi­fier que nous aurions des inté­rêts dif­fé­rents et pour faire en sorte que nos éner­gies se dis­persent en luttes intes­tines sec­to­rielles. »
« Le fémi­nisme d’État est au service du déve­lop­pe­ment capi­ta­liste »
 
 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
Tout ce qui est nôtre s'efface,
Tout ce qui est nôtre demeure
Et plante sa moisson jusqu'en l'extrême hiver.

​​​​​​​La lumière s'adosse aux monstres,
L'âcre langue des morts se rachète en promesses de rosée.
Voici, une fois encore, que nous voulons savoir.
 

Andrée Chedid, extrait du poème "Terre des présages" dans le recueil Terre regardée (1957)
 
ET SINON, LE BOULOT ?
 
Donc le festival d’Avignon, c’est mort…
Cette année nous n’aurons pas la possibilité de rencontrer le public,
Nous n’aurons pas la possibilité de nous faire connaître et peut-être de jouer dans la programmation des théâtres en 2019-2020 et même 2020-2021…

Pour l’instant, nous ne savons rien (je ne me rappelle même pas du nom de notre ministre de la culture…peut-être a-t-il un rapport avec un vin alsacien. Non ! Les alsaciens.nes sont fiables et ont des têtes de bons.nes-vivant.e )
Comment et quand les salles de spectacles vont ouvrir à nouveau ? Pas d’idée…
Aucune visibilité sur les désirs du public, car le public n’est pas qu’une économie qui doit se remettre en marche…
Ce sont des personnes qui auront besoin d’être ensemble, de se toucher, de se parler, de s’embrasser.
 
Aussi j’ai envoyé dès le 21 avril une lettre à des « professionnel.les ».
Bien évidemment vous pouvez la lire, la partager à volonté !
Elle commence comme cela :
 
« Cher.es partenaires des circuits courts
Le Festival d’Avignon 2020 est annulé, mais le cœur du spectacle vivant bat encore !
Nous le savions déjà, nous l’espérions, mais devant cette situation exceptionnelle, il est maintenant urgent d’inventer de nouvelles façons de nous rencontrer pour pouvoir travailler ensemble.
Vous ne pourrez pas découvrir cet été COMMENT VIRGINIE D. A SAUVÉ MA VIE.
Alors COMMENT FAIRE ? »

Vous pouvez lire la suite ici
 
 ◊  ◊  ◊
 
MERCI de vos retours chaleureux ou choqués, de vos mots d'encouragements, doux et sincères et de votre enthousiasme pour cette lettre du dernier jour du mois.
Merci de ce lien : vous m’êtes précieuses et précieux ; ne changez rien !
 
 
 
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Confinement de création, ou pas ?

31 Mars 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

Tous les jours je pense à vous Léa, Célia, Philippe et les autres…
et vous dont je ne connais la profession.
Je pense à vous qui soignez. Je vous parle de suite car j’imagine
que vous n’irez pas loin dans cette lettre. Courage !
Même si ces pensées ne pèsent pas lourds face aux drames.
Sachez qu’elles sont bien là, à vos côtés.

 

Sinon :
Je n’ai pas besoin d’être avec une copine sur skype pour me prendre un apéro.
Je suis certaine que beaucoup de personnes vont moins se laver puisqu’elles restent chez elles.
Je pense aussi aux personnes qui ont du mal à se supporter, seule, ou avec les autres qui partagent leur toit.
Je n’ai pas envie d’apprendre le russe, ni d’écrire mon prochain spectacle.
J’ai décidé de me lâcher la grappe… euh… la chatte, la chatte sur un toit brûlant !
Il me reste toujours que des mains gauches en gants de ménage…toujours !
Je rentre du marché, deux hommes parlent à 1 mètre de distance : « Merde, il est confiné avec sa femme ? » Pourquoi Ducon, tu pensais que ce serait avec sa maîtresse ?
20 h : MERDE ! Arrêtez la marseillaise ! On ne s’entend plus applaudir.
Ne vous inquiétez pas…tout va redevenir comme avant. En pire !
Je n’ai pas le courage d’aller au bout de ma déprime.
Dans la même journée : je me suis bourrée la gueule sur skype et fais du yoga (toujours sur skype) ….je vous laisse devinez l’ordre !
 
Bref : Le confinement n'est pas une résidence de création

J’aurai aimé écrire cela

 et surtout, surtout, n’oubliez jamais

 
 

◊  ◊  ◊


PLAISIRS 
 
J'ai découvert, quand elle est venue à me manquer que l'affection m'étais nécessaire et que, comme l'air, on le respire sans le sentir.
Fernando Pessöa

Lire en ligne Chez soi de Mona Chollet
Le changement dans la façon d’habiter est temporel autant que spatial : les heures passées en ligne tendent à aplanir, à uniformiser le temps. Les journées où je n’ai pas réussi à m’arracher assez tôt à l’écran me paraissent plus courtes, comme si on me les avait volées. Je ne me détends plus aussi bien qu’à l’époque où je me laissais aller entre les bras de l’appartement, où je me laissais porter d’une pièce à l’autre en profitant des possibilités offertes par chacune, et où les rituels des jours de congé sculptaient le temps, l’organisaient, lui donnaient une profondeur, une sensorialité. Je n’ai plus cette impression, quand vient le moment de ressortir dans le monde, d’avoir été ailleurs, retranchée, inatteignable. Internet rend plus rare cette impression de dépaysement réparateur et enrichissant que les casaniers éprouvent dans leur propre intérieur. 

Revoir : MOLIÈRE ou la vie d'un honnête homme (1978)
Film écrit et mis en scène par Ariane Mnouchkine avec le Théâtre du Soleil. Décors de Guy-Claude François, costumes de Daniel Ogier, photographie de Bernard Zitzermann, musique originale de René Clémencic.
Même si je ne pense pas revoir ce film. Pourtant beaucoup de scènes magnifiques avec des comédiennes et comédiens au top de la délicatesse.
Mais cette scène, qui m’a soulevée le cœur lorsque je l’ai vu avec ma classe de collège au cinéma de Pont-de-Chéruy. Cette scène de repas où Molière fait comprendre à Madeleine Béjart qu’il en pince pour sa fille… et le consentement muet de Madeleine…
Aujourd’hui je pense aussi à ce que racontait Flavie Flament qui a été offerte (on peut le dire comme ça) par sa mère au photographe David Hamilton qui la violera de nombreuses fois…
Oui, je sais, je casse encore l’ambiance !
 
Durée : 244 mn


FÉMINISME

Cet article voudrait avancer un autre élément de réponse. Si l’on ne cherche pas particulièrement à « séparer la femme de l’artiste », c’est peut-être parce que c’est impossible : en tant que « femme » une écrivaine écrit dans des conditions matérielles précises, qui déterminent en partie l’œuvre qu’elle produit ; en tant que « femme » en plus, il y a des chances qu’elle soit lue et reçue de manière particulière, d’une façon différente des œuvres produites par des hommes. Dans ce sens, les femmes qui créent sont toujours autant « artistes » que « femmes », et de manière inséparable (comme leurs collègues masculins sont aussi à peu près inséparablement « artistes » et « hommes »).

 

CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :

Alain Bashung – Immortels 

 
ET SINON, LE BOULOT ?
 
Festival d’Avignon ou pas, telle est la question….
 

 

 

Merci d’avoir pensé à prendre la photo !

 


Virginie D. est passée à travers les gouttes pour deux représentations :

  • Le 7 mars à Bagnols sur Cèze

Merci à toute l’équipe de la ville et celle du collectif Femmes du Monde grâce à vous la salle était pleine comme un œuf ! Il faut dire aussi que le spectacle était bien annoncé avec d’immenses affiches et des articles de presse dont celui-ci, salut sororel à Cécile Bodarwé pour cette interview : Et quelques réactions après le spectacle :
 
Bravo pour votre prestation. Continuez à résister longtemps, longtemps.
Pierre et Xavier
 
Un grand merci pour ce très beau spectacle engagé et dynamique et militant.
Marie
 
Magnifique ; ça donne du peps, fantastique.
Gisèle
 
On continue encore et toujours ! Merci de participer à la lutte de cette très belle manière.
Ghislaine
 
Une énergie débordante pour faire passer les messages. Bravo l’artiste.
Marie – Jo
 
On se lève et …on lutte !
Michèle
 
Merci de faire vivre la culture avec autant de talent et d’émotion.
Ghislaine
 
Nous avons passé une excellente soirée ; quel dynamisme, quel entrain. Nous sommes les hommes : on a bien compris le message.
Jean-Georges
 
Dur, dur de se faire pourrir, et en plus, payer…
Je rigole : quel spectacle, le jeu, la mise en scène, le discours auquel on ne peut qu’adhérer ! Bravo
Paulo
 
C’est très beau, c’est très bien, c’est très bon mais la prise de conscience est toujours dure aussi ! Continuons quand même !
Dominique
 

  • Le 8 mars au théâtre de la Porte Saint-Michel, une représentation plus intimiste (la jauge est de 49 et pas 250….) et aussi de très belles réactions :

 
Très belle énergie et votre humour vous sauve d’une situation ubuesque. Un grand merci !G
Pas encore si simple de résister au risque de passer pour une hystérique. Bravo de le dire, de témoigner encore et encore.
CM
 
Un spectacle très émouvant. J'ai découvert un nouvel aspect de la culture du viol et ça m'a bouleversé. Ça ne saurait résumer la pièce. A la fois intime et malheureusement encore universelle. Merci Corinne de votre courage, votre plume, votre humour et votre sincérité. Je vous souhaite une belle réussite à Avignon. Et que votre message soit largement diffusé et entendu. Le spectateur qui s'est levé 

Arsène Richard

Bravo pour ce bel engagement, pour cette belle performance, osée pudique et respectueuse ...
bouleversant, émouvant ...
Merci ! Camille Eya
 
Allez-y ! Spectacle salutaire !
Osez le Féminisme 84
 


Voilà les ami.es pour cette lettre mensuelle.
D’ici le mois prochain, surtout, prenez soin de vous.
Vive notre lien !
Amour et tendresse. Et courage aussi.
Corinne

 

 

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Faut pas chercher Coco bel œil, hé,hé,hé ! 😈😈

29 Février 2020 , Rédigé par corinnemerle.over-blog.com Publié dans #Corinne Merle, #Comment Virginie D. a sauvé ma vie...., #Lettre du dernier jour du mois

Quelle chance que ce mois de février compte son maximum : 29 jours… j’aurais été en retard dans mon planning, il faut dire que j’ai pris le temps pour sortir de mon hiver.
Quelle chance aussi pour mes parents qui vont pouvoir fêter leur anniversaire de mariage un mois plein : 55 ans ! Cela laisse rêveuse… et me ramène loin !
 
Enfant, j’aimais les jeux de garçons. Bien sûr j’avais une poupée, j’ai fait de la danse classique, mais ce que je voulais par-dessus tout, c’était jouer avec eux, et même me bagarrer avec eux !
Comme les garçons, je trouvais les filles un peu gnangnan ; et puis jouer à la maîtresse alors qu’on sortait de classe, non merci ! J’étais si bien intégrée parmi eux qu’il m’est arrivé de me battre et que je me suis retrouvée avec un œil au beurre noir… J’en ai gardé le surnom de « Coco bel œil » dans la famille. Le pire, c’est que j’ai été punie ! J’ai dû faire des tours dans la cour de récréation. Punie pour m’être battue avec un garçon, quelle honte ! Le garçon n’a pas été puni… Cette punition, cette honte était tellement présente, que je me suis racontée une autre histoire : c’est moi qui ai blessé le garçon. C’est grâce au surnom que j’ai pu remettre l’histoire dans le bon sens…
Si je vous raconte tout cela, ce n’est pas pour vous faire partager un traumatisme enfantin, puisqu’il ne s’agit pas de cela. Mais pour vous faire partager deux choses :

  • La liberté que j’ai reçue de mon enfance. J’ai pu expérimenter l’extérieur, le mouvement, la vie… « comme un garçon » Merci donc à mes parents !
  • Cette punition m’a été infligée parce que j’étais une fille qui avait battu un garçon.

 
Je vous imagine en très de fredonner « Comme un garçon » …pourtant je ne suis « qu’une » fille. Autre chanson, autre époque. Et puis il faut se méfier ces chansons faussement féministes...
 

 


Donc enfant, je n’ai jamais eu d’injonction parentale de rester à ma place de fille. C’est certainement mon caractère, ma curiosité qui me poussait à me frotter à eux : en colonie de vacances en montagne, je n’arrivais pas loin des deux premiers en mini-vélo orange, et sans vitesse !
Aujourd’hui, lorsque je me demande ce qui fait de moi une femme, je pense à ma force, mon courage, mon endurance. Quand je songe à ce qui m’a permis de grandir, de surmonter les obstacles c’est bien évidemment ces traits de caractères qui se présentent. Plutôt que « d’interroger mon féminin » (expression un peu gnangnan, non ?) je pense à moi comme à une personne. Ce qui est sexué est de l’ordre de l’intime. Je suis toujours la même. Cette fille avec son mon mini-vélo, le visage rouge comme une pivoine, qui grimpe les cols des pré-Alpes derrière des garçons sur des vélos de course à double plateau.
 

◊  ◊  ◊


PLAISIRS 
 
Je cherche un peu ce mois… heureusement la lecture, sous la couette c’est de saison !
La couleur du bonheur – Wei-Wei - L’aube poche - Une relecture : la révolution chinoise du côté des femmes…
Je ne reverrai plus le monde – Ahmet Altan – Actes Sud – Textes de prison en Turquie. Juste magnifique.
Le fardeau des idoles – Tchinguiz Abdollaïev – L’aube – Un policier russe…impeccable
Nous sommes tous féministes – Chimamanda Ngozi Adiche – Folio – Surtout sa nouvelle sur le mari tout neuf : « les marieuses »
 
Et merci à mes prêteuses de livres préférées…
 

FÉMINISME

Vous avez vu ça, Le Larousse accusé de sexisme. En quatre exemples accablants :
Une maîtresse :
Un maître est celui qui commande ou qui est susceptible de faire école. La maîtresse, tout naturellement, est, selon le Larousse, une dame "avec laquelle un homme a des relations amoureuses et sexuelles en dehors du mariage".
Une guerrière :
Quand le "guerrier" est une "personne qui fait la guerre", la "guerrière" est une "jeune femme, qui revendique avec agressivité et violence sa place dans la société"...
Une boulangère :
Comment définissez-vous une boulangère, ou une bouchère ? Selon le Larousse, elle n’est pas la "personne qui fabrique ou vend du pain" ou "de la viande", mais "la femme d’un boulanger ou d’un boucher, qui travaille à la boutique".
Une présidente :
Qu’est-ce qu’une "présidente" ? Non, ce n’est pas "une personne qui préside une assemblée, une réunion, un tribunal", mais la "femme d’un président".
Larousse a précisé à BFMTV et au Parisien que les équipes travaillaient actuellement sur l’édition 2021 du dictionnaire sans réagir à la polémique.
 
Restons dans les livres, mais là c’est une bonne nouvelle puisque les éditions Des femmes - Antoinette Fouque, publient trois titres, en poche. En librairie ce 13 février, les ouvrages marquent une rupture graphique, affichant un code couleur très fort, pour ces essais féministes venue d'Amérique du Nord.
https://www.actualitte.com/article/monde-edition/les-classiques-du-feminisme-americain-maintenant-en-poche/99228
 
CLAIR :
Beaucoup d’artistes ont confondu, ou voulu confondre le jeu sexuel et l’agression. Le débat s’est positionné sur la question de la liberté d’importuner, et sur le prétendu puritanisme des féministes. Alors qu’une agression sexuelle est une agression, pas une pratique libertine. ADÈLE HAENEL




CONTRE CE MONDE DE BRUT.ES :
 
L’impression de chaleur et de délivrance qui m’envahit à ces pensées me confirma que j’avais découvert quelque chose de sensé. Je fermai les yeux et me vis courir au milieu du blé, tremblante comme une enfant de sept, huit ans. Cette sortie m’avait fait grandir, à condition de toujours garder à l’esprit que cette enfant, avec ses peurs inconsidérées, pouvait être ressuscitée en moi par un regard, un mur, une lumière, un visage. Et avec sa terreur mener à la ruine tous mes plans et ma santé de fille de dix-huit ans. Dans trois jours, non deux, je serais Princesse, même si cela comportait… Si du moins il pouvait en être comme l’avait dit Carmela !
Goliarda Sapienza
L’Art de la joie
Le Tripode

 

ET SINON, LE BOULOT ?
 
Un spectacle décapant pour la Journée internationale des femmes
COMMENT VIRGINIE D. A SAUVÉ MA VIE

La lecture du King Kong théorie de Virginie Despentes, il y a près de dix ans maintenant, m’a réellement sauvé la vie. 
J’espère que l’écriture de ce texte (puis ses représentations puisque j’écris bien pour la scène) fera que des femmes entendent leur voix, qu’elles se rapprochent et osent prendre les chemins de leur liberté. J’écris aussi dans l’espoir de sauver de la violence les jeunes hommes, pour bouleverser les plus âgés quant à la vie qu’ils mènent parfois à leur compagne, à leurs sœurs, leurs amies, leurs filles. 
Ce spectacle prend en compte l’engagement physique de la comédienne. On dit couramment qu’un texte prend corps. Avec ce texte, je prends au corps la violence faite aux femmes en y engageant pleinement le mien
 
________________________________________________________________ 
 

2 RENDEZ-VOUS :
Chaque représentation sera suivie d’un échange avec le public 
 

7 mars : Bagnols-sur-Cèze (30) à 21h 
Dans le cadre du festival « Femmes du Monde »
Salle multiculturelle - Rue racine 30200 Bagnols sur Ceze 
Billetterie
 

8 mars : Avignon (84) à 18h 
Dans le cadre de La Journée internationale des femmes
Théâtre de la porte Saint-Michel 23 Rue Saint-Michel, 84000 Avignon 
Billetterie
 
 
Au plaisir de vous y croiser, peut-être.
Olé !

 

 

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